France : la reprise annoncée peine encore à se voir dans les chiffres

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Entre bons et mauvais chiffres, l'économie française se redresse-t-elle vraiment ?
Entre bons et mauvais chiffres, l'économie française se redresse-t-elle vraiment ?

Les Echos font leur une du mercredi 1er avril sur l'évolution de l'économie française. Loin d'être un poisson d'avril, certains indicateurs vont dans le sens du redressement économique tant attendu. Mais le paysage économique est encore loin d'être rose.

Les Echos relèvent ainsi qu'« en février, les dépenses de consommation des ménages ont progressé de 3% sur un an », estimant que « les Français se remettent à consommer grâce à la baisse des prix du pétrole ». « La dépréciation de l'euro, la faiblesse des taux d'intérêt et les moindres hausses d'impôt sont autant de facteurs de soutien de l'activité », ajoute le journal.

Indicateurs dans le vert

Du côté des statistiques encourageantes, se trouvent par ailleurs la remontée de l'indice du moral des ménages calculé chaque mois par l'Insee. Ce dernier n'a cessé de croître depuis la fin de l'année dernière et se retrouve désormais à son niveau de novembre 2010, bien qu'il reste inférieur à sa moyenne de long terme.

Pour Les Echos, cette hausse serait principalement due à des gains substantiels de pouvoir d'achat et de capacité d'épargne. Le journal remarque en effet que cette hausse du moral coïncide avec l'accélération de la chute des prix du baril de pétrole, progressivement répercutée sur les prix à la pompe. « La proportion de Français anticipant une amélioration de leur capacité d'épargne future augmente fortement », estime le journal, qui en fait l'une des raisons principales de cette hausse du moral.

Autre signe encourageant : les immatriculations de véhicules retrouvent un rythme un peu plus élevé qu'au cours de l'année dernière. Au mois de janvier, la hausse des immatriculations a atteint 5,3% en rythme annuel rappellent Les Echos, bien que ces statistiques soient généralement assez fluctuantes d'un mois sur l'autre. « La reprise est moins forte en France que dans d'autres pays européens, tels que la Grande-Bretagne mais aussi l'Italie et même l'Espagne » souligne le journal, qui relativise ce bémol du fait du maintien d'une prime à la casse dans les pays cités.

Indicateurs dans le rouge

Du côté des indicateurs plus mitigés, Les Echos retiennent particulièrement l'évolution du marché de l'emploi ainsi que la construction de logements neufs.

Il n'aura échappé à personne que le chômage continue de progresser en France depuis 2008, à un rythme relativement faible mais qui semble irrémédiablement constant (voir statistiques détaillées). Pour rappel, le taux de chômage en France est passé d'environ 7,5% début 2008 à 10,5% actuellement, une évolution bien éloignée du chômage massif qu'ont soudainement connu certains pays d'Europe du Sud. Malgré cela, la hausse du chômage atteint chaque année 4 à 6% depuis 2011, après une année 2010 plutôt stable et une année 2009 particulièrement mauvaise en temps de récession.

L'espoir anime néanmoins la rédaction des Echos, qui explique que « les économistes pensent qu'à la fin de l'année le chômage sera stabilisé car, en rythme annuel, la croissance devrait approcher 1,5% », reprenant l'estimation ambitieuse de Manuel Valls affichée hier (lire l'article).

Du côté des mises en chantier de nouveaux logements, les statistiques laissent en revanche peu d'espoir. « Le secteur du bâtiment est en difficulté depuis dix-huit mois et ne donne pas vraiment de signe de redressement », affirme ainsi le journal, qui souligne au passage que le rythme des constructions est « au plus bas depuis plus de quinze ans ». Or, la faiblesse du secteur pèserait sur la croissance globale : « l'an passé, les déboires de la construction et la baisse des achats de logements par les ménages avait coûté 0,4 à 0,5 point de croissance », explique le journal en se basant sur les données détaillées du PIB français publiées par l'Insee.

Le journal consacre également un entrefilet sur le fait que « la reprise n'est pas encore franchement enclenchée pour les industriels français », relevant que « l'indice du climat des affaires dans l'industrie [publié lundi 30 mars] n'a pas connu d'amélioration franche ».

En somme, les signes de reprise apparaissent progressivement, mais un long chemin reste à parcourir. Pour autant, l'optimisme est toujours le maître-mot des investisseurs alors que le CAC40 continue son ascension du premier trimestre 2015 en dépassant les 5100 points ce mercredi en cours de séance.

X. Bargue

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  • lemonon1 le jeudi 2 avr 2015 à 16:43

    la reprise de notre argent par l'impôt ça c'est du "dur" merci FRANçois !

  • M3366730 le mercredi 1 avr 2015 à 23:47

    Dixit petitgros : "la reprise elle est là, je la sens, elle est là"....."cela ne coûte rien, c'est l'état qui paye", etc......

  • EuropeGa le mercredi 1 avr 2015 à 18:05

    @ceriz C'est surtout les élus de l’Union Européenne qui nous coutent cher : 8 milliards d’euros par an !! Qui dit mieux ?

  • EuropeGa le mercredi 1 avr 2015 à 18:00

    Avant l’Union Européenne, la France se portait bien. Depuis l’Union Européenne, la France décline (on va dans le mur). C’est dommage que 75% des électeurs ne voient pas encore cette évidence !

  • ceriz le mercredi 1 avr 2015 à 17:52

    nos élus : 600000 ! nos parlementaires et nos politiques c de la M.... : ils vivent comme des monarques avec pour une belle frange d'entre- eux : des multi-mandats : nourris par nos impôts ! comment ça peut durer? le peuple va continuer à ne rien dire?

  • M8252219 le mercredi 1 avr 2015 à 17:33

    les guêpes à la recherche du pot de confiture ouvert par le gouvernement. ENCORE UN POINT DE DÉPENSE INCONTRÔLÉ, OU TOUS :dirigeants et salariés se servent sur le budget de l'état sans conscience et sans vergogne, c'est à dire sur nos impôts.

  • axiome01 le mercredi 1 avr 2015 à 17:31

    comment peut-on dire qu'une moindre hausse d'impôts peut avoir un effet positif sur la consommation en connaissant le taux des prélèvements total en France ????

  • mim69005 le mercredi 1 avr 2015 à 17:27

    Annoncée par qui ? par le gouvernement et ses organismes vassaux... on peut douter de l’honnêteté et de la crédibilité de ces annonces !

  • Pierusan le mercredi 1 avr 2015 à 17:26

    La reprise est déjà présente, à certains endroits de cette Terre, et même dans certains pays d'Europe. En France, à défaut de reprise, nous avons au moins les incantations de Mister François et de son lieutenant, le capitaine Fracasse.

  • Corsair7 le mercredi 1 avr 2015 à 17:22

    Moryglobal (transport) licencies 2130 personnes, elle ou la reprise?.