La récente panique boursière a ramené l'euro à 1,15 dollars

le , mis à jour à 14:36
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La parité euro-dollar s'est rapprochée de son niveau de début d'année lundi 24 août.
La parité euro-dollar s'est rapprochée de son niveau de début d'année lundi 24 août.

La parité euro-dollar a beaucoup évolué lors des deux séances de forte baisse des indices boursiers survenues vendredi et lundi derniers. Encore autour de 1.10 USD pour 1 EUR la semaine dernière, la parité a bondi à 1.15 USD pour 1 EUR en seulement deux jours.

C’est une conséquence assez inattendue de la très récente panique boursière : l’euro s’est significativement revalorisé face au dollar. « Les marchés des changes ont connu [lundi] une journée très volatile provoquée par le chaos en Chine. Les devises émergentes ont plongé alors que l’euro et le yen bondissaient », résument Les Echos mardi.

Les doutes sur la Chine expliquent sans mal la faiblesse des devises émergentes. En revanche, le rebond de l’euro face au dollar peut paraître moins évident.

Au cours de la séance de lundi, la parité euro-dollar est même momentanément revenue à 1.17 USD pour 1 EUR, effaçant en grande partie la dépréciation de l’euro observée en début d’année. Pour rappel, l’euro s’échangeait contre 1,21 dollars au 31 décembre dernier, avant de tomber à 1,05 USD pour 1 EUR en mars.

Eric Chaney, directeur de la recherche économique chez Axa IM, remarque que l’absence d’attractivité du dollar en période de chute boursière est « un élément inhabituel ». En période d’incertitudes, le dollar est généralement perçu comme une valeur refuge, ce qui n’a pas été le cas lundi. Ceci s’explique « probablement parce que les investisseurs ne croient plus que la Fed remontera ses taux cette année », avance Eric Chaney, qui relève néanmoins un paradoxe : plus le dollar est faible, plus les probabilités d’inflation future s’élèvent aux Etats-Unis, et plus la Fed pourrait être tentée de remonter ses taux sans tarder.

Effet à contre-courant du plan de relance de la BCE

Cette revalorisation de l’euro est à double tranchant, comme sa dévaluation de début d’année. D’un côté, elle permet aux Européens d’importer « moins cher » des produits de l’extérieur. En contrepartie, cela pénalise potentiellement les exportations européennes.

Surtout, cela va complètement à contre-courant de la tendance recherchée par la BCE avec le plan de « quantitative easing », dont l’objectif était de faire revenir un peu d’inflation en Europe, et donc d’affaiblir l’euro pour rendre l’économie européenne plus compétitive. C’est ce qui avait expliqué la baisse de l’euro face au dollar en début d’année.

L’attrait vis-à-vis de l’euro, ces derniers jours, peut aussi s’expliquer du fait des dernières données macroéconomiques publiées sur le Vieux continent. L’inflation ne se voit toujours pas en Europe, contrairement à ce que l’on pouvait penser en début d’année. Cela redonne à l’euro une image de monnaie-refuge sur les marchés, relativement peu soumise aux risques de dépréciation à court terme (et ce malgré l’action de la BCE).

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • loup333 le mardi 25 aout 2015 à 14:52

    Je reste toujours perplexe devant les explications des journaleux, chroniqueurs ou pseudo spécialistes ou experts economiques qui sont capables d'expliquer tout et son contraire avec moultes précisions et évidences...Aucun retournement aucun effondrement des bourses ni retournement n'est laissé longtemps sans réponse mais pour ce qui est de prévoir d'anticiper et de bien conseiller alors là...

  • SM7 le mardi 25 aout 2015 à 14:41

    Doit on conclure que la BCE avec son QE s'est tirée une balle dans le pied ?