Marchés : la Chine inquiète de nouveau avec l'industrie, le yuan et la bourse de Shanghai

le , mis à jour à 14:10
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Les indices européens commencent l'année 2016 de la pire des manières avec une forte baisse due aux regains d'incertitudes en Chine.
Les indices européens commencent l'année 2016 de la pire des manières avec une forte baisse due aux regains d'incertitudes en Chine.

Les marchés évoluaient en net repli lundi 4 janvier pour la première séance de l’année. En cause : un regain d’inquiétudes sur l’industrie et les marchés chinois. La bourse de Shanghai a terminé en baisse de 6,86%, les cotations ayant été suspendues avant l’horaire normal de clôture.

À l’origine de la forte baisse des marchés ce lundi, se trouve la publication d’un mauvais indicateur économique chinois. L’indice PMI manufacturier Caixin de décembre, reflétant la dynamique de l’activité industrielle chinoise, s’est contracté à 48,2 points contre une attente à 49,0 points.

Si la différence n’est pas énorme, c’est néanmoins la direction de cet indicateur qui a surpris les investisseurs. Le PMI manufacturier ne cessait en effet de s’améliorer depuis les craintes de l’été dernier, et semblait se rapprocher progressivement du seuil des 50 points, qui symbolise le niveau d’équilibre de l’activité industrielle en Chine. Sous les 50 points, l’indice traduit une contraction de cette activité. Les investisseurs semblent avoir pris conscience que les doutes sur l’économie chinoise étaient encore loin d’être levés pour l’année 2016.

Par ailleurs, « L'expiration prochaine de mesures prises par les autorités pour enrayer la chute des marchés en 2015 rend aussi les investisseurs nerveux », relevait l’AFP en matinée. « Ajoutant à cette mauvaise nouvelle, la banque centrale chinoise a fixé le cours pivot du yuan à son plus bas niveau depuis quatre ans et demi, ce qui a fait reculer la devise à son plus bas niveau depuis avril 2011 sur le marché intérieur et depuis septembre 2011 à Hong Kong », relevait pour sa part Reuters.

Indices boursiers chinois dans le rouge vif

Les investisseurs ont immédiatement réagi face aux mauvais chiffres sur l’industrie chinoise. L’indice de la bourse de Shanghai a perdu 6,86% à 3.296 points lundi, les cotations ayant été suspendues à partir de 6h30 heure française, alors que l’horaire de de clôture « normal » est à 8h.

Les autorités chinoises restent depuis cet été en alerte autour des mouvements du marché boursier national, et n’hésitent pas à prendre des mesures drastiques pour essayer de limiter les éventuels mouvements de baisse qui se déclenchent.

L’indice composite de la bourse de Shenzhen, également suspendu une heure et demi avant l’horaire normal de clôture, a pour sa part perdu 8,22%. L’indice CSI 300 des capitalisations phares de la place chinoise a perdu 7,02%.

Il s’agit de la plus forte rechute des indices boursiers chinois depuis l’été dernier, où les incertitudes concernant l’économie de l’Empire du Milieu étaient arrivées à leur paroxysme. La dégradation des indicateurs d’activité industrielle était alors déjà le principal sujet de tension, à quoi s’était ajouté la dévaluation du yuan, perçue comme une mesure de relance économique d’urgence, et surtout de profonds doutes sur la validité des statistiques économiques chinoises : certains économistes envisageaient une croissance chinoise « réelle » entre 3% et 5%, bien loin des chiffres officiels d’une croissance à 7%.

À noter que malgré leur baisse de lundi 4 janvier, les indices chinois restent à un niveau supérieur à celui qu’ils avaient atteint lors du creux de l’été dernier. À 3.296 points, l’indice de la bourse de Shanghai se situe environ 10% au-dessus de son plus bas à 2.927 points, atteint le 26 août dernier.

Transmission du mouvement

Le mouvement a entrainé l’ensemble des indices boursiers asiatiques et européens à la baisse lundi matin. Le Nikkei japonais a perdu 3,06% à 18.450 points, tandis qu’en Europe, le CAC40 perdait 2,42% à 4.526 points à 14h, après avoir brièvement perdu plus de 3%. En Allemagne; le Dax perdait 3,87% à 14h, lourdement pénalisé par les valeurs industrielles qui composent largement l’indice. Un peu plus tôt.

Les opérateurs européens restaient tendus en début d'après-midi dans l'attente de la publication du PMI manufacturier américain de décembre à 15h45. Il s'agit de l'équivalent, aux Etats-Unis, du PMI manufacturier ayant mis le feu aux poudres ce matin en Chine. Par ailleurs, le PMI manufacturier britannique est également ressorti inférieur aux attentes ce matin à 10h30, à 51,9 points contre 52,7 points attendus, participant à la morosité ambiante. Le PMI allemand de décembre a en revanche battu le consensus, à 53,2 points contre 53,0 points attendus.

En France, ArcelorMittal et LafargeHolcim occupaient les deux dernières places du CAC40 avec des baisses respectives de 4,57% et 4,52%. Les valeurs financières restaient dans la moyenne du marché, n’étant pas au centre des inquiétudes relatives au ralentissement industriel chinois. BNP Paribas perdait 1,86%, Crédit Agricole 2,34%, et Société Générale 3,09% à 14h10.

Bouygues était la seule valeur en hausse de l’indice parisien, s'adjugeant plus de 2% alors que des rumeurs se poursuivent sur le rachat de la filière Bouygues Telecom par Orange.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • pierry5 il y a 11 mois

    Je commence à douter d'un crack comme en 2008. Les banques centrales noient de liquidités virtuelles le marché et les banques, ces dernières ont moins besoin de risquer gros comme en 2008. Compte tenu du taux 0 qu'ils peuvent obtenir ils gagnent un max en prêtant à des taux pouvant aller jusque 15% sur découverts. Peut-être faut-il plutôt s'attendre à une forte hausse des prix .

  • tchazard il y a 11 mois

    effondrement deflationniste due à la hausse du $us et la deflation des autres monnaies et des matieres premieres . ce n 'est que le début.

  • monjohn il y a 11 mois

    J'attends LE CRACK avant de me replacer, car avec toutes ces nouvelles ponctions sur les gains, c'est la seule façon de faire des tunes respectables si on vend après six mois.