Les marchés européens poursuivent leur chute

le , mis à jour à 17:40
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Les marchés européens s'affichent de nouveau en baisse marquée mardi 9 février.
Les marchés européens s'affichent de nouveau en baisse marquée mardi 9 février.

Les marchés européens poursuivent leur inexorable chute de début d’année sans parvenir à enregistrer le moindre rebond. La séance de mardi 9 février ressemblait en partie à celle de la veille, le CAC40 perdant encore 1,69% à la clôture.

Les journées se suivent et se ressemblent sur les marchés européens. Comme la veille, les indices boursiers du Vieux Continent ont pâti mardi d’un nouveau mouvement de vente qui ne s’explique pas par la dégradation d’un élément économique fondamental particulier.

Le CAC40 a perdu 1,69% à 3.997 points mardi, après s’être approché des 3.950 points en cours d’après-midi. Le Dax allemand a pour sa part perdu 1,11%. À Milan, l’indice FTSE MIB perdait pour sa part 2,67% à 17h20, de même qu’à Madrid, l’Ibex 35 perdait 2,27%.

Au sein du CAC40, les valeurs les plus impactés sont les mêmes que celles de la veille. ArcelorMittal (-10,63%) est de loin la plus forte baisse de l’indice parisien, suivie par Technip (-5,04%) et LafargeHolcim (-4,71%). Le secteur de l’industrie lourde et du pétrole est au cœur des doutes des investisseurs alors que plusieurs indicateurs d’activité industriels déçoivent depuis le début de l’année et que le pétrole reste à des niveaux faibles.

Vient ensuite le secteur bancaire avec Crédit Agricole (-4,54%), Société Générale (-4,38%) et BNP Paribas (-3,56%), les valeurs bancaires étant quant à elles concernées par un sentiment de doutes relatif à leur exposition aux dettes du secteur pétrolier et à un éventuel ralentissement de la croissance mondiale.

Pour Catherine Garrigues, gérante actions euro chez AllianzGI, ce sont « toujours les mêmes inquiétudes » qui sont au cœur du mouvement de vente d’aujourd’hui, même si la source du problème « vient du marché du crédit » où « le high yield se dégrade ».

« Comme toujours, on observe une corrélation inverse entre le cours des actions et les primes de CDS. Aujourd’hui, les primes de CDS grimpent sur les établissements bancaires et donc les actions baissent en parallèle », explique-t-elle.

Les CDS (Credit Default Swaps) sont des produits dérivés permettant de se prémunir du défaut d’un émetteur sur le marché obligataire. Plus les investisseurs (professionnels en général) souhaitent se prémunir contre un mauvais scénario de marché, plus les CDS sont recherchés sur le marché, et plus leur valeur monte. On se souvient, entre 2010 et 2012, de la montée des primes de CDS relatives  à la dette grecque, bien qu’ici les risques de défaut soient infiniment plus faibles.

Les marchés actions sont ainsi principalement entraînés par les remous des emprunts du secteur privé sur le marché obligataire, même si les emprunts souverains restent pour leur part des « valeurs refuges ». Le « Bund » allemand, emprunt à 10 ans qui fait référence parmi les valeurs refuges, est ainsi toujours autant recherché, entraînant son taux de rendement à un niveau proche de ses plus bas historiques, à 0,23% mardi à 17h30.

Les publications d’entreprises européennes, qui vont être particulièrement nombreuses en fin de semaine, ne déçoivent pourtant pas les attentes des analystes depuis le début de la saison des résultats annuels, remarque Catherine Garrigues.

La gérante relève néanmoins que dans l’actuel climat incertain sur les perspectives économiques mondiales, « les investisseurs recherchent des liquidités à tout prix », alors même que « des questions se posent sur la valorisation de certaines entreprises », d’où une baisse conséquente de certaines valeurs du Nasdaq et plus généralement des valeurs dites « technologiques », notamment depuis la fin de semaine dernière.

« Je ne sais pas si c’est rationnel. En tout cas, cela faisait des années que l’on disait qu’un risque de bulle existait », notamment du fait des politiques monétaires très accommodantes des banques centrales. « Désormais, les investisseurs se retirent. De fait, c’est un mini-krach, même s’il est moins spectaculaire que d’autres par le passé car il s’étale sur plusieurs jours », observe Catherine Garrigues, rappelant que « depuis le mois d’août, les indices européens perdent environ 20% ».

Lire également : « Nous assistons peut-être au dégonflement de certaines bulles spéculatives » (Cholet Dupont)

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • jmlhomme le mardi 9 fév 2016 à 18:02

    Ces baisses me laisse tout à fait froid. Surtout ne vendez pas car normalement cet argent ne vous est pas nécessaire puisque vous le placez en Bourse. Et si vous avez encore des ressources c'est le bn moment de le placer en bourse. A ce stade sauf à investir sur les banques ou des fausses valeurs de groupe d' ETAT, vous gagnerez dans les deux années à venir plus de 15 % et peut être 25 %. Ce conseil est du bon sens. Si des gens pensez bon d'investir voilà un an sur un CAC 40 à 4800 points...

  • s.lux le mardi 9 fév 2016 à 16:51

    et c'est toujours les petites qui trinquent

  • squal72 le mardi 9 fév 2016 à 16:43

    c'est de la magouille financière !! C'est plus de la bourse !!