Etats-Unis : « l'été de tous les dangers » (IG Markets Limited)

le , mis à jour à 14:11
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Les statistiques économiques pourraient peser sur les indices boursiers, même si la Fed ne relève pas ses taux dès septembre, explique IG.
Les statistiques économiques pourraient peser sur les indices boursiers, même si la Fed ne relève pas ses taux dès septembre, explique IG.

Certaines statistiques économiques récentes ont été mitigées aux Etats-Unis, souligne le courtier IG Markets Limited dans une note de conjoncture. Cela pourrait pousser la Fed à repousser la hausse de ses taux directeurs, mais ce scénario n'est pas privilégié pour autant.

Le chiffre de la croissance américaine du T2 n’est pas le seul à avoir été jugé décevant par les analystes (2,3% de croissance contre 2,6% attendus). « Vendredi 31 juillet était diffusé le chiffre de la progression trimestrielle des salaires aux Etats-Unis : très mauvaise "surprise" puisque la progression est la plus faible observée depuis 1982 », relève ainsi le courtier IG Markets Limited.

Fed : vers une hausse des taux en décembre au lieu de septembre ?

Néanmoins, ce type de statistique relativement morose n’est pas forcément vu d’un mauvais œil par les investisseurs. Ces derniers entrevoient en effet une possible réaction de la banque centrale américaine (Fed), qui pourrait encore repousser à plus tard la hausse de ses taux directeurs.

« La faible croissance des salaires rend la hausse des taux aussi probable en septembre qu’en décembre », affirme pour sa part Axa IM dans une analyse publiée vendredi, alors que « la reprise économique mondiale reste contrastée ».

IG ne fait pourtant pas la même analyse. « Même si les données macroéconomiques sont mitigées, l’idée que la FED ne puisse repousser encore longtemps son premier relèvement de taux fait son chemin. En effet, face à ce chiffre de vendredi négatif (...), d’autres paramètres permettent d’entretenir le scénario du relèvement en septembre, comme la nette révision à la hausse de la croissance du PIB américain : +0.6% alors que la dernière estimation faisait état d’un repli de 0.2% », explique ainsi le courtier.

Cette idée est appuyée par le fait que « James Bullard, un des faucons de la FED, s’était risqué à communiquer un pourcentage : plus de 50% de chance pour une hausse de taux en septembre », remarque la même source.

Les Echos estiment pour leur part, dans l'édition du lundi 10 août, que les récents chiffres de créations d'emplois aux Etats-Unis (215.000 emplois créés en juillet), ainsi que d'autres statistiques jugées positivement, "[ouvrent] la voie à une hausse des taux [de la Fed] en septembre".

Risques pour les marchés américains

Face à ces analyses divergentes, le flou demeure sur les futures décisions de la Fed. Pour IG, « on peut donc légitimement se demander si, face à un tel degré d’incertitude, les principaux indices actions américains (SP500, Dow Jones, Nasdaq) iront tester de nouveaux plus hauts ».

En effet, cela fait déjà quelques temps que les indices américains ne semblent plus vraiment poussés à la hausse lorsqu’un chiffre laisse entrevoir l’ajournement de la première hausse des taux de la Fed. Par exemple, le 31 juillet, « le marché a brièvement considéré ce mauvais chiffre sur les salaires comme un facteur de soutien au maintien d’une politique monétaire accommodante (…) mais n’a pas considéré que c’était un élément suffisant pour conserver cette tendance », remarque IG.

Surtout, même dans le cas où la hausse des taux n’aurait pas lieu dès septembre, le marché américain n’est pas à l’abri d’une prochaine consolidation. « La forte probabilité d’une hausse de taux, même non appuyée par des chiffres macro, peut agir comme un frein à la prise de risque sur les marchés et provoquer un repli correctif… alors même que cette hausse pourrait n’intervenir qu’en fin d’année ou en 2016 », poursuit le courtier.

Une prochaine consolidation semble d’autant plus probable que jusqu’ici, « les marchés américains et notamment l’indice actions SP500 peinent à corriger. Le SP500 reste très proche de ses plus hauts historiques au-delà de 2100 points », remarque IG. Néanmoins, « même si elle se défend de surveiller les marchés financiers, la FED souhaitera autant que possible éviter de créer un choc par un relèvement de taux "surprise". Elle devrait donc favoriser une "guidance" propice à entretenir un climat, un contexte permettant de limiter l’envolée des valorisations pouvant présenter le risque d’éclatement brutal avec ses conséquences potentielles sur l’économie réelle ». En somme, le potentiel de hausse mais aussi de baisse des marchés américains semble actuellement réduit.

Enfin, « même si la FED reste l’élément le plus surveillé par les marchés, la situation de la Chine et l’évolution des négociations entre les créanciers et la Grèce pourraient également limiter la prise de risque et favoriser les corrections (...). Le cumul de ces éléments pousse à la prudence sur les marchés actions américains, susceptibles de corriger sans attendre la réunion de septembre de la FED », affirme le courtier. Pour autant, lundi 10 août, ces deux éléments supplémentaires étaient plutôt une source d’apaisement pour les investisseurs.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • guerber3 le jeudi 13 aout 2015 à 10:24

    Un million de milliards de U.S.$ de produits dérivés irremboursables sauf par de nouvelles émissions...irremboursables : l' élite des " zombies " planétaire a détruit l' humanité : c' est fini, fini...!

  • M7813180 le lundi 10 aout 2015 à 22:41

    c est qd meme rare de lire des opinions ponderés...tout ce qui est excessif est ridicule ...

  • monjohn le lundi 10 aout 2015 à 16:08

    Stagnation, voire déflation inavouée et inavouable, car l'effet de relance des QE et autre maintien des intérêts au plancher ne marche pas et les banques centrales n'ont plus de ressources pour endiguer la contagion mondiale. Tous aux abris les amis etplanquez ce que vous pouvez. Seuls les agriculteurs s'en sortiront car ils nourissent le peuple.

  • ppsoft le lundi 10 aout 2015 à 13:42

    "l'été de tous les dangers"... mais oui bien sûr. Allons, tremblez, braves gens ! La fin du monde est proche ! ... Hollywood n'aurait pas trouvé de meilleure formulation.