Décret anti-OPA étrangères : l'offensive du gouvernement

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L'énergie, nouveau secteur concerné par le décret portant sur les investissements étrangers en France.
L'énergie, nouveau secteur concerné par le décret portant sur les investissements étrangers en France.

Le décret de 2005 est étendu à d'autres secteurs stratégiques, l'énergie en particulier. GE devra donc obtenir l'accord du gouvernement pour prendre le contrôle des activités énergie d'Alstom.

Arnaud Montebourg a enfin son décret « anti-OPA ». Saisi en urgence, le Conseil d'Etat l'a approuvé « à l'unanimité ». Le fameux décret de 2005, qui prévoyait qu'une OPA dans un secteur jugé stratégique reçoive l'autorisation préalable de Bercy, est étendu. Il concernait à la base les secteurs de la défense nationale, des technologies de l'information et des jeux d'argent. Il sera désormais également appliqué au secteur de l'énergie, de l'eau, de la santé, des transports et des télécoms. Urgence, il y avait en effet, puisque le conseil d'administration d'Alstom doit rendre sa décision définitive fin mai et l'offre de General Electric pour la reprise du pôle énergie est celle qui a la préférence des dirigeants du groupe français. Si le décret ne remet pas en cause l'offre de GE, il permet au gouvernement de reprendre la main sur le dossier. Sans l'accord gouvernemental, rien ne se fera. « Le pouvoir d'autorisation qu'il nous confère nous protège contre des formes indésirables de dépeçage et des risques de disparition. Il faut rappeler qu'Alstom est un maillon essentiel de notre indépendance énergétique » s'est empressé de souligner Arnaud Montebourg.

La France n'est pas la seule à disposer d'un tel texte protecteur pour éviter que des entreprises évoluant dans des secteurs sensibles ne soient avalées par des groupes étrangers sans accord de la puissance publique mais le timing a de quoi susciter une certaine perplexité. Les investisseurs étrangers, et notamment extra-européens, sont-ils les bienvenus en France ? Oui répond le gouvernement en c½ur, mais tout porte à croire que ce décret sera vite surnommé décret « anti-General Electric » tant Arnaud Montebourg a pris position sur le dossier en affichant sa préférence pour une offre de Siemens afin de privilégier une logique européenne. 

J.G

 

Retrouvez le décret du 14 mai paru au Journal Officiel relatif aux investissements étrangers :

 

 

Lire aussi sur Boursorama...

Investissements étrangers : Sapin défend un intérêt protecteur pour la France (Le Parisien)

GE prend note du décret du gouvernement français (Reuters)

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Décret sur le patriotisme économique : l'édito éco de Nicolas Doze (BFM Business)

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  • msglyon le vendredi 16 mai 2014 à 12:53

    une fois de plus ,les commentaires sont totalement nuls . Vous trouvez que TOUT est mauvais dans les choix de nos dirigeants ? Vous etes sur que tous les autres dirigeants d'autres pays, en particulier du nord de l'europe, sont meilleurs car ils font exactement l'inverse de notre gouvernement. Vous etes effarants de nullité . http://www.boursorama.com/actualites/la-suede-s-oppose-au-rachat-d-astrazeneca-par-pfizer-9012c0ea8a4df412a228746960d87802

  • M3866838 le vendredi 16 mai 2014 à 11:15

    Le problème c'est que le principal (sinon le seul) objectif d'un homme politique, est de se faire réélire. La santé des entreprises françaises passe au second plan (d'ailleurs, sont-ils compétents).

  • coche123 le vendredi 16 mai 2014 à 10:21

    depuis 15 ans, les gouvernements successifs se sont donnés pour but d'éliminer les petits actionnaires de la bourse, ce n'est donc pas avec ce qui reste de petits porteurs que l'on va garder un actionnariat français. On est bien loin de la politique Mitterand/Bérégovoy en faveur de la bourse lancée avec succès à partir de 1983.

  • indyta le vendredi 16 mai 2014 à 09:14

    je partage l avis de mxlib,les actionnaires, c est apres moi , le deluge!pas actionaire,mais mons avis ne changerait pas.

  • indyta le vendredi 16 mai 2014 à 09:13

    quid du contrat de 4 milliards pour des trains ,dont les couts sont moins competitifs qu ailleurs dans le monde, comme chacun le sait?ils sont devenus fous les acheteurs de ces trains qui payent le prix fort?

  • 422424mp le vendredi 16 mai 2014 à 09:09

    LOL! Les fonds anglo saxons l'ont massacré à coup de short pendant des semaines pour faire tomber le cours sous les 20 €...La pas un bruit de nos politiques. Par contre un projet industriel d'envergure avec GE : ah non! Pas de ça chez nous!Montebourg DE GA GE!

  • kaerusan le jeudi 15 mai 2014 à 19:25

    Et pourquoi pas aussi la fabrication de couches culottes et celle de verni à ongle? LVMH est probablement plus "stratégique" pour la France que la partie power d'Alstom...!

  • mxlib le jeudi 15 mai 2014 à 19:22

    Le vrai problème c'est l'actionnariat, donc la propriété de nos grandes entreprises, constituées lentement par les talents et sacrifices de nos ainés, mais dont le capital a été peu à peu phagocyté par les fonds de pension anglo-américains sans aucune réaction de nos gouvernants, ce qui compromet les possibilités d'opposition à la perte du contrôle … Il est urgent de se ré-approprier nos fleurons industriels en orientant l'épargne vers les entreprises ...

  • coche123 le jeudi 15 mai 2014 à 18:50

    effectivement en cas de refus du gvt de l'offre de GE, Siemens est tranquille et n'aura qu'à attendre la faillite d'Alstom.

  • b26crest le jeudi 15 mai 2014 à 17:56

    Siemens n'était inquiété qu'après l'offre GE, et la création d'un concurrent plus puissant. Grace au gouvernement français, Siemens est tranquille. Débarrassé du concurrent américain, Siemens pourra renoncer à une fusion avec Alsthom, et laisser l'enfant galeux à la France. (et si M.P. avait raison, une fois : mesure électorale en vu des élections européennes ??)