Marchés : le secteur financier est rattrapé par les doutes

le , mis à jour à 14:11
1

Les marchés oscillent sans direction claire lundi 18 janvier, alors que le secteur financier s'affiche en nette baisse.
Les marchés oscillent sans direction claire lundi 18 janvier, alors que le secteur financier s'affiche en nette baisse.

Les marchés européens restaient très volatils lundi 18 janvier, alternant rebonds et rechutes au fil des heures, malgré le fait que Wall Street restera fermée cet après-midi. Au sein des indices, les valeurs bancaires souffrent particulièrement alors que les inquiétudes persistent.

Toujours dans le cadre des doutes sur la conjoncture chinoise et la chute des prix du pétrole, les opérateurs semblaient frileux lundi matin sur les valeurs du secteur financier.

En France, le CAC40 est tiré à la baisse par ses valeurs bancaires, au premier rang desquelles se trouve Crédit Agricole, qui perdait plus 6,1% à 14h10. L’action était suivie par Société Générale (-2,6%) et BNP Paribas (-2,0%), alors que l'indice phare de la place parisienne restait incertain, en baisse de 0,53%.

Les craintes sont particulièrement notables en Italie, où le secteur bancaire est lourdement sanctionné par les opérateurs. La fragile Banca MPS perdait 14,98% à 13h30, après avoir connu plusieurs suspensions de cotation au cours de la matinée. Banca Popolare dell'Emilia Romagna perdait pour sa part 8,12% à 13h45.

Cette chute de certaines valeurs bancaires s'expliquait par des craintes relatives au capital de ces établissements, relayait Reuters en milieu de journée, sans plus de précisions.

Par ailleurs, les opérateurs « s’inquiètent des risques des prêts bancaires relatifs à l’industrie pétrolière », estime Xavier de Villepion, trader chez HPC, alors que les prix du pétrole continuent leur inexorable descente aux enfers, le Brent étant passé sous les 29 dollars/baril lundi matin.

Wells Fargo a annoncé vendredi soir sa stratégie de diminution des prêts au secteur pétrolier, qui a rappelé aux investisseurs que les établissements financiers, notamment américains, sont ceux qui soutiennent les dettes de ce secteur actuellement malmené.

« Les investisseurs commencent à se poser des questions sur les risques financiers de la chute des prix du pétrole. Mais on joue à se faire peur », commentait pour sa part Christian Parisot, chef économiste d’Aurel BGC, dans l’émission Ecorama de Boursorama de lundi midi.

« Les opérateurs craignent également l’impact pour le secteur financier d’éventuelles baisses des revenus d’entreprises à cause de la conjoncture économique », alors que les Etats-Unis sont en pleine saison des résultats, ajoute Xavier de Villepion.

Ce dernier explique qu’il sera particulièrement intéressant de suivre en fin de semaine les résultats de l’américain General Electric, qui par la diversification de ses activités donne une bonne image de la conjoncture économique globale aux Etats-Unis.

En attendant, les opérateurs semblent se tourner vers les valeurs défensives, les moins exposées aux évolutions des prix du pétrole et de la conjoncture chinoise, sans revenir vers les valeurs les plus pénalisées au cours des deux dernières semaines. « Les investisseurs sont toujours tétanisés », commente Xavier de Villepion.

« Ce qui nous pose problème, c’est que désormais on n’est certain de rien », ajoute pour sa part Christian Parisot, alors qu’« on a beaucoup de volatilité sur les marchés et toujours beaucoup de questions sur la croissance 2016 ».

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

Retrouvez tous les articles de la rédaction de Boursorama dans la rubrique dédiée.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • jeepinv il y a 11 mois

    On alterne plutôt rechutes et rechutes.