Marchés : Carmignac envisage un "rallye d'été"

le , mis à jour à 16:32
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La société de gestion Carmignac, réputée pour sa prudence sur les marchés, relativise désormais certaines inquiétudes des investisseurs à court terme.
La société de gestion Carmignac, réputée pour sa prudence sur les marchés, relativise désormais certaines inquiétudes des investisseurs à court terme.

Au cours des derniers trimestres, Carmignac a rarement fait preuve d’optimisme au sujet de la conjoncture des marchés boursiers. Pourtant, à l’occasion d’un point trimestriel présenté mardi 12 juillet à Paris, la société de gestion s’est montrée plutôt confiante sur l’apaisement des craintes des investisseurs dans les mois à venir, malgré certains signaux négatifs à surveiller.

UE : le Royaume-Uni, « too big to leave » ?

Frédéric Leroux, responsable de la gestion globale chez Carmignac, reste persuadé que malgré le référendum du 23 juin, la sortie du Royaume-Uni de l’UE n’aura pas lieu, ou se fera dans des conditions moins dramatiques que les commentateurs ont pu le craindre.

« Je ne vois pas le UK sortir dans deux ans, et les déboires politiques que le Royaume-Uni traverse depuis le Brexit pourraient même pousser les autres pays de l’UE à y réfléchir à deux fois avant de suivre le même chemin » affirme-t-il.

Carmignac met en avant l’idée selon laquelle le Royaume-Uni pourrait être un pays « too big to leave », par allusion au célèbre « too big to fail » qui avait été utilisé en 2008 pour qualifier certains établissements bancaires. Les multiples imbrications du Royaume-Uni au sein de projets de l’UE pourraient en effet compliquer cette sortie.

Marchés : vers un « rallye d’été » ?

Relativisant les pires craintes du marché, Frédéric Leroux affirme : « Nous nous attendons plutôt à un rallye d’été car les anticipations actuelles du marché sont basses (…). La volatilité devrait néanmoins perdurer. Un pic de volatilité pourrait notamment être enregistré en cas de remontée des anticipations de hausse d’inflation ».

« Quand on parle de rallye d’été, il ne faut pas non plus croire qu’on peut s’attendre à une hausse de 20% des marchés en quelques mois » tempère le gérant global, qui souligne que les valorisations des marchés actions sont déjà élevées à l’heure actuelle.

Justifiant tout de même son optimisme, Frédéric Leroux avance que « Le passage à des taux réels négatifs aux Etats-Unis devrait soutenir les actions » en poussant les investisseurs à prendre plus de risques sur les marchés. Le gérant met également en avant « l’activisme des Banques centrales » qui ralentit la dégradation des fondamentaux économiques par leur politique accommodante. Carmignac met ainsi en sourdine ses habituelles critiques relatives à la politique monétaire de la BCE, qu’elle juge souvent inefficace voire dangereuse.

International : quelques sujets à surveiller

Hors Europe, Carmignac garde un œil sur le dossier chinois. La société de gestion observe que l’investissement privé continue de chuter en Chine, n’atteignant plus que 4% de croissance en rythme annuel contre 10% il y a un an et 20% il y a trois ans. « L’Etat chinois prend le relai » avec son plan d’investissement public, mais il n’empêche que « l’activité industrielle [reste] sur ses plus bas niveaux malgré le soutien actif des autorités » remarque Frédéric Leroux.

La conjoncture américaine est également suivie avec attention. Le nombre de permis de construire est désormais en baisse sur un an aux Etats-Unis, ce qui n’était plus arrivé depuis 2011 et devrait entraîner dans son sillon une baisse de l’investissement résidentiel, qui soutenait jusqu’alors fortement les statistiques globales de l’investissement américain.

Carmignac relativise l’importance de ce dernier point : un éventuel retour des craintes de ralentissement aux Etats-Unis « peuvent paradoxalement constituer un support pour les marchés » estime Frédéric Leroux, du fait qu’« il est possible qu’un ralentissement américain soit la raison d’un nouveau policy mix, Hillary Clinton et Donald Trump étant tous deux des keynésiens ne craignant pas de relancer l’économie avec des dépenses publiques ».

Les risques se concentreraient plutôt, à moyen terme, sur les anticipations de hausse des taux de la Fed. Depuis la victoire du Brexit au référendum du 23 juin, les investisseurs n’attendent plus de hausse des taux directeurs américains avant 2018. Pour Carmignac, les investisseurs sont trop optimistes à ce sujet : « Attention à un réveil des anticipations de remontée des taux » souligne ainsi Rose Ouahba, responsable de l’équipe taux chez Carmignac, qui envisage une mauvaise surprise dans le cas où la Fed venait à se montrer plus offensive qu’anticipé.

Choix de valeurs et secteurs

Au cours du deuxième trimestre 2016, le fonds phare de la société de gestion, Carmignac Patrimoine, a enregistré une performance de +4,63% malgré les remous du Brexit et le fonds Carmignac Investissement, au sein de la gamme actions, a quant à lui enregistré une performance de +6,57%.

Pour assurer cette performance, Carmignac continue de faire confiance aux « GAFA » américaines, et particulièrement à Amazon (pour profiter du développement du « cloud ») et à Facebook. LinkedIn, concerné depuis peu par une OPA de la part de Microsoft, se trouve également dans les portefeuilles de la société de gestion.

Visa, Mastercard ou encore Altice font également partie des portefeuilles de Carmignac.

Le secteur préféré de Carmignac reste toujours celui de la santé, représentant à lui seul 27% du fonds Carmignac Investissement, en ciblant particulièrement les entreprises tirant profit de l’accroissement de la longévité humaine.

Par prudence, Carmignac conserve néanmoins des valeurs aurifères en portefeuilles, qui font office de valeurs-refuges et représentent 6 à 7% du fonds Carmignac Investissement.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • hornerd il y a 9 mois

    Attendez que le Cercle des Économistes Indépendants se soient exprimés !

  • akelacca il y a 9 mois

    Statistiquement les marchés d'étés sont plus directionnels que les autres mois (due au faible nombre d'annonces). Donc oui, tant qu'il n'y aura pas d’événements, il est probable que la tendance continue. Mais bon, c'est un ça vas monter tant que ça baisse pas que pourrais dire presque tout le monde.

  • dotcom1 il y a 9 mois

    Pub pour un fonds, sans mise en garde MIFID. Je me demande ce que l'AMF va penser de tout ca.

  • M4630859 il y a 9 mois

    Un rally d'été, moins de 20% de hausse, OK, mais à partir de quand ? on est déjà à +10% depuis le plus bas du 27 juin.

  • guerber3 il y a 9 mois

    Parole de vendeur !!!

  • immodest il y a 9 mois

    Si c'est confirmé par Toutati, tous aux abris

  • M1360996 il y a 9 mois

    @M70 : Pas impossible. A CT, haussier, plus loin...

  • M7034327 il y a 9 mois

    Bull Trap