Inquiétudes sur les marchés : "le potentiel de baisse reste limité" (Jean-Louis Mourier)

le , mis à jour à 14:20
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Les investisseurs digèrent toujours très mal les déceptions sur l'économie chinoise.
Les investisseurs digèrent toujours très mal les déceptions sur l'économie chinoise.

La bourse de Shanghai a terminé vendredi sur une nouvelle baisse de 4,27%, plombée par un mauvais indicateur d’activité industrielle. Les marchés mondiaux sont toujours sous pression. Néanmoins, « le potentiel de baisse reste limité », estime Jean-Louis Mourier d’Aurel BGC.

Les jours se suivent et se ressemblent. Les indices européens ont ouvert en nette baisse vendredi, à la fois dans le sillon de Wall Street, qui a continué de baisser après la clôture des marchés européens jeudi, et dans le sillon des marchés asiatiques, très pénalisés vendredi par les doutes sur la Chine.

Le Dow Jones a clôturé à -2,06% jeudi, les investisseurs cédant au pessimisme ambiant relatif à la Chine, au risque de déflation présent dans plusieurs grandes économies, ou encore face au rapide repli du pétrole, tous ces sujets étant en partie liés entre eux.

Les marchés asiatiques, cette nuit, ont été entraînés dans le rouge vif par ces mêmes inquiétudes macroéconomiques. En Chine, à 3h45 du matin heure française, la publication de l’indice PMI manufacturier du mois d’août, mauvais et inférieur aux attentes, a rajouté de l’huile sur le feu. L’indice, ressorti à 47,1 points, se situe sous la barre des 50 points et traduit une contraction de l’activité industrielle en Chine, comme c’était déjà le cas le mois dernier. Les analystes tablaient sur un chiffre de 47,7 points, soit une baisse légèrement moins prononcée de la production chinoise.

Vendredi, en France, le CAC40 a débuté la séance en nette baisse (-1,65%, proche des 4.700 points), avant de se reprendre quelque peu au cours des premières heures de cotation. Même mouvement en Allemagne, où l’indice Dax a déjà enchaîné cinq séances de baisse consécutives, donc les deux dernières étaient très marquées.

Trop de pessimisme ?

Pourtant, certaines voix émergent désormais pour essayer de relativiser les doutes que les investisseurs ont sur l’économie chinoise. François Godement, directeur du programme Asie et Chine du Conseil européen des relations internationales, affirme ce vendredi dans Les Echos qu’« en quelques mois, l’enthousiasme démesuré que suscitait la Chine s’est transformé en un pessimisme tout aussi exagéré. Certes, l’économie connaît un fort ralentissement, mais celui-ci relève davantage d’un rééquilibrage que d’un effondrement ».

Malgré cela, on connaît la propension des marchés à réagir face aux nouvelles de court terme, mais aussi à anticiper les grands cycles économiques. Or, le ralentissement chinois laisse quelques doutes sur le cycle dans lequel se trouve actuellement cette grande économie, et a fortiori sur le cycle économique mondial dans son ensemble.

Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC, rejoint néanmoins le relativisme de François Godement. « La thématique du ralentissement chinois est surtout revenue sur les marchés depuis la semaine dernière, suite à la dévaluation du yuan. Pourtant, la lente baisse de la monnaie chinoise face au dollar avait déjà débuté depuis plus d’un an. Cela a tout de même été interprété comme une dernière munition des autorités chinoises pour essayer de redynamiser leur économie ».

Surinterprétation des investisseurs ? Difficile à dire. La décélération de l’économie chinoise a bel et bien un impact sur les perspectives du commerce mondial, alors que la Chine est l’un des plus grands importateurs et exportateurs du monde. De même, les doutes sur la Chine sont pris en compte au plus haut rang, admet Jean-Louis Mourier, qui remarque que « le compte-rendu du FOMC [organe en charge de la politique monétaire de la Fed], publié mercredi soir, fait allusion aux risques de ralentissement en Chine ».

Au sujet du compte-rendu du FOMC, l’absence de communication claire de la Fed au sujet du relèvement de ses taux directeurs est un autre sujet de tension pour les investisseurs. Jean-Louis Mourier rappelle néanmoins que le principal critère du FOMC pour le choix du relèvement des taux est le niveau d’inflation enregistré dans le pays, et non la parité du dollar face aux autres monnaies (dont le yuan), même si ce dernier critère n’est pas non plus relégué au dernier rang des priorités.

« Le vice-président de la Fed fera un discours samedi de la semaine prochaine, et reviendra sur le sujet de l’inflation. Ce discours pourrait nous en apprendre sur les intentions de la Fed vis-à-vis d’une éventuelle remontée des taux en septembre », soulève l’économiste d’Aurel BGC.

« Il est difficile de voir un krach se profiler »

Sur les forums Boursorama, plusieurs internautes évoquent désormais régulièrement l’éventualité d’un krach boursier des grands indices occidentaux pour la fin de l’année 2015, dans une logique de cyclicité de sept ans (2015 venant sept ans après 2008, 14 ans après 2001, toutes deux des années noires pour les marchés). L’économiste Marc Touati avait également évoqué cette récurrence historique en début d’année, expliquant que l’année 2015 pourrait être celle d’un krach boursier de grande ampleur.

Face à cette idée, Jean-Louis Mourier se montre très sceptique. « Malgré les mauvaises nouvelles actuelles, il est difficile de voir un krach se profiler. Je vois mal la survenue une telle éventualité alors que la BCE injecte 60 milliards de liquidités par mois sur les marchés, de même pour la Banque du Japon qui injecte des milliards de yens. On peut encore perdre 3, 4 ou 5% sur les grands indices boursiers dans les jours et semaines à venir, mais le potentiel de baisse reste limité ».

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

Retrouvez l'article de jeudi sur la chute des marchés européens dans un contexte d'accumulation des doutes.

Retrouvez tous les articles de la rédaction de Boursorama dans la rubrique dédiée.

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  • M4314275 le lundi 24 aout 2015 à 12:34

    C'est ce que j'ai expliqué à ma concierge, Madame Roux, mais elle est restée dubitative.

  • maryp le lundi 24 aout 2015 à 10:50

    jean-louis, tes arguments sont un peu leger. je te laisse acheter si t'as envie, moi je vais aller voir ailleurs pendant quelques temps

  • guerber3 le lundi 24 aout 2015 à 10:35

    Le brave homme ne sait rien, mais, puisque c' est son gagne-pain, il doit y croire...!

  • nono67 le lundi 24 aout 2015 à 09:30

    ah si marc touati a pronostiqué un krack cette année , c'est le moment d'acheter . Toujours faire l'inverse de ce que prévoit cette mme irma méiatique .

  • dmales le lundi 24 aout 2015 à 08:12

    limité à combien ?

  • guerber3 le samedi 22 aout 2015 à 09:59

    C' est humain : ce monsieur et d' autres défend son gagne-pain, il ne sait rien de plus que monsieur "Tout le monde "...c' est un m&tier ingrat...!

  • ebrardpa le vendredi 21 aout 2015 à 17:34

    exact @Long , ......c'est le principe de la bulle qui monte sans raison et qui éclate ; en français ...un krach :)

  • LongR le vendredi 21 aout 2015 à 17:24

    @ ebrardpa. A terme, l'injection de pognon finit toujours par faire monter les prix. Meme au Zimbaboué, ils ont reussi à le faire. Ca devrait donc etre à notre portée également. Mais personne n'a jamais dit que ça se ferait dans la douceur et l'alaigresse :)

  • ebrardpa le vendredi 21 aout 2015 à 17:21

    l'argument selon lequel l'injection de liquidité à haute dose par la bce et la banque du japon prémuni l'économie mondiale d'un krach n'est pas avéré ; quand les liquidités , faute de perspectives industrielles , s'investissent dans la spéculation , elles "jouent à l'envers" du cercle vertueux ; et c'est ce dernier mécanisme qui est à l’œuvre aujourd'hui . :)

  • bibas1 le vendredi 21 aout 2015 à 17:19

    Article déjà caduque en moins de temps qu'il ne faut pour le dire...