« Les indices boursiers poursuivent une ascension trop frénétique pour être vraie » (Fidelity)

le
0

"Plus que jamais, la prudence est de mise" affirme David Ganozzi dans "L'hebdo des marchés" de Fidelity.
"Plus que jamais, la prudence est de mise" affirme David Ganozzi dans "L'hebdo des marchés" de Fidelity.

Dans sa lettre hebdomadaire intitulée « L'hebdo des marchés », David Ganozzi, gérant de Fidelity Patrimoine, revient sur l'actualité économique. Le gérant souligne la prudence qui est la sienne suite à la récente hausse constatée sur les principaux indices boursiers.

Mardi 16 mars, le CAC40 s'affichait en repli de 0,64% à la clôture, entraîné à la baisse par Wall Street. Pourtant, depuis le début du mois de mars, l'indice parisien reste dans le vert et s'apprécie même de 17,5% depuis le début de l'année, poursuivant la hausse de janvier et de février.

Certains gérants deviennent prudents, mais le marché reste globalement haussier

Depuis le début du mois de mars, beaucoup d'analystes s'interrogent sur la pérennité de la hausse des marchés boursiers constatée depuis le début de l'année.

Le 4 mars dernier, Eric Galiègue du « Cercle des analystes indépendants » publiait une tribune intitulée « L'euphorie est mauvaise conseillère : il faut vendre les actions ». Le 10 mars, nous avions relayé l'analyse de Cholet Dupont soulignant qu'au début de l'année, « les marchés ont ignoré certains risques ». Le 11 mars, Thibault Prébay de Quilvest Gestion affirmait dans nos colonnes : « Le QE a déjà produit son effet, n'en attendons pas trop ! » de même que Loïc Bécue, responsable de la gestion du fonds « Amundi Patrimoine », expliquait le même jour avoir allégé ses positions sur les marchés d'actions européennes.

Et pourtant, depuis le début du mois de mars, le CAC40 a continué de progresser sur la même tendance qu'au mois de février. Certes, la séance de ce mardi s'affichait dans le rouge, mais l'indice parisien restait au-dessus du seuil des 5000 points.

Fidelity adopte également la prudence face à la hausse

« Après un début d'année exceptionnel, marqué par deux mois de forte hausse, il aurait été naturel de voir les marchés actions faire une pause bien méritée », commentait en premier lieu David Ganozzi dans «L'hebdo des marchés » de Fidelity, et renchérissait : « Depuis mars, la réalité dépasse l'entendement. Inexorablement, les indices boursiers poursuivent une ascension trop frénétique pour être vraie ».

Le gérant de Fidelity Patrimoine revenait sur les bonnes performances du début du mois : « la semaine dernière, le calendrier n'était pas chargé en termes de publications. Cela n'a pas empêché le MSCI World de s'offrir une nouvelle hausse [...], portant son gain à près de 16% depuis le début de l'année ! ».

Cette hausse n'est pourtant pas sans fondement : « En soi, la tendance est loin d'être déconnectée des réalités. La croissance est aux États-Unis ce que la reprise est à l'Europe : prégnante ». « Principal stéroïde financier des marchés, les mesures non-conventionnelles de la BCE tendent à amplifier les facteurs de soutien à la zone euro. Et logiquement à exalter les investisseurs ». « Les politiques monétaires accommodantes en vigueur au Japon et en zone euro sont de nature à amplifier l'anabolisme des marchés, faisant grimper les valorisations au-delà de leur moyenne historique ».

David Ganozzi concluait sa revue du paysage macroéconomique sur l'idée suivante : « Indéniablement, les agents amplificateurs de croissance sont nombreux pour l'économie européenne. Du reste, il semble pour l'heure difficile de quantifier leur impact et périlleux de faire preuve d'un enthousiasme démesuré quant à leurs effets. Plus que jamais la prudence est de mise ». C'est précisément cette prudence que semblaient adopter les investisseurs mardi en cours d'après-midi.

X. Bargue

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant