Marchés : le mois de juin s'annonce mouvementé

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Les marchés devraient renouer avec une certaine volatilité en juin avec l'arrivée de rendez-vous économiques et politiques cruciaux.
Les marchés devraient renouer avec une certaine volatilité en juin avec l'arrivée de rendez-vous économiques et politiques cruciaux.

Les marchés ont connu un mois de mai globalement calme malgré quelques séances difficiles au cours de la première quinzaine. Le mois de juin s’annonce pour sa part chargé en rendez-vous qui pourraient engendrer de la volatilité sur les marchés et déclencher certaines opportunités.

Le mois de juin 2016 sera-t-il aussi mouvementé que le mois de juin 2015, qui avait été marqué par une recrudescence des inquiétudes sur la situation économique de la Grèce ? Cette année, le dossier grec est sous contrôle, mais d’autres enjeux vont animer les places financières, et cela dès le 2 juin qui approche à grands pas.

Enjeu n°1 : la réunion de l’Opep (2 juin)

En juin, « la première échéance majeure sera la réunion de l’OPEP » explique Alexandre Baradez, stratégiste chez IG France, dans une note de marché diffusée lundi 30 mai.

Les représentants des pays-membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), menée par l’Arabie Saoudite, se réuniront à Vienne jeudi 2 juin dans le but de définir leurs objectifs de production pétrolière pour les mois à venir. La dernière réunion de l’Opep, qui a eu lieu le 17 avril, n’avait pas permis de convenir d’un gel du niveau de production : malgré la chute des prix du pétrole que de nombreux pays producteurs souhaitaient enrayer, les dissensions politiques entre l’Iran et l’Arabie Saoudite avaient bloqué l’ensemble des négociations.

Un accord de limitation de la production jeudi prochain semble peu probable suite au rebond des prix du pétrole enregistré depuis le mois de février, l’or noir étant repassé de 27 à 50 dollars/baril. Pour les producteurs, ce rebond rend moins pressant le fait de trouver un accord sur la limitation de l’offre mondiale. Par ailleurs, les relations entre l’Iran et l’Arabie Saoudite ne se sont pas améliorées au cours des dernières semaines.

Pour Alexandre Baradez, « Après le puissant rallye [des cours du pétrole] de février à mai, le risque d’un impact sur les cours est cette fois-ci bien réel en cas de nouvel échec ou d’accord partiel. Le marché commencera à penser qu’un accord à l’échelle mondiale est impossible et dans un contexte où les stocks mondiaux sont toujours très élevés avec une demande peu dynamique, le risque de correction des cours [du pétrole et des indices boursiers] est important ».

Enjeu n°2 : les annonces de la BCE (2 juin)

Le 2 juin ne sera pas de tout repos sur les marchés : en plus de la réunion de l’Opep, les investisseurs suivront les annonces de la BCE et de son président Mario Draghi en début d’après-midi.

« Même si aucune annonce particulière n’est attendue, le marché surveillera la tonalité globale des déclarations » souligne Alexandre Baradez.

Les chiffres de l’inflation en zone euro, qui seront publiés mardi 31 mai, sont de nouveau attendus en territoire légèrement négatif en rythme annuel. Or, c’est précisément le risque déflationniste que la BCE essaie de combattre à travers son actuel plan de relance monétaire.

Néanmoins, pour Alexandre Baradez, les derniers chiffres de l'inflation devraient peu influencer les discussions des membres du Conseil des Gouverneurs de la BCE : « Même si l’inflation en zone euro évolue en territoire négatif, la banque centrale tiendra compte de l’évolution à la hausse des cours du pétrole et de l’ensemble des matières premières depuis le début de l’année, facteur de relèvement des prix à moyen terme ».

Ainsi, même si l’inflation reste négative en Europe, la BCE ne devrait plus aller dans le sens d’une accélération de son plan de relance monétaire comme elle l’avait fait fin 2015 et début 2016.

Enjeu n°3 : la communication de la Fed (15 juin)

La BCE ne sera pas la seule banque centrale très écoutée en juin : la Fed sera elle aussi au cœur de l’attention le 15 juin. « La FED et les probabilités de relèvement de taux seront particulièrement surveillées » dans deux semaines, commente le stratégiste.

Il reste fort improbable que la Fed décide de relever ses taux dès le mois de juin, ne voulant pas « brusquer le marché ». Néanmoins, si la banque centrale américaine prévoit de relever ses taux dès le mois de juillet, il se pourrait que la conférence de presse de juin soit imprégnée d’un certain nombre d’indications pour préparer les investisseurs à un tel scénario.

L’angoisse des investisseurs serait donc d’entendre la présidente de la Fed se satisfaire de la situation économique actuelle, soulignant le dynamisme de l’emploi américain et le retour d’une inflation « core » proche de 2%. Ce discours n’aurait qu’une seule traduction dans l’esprit des investisseurs : une hausse de taux imminente, synonyme de conditions financières moins favorables.

Enjeu n°4 : le vote sur le Brexit (23 juin)

L’échéance la plus attendue en juin, dépassant la sphère purement économique, reste bien sûr le vote sur le « Brexit ».

L’écart s’est récemment creusé dans les sondages en faveur des partisans d’un maintien du Royaume-Uni au sein de l’UE, au point de réduire le suspense autour de cette échéance. La livre sterling, qui avait souffert des craintes autour d’un potentiel « Brexit » jusqu’en avril, a d’ailleurs commencé à retrouver quelques couleurs en mai.

Mais encore une fois, Alexandre Baradez préfère afficher sa prudence : « Le rebond de la livre sterling depuis quelques semaines peut également traduire un excès, susceptible de se tasser quelques jours avant l’échéance, pas forcément pour créer un choc mais suffisant pour ramener de la volatilité ».

Enjeu n°5 : les élections en Espagne (26 juin)

Enfin, le mois se terminera par de nouvelles élections en Espagne, le 26 juin.

« Les élections en Espagne seront l’autre rendez-vous important de la seconde partie du mois de juin. Les élections législatives de décembre avaient débouché sur une fragmentation du Parlement avec des partis incapables de former des alliances. Le risque pour les marchés serait de voir une percée de la gauche radicale au moment où le budget espagnol est sous surveillance de Bruxelles » termine Alexandre Baradez.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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