Caisses de retraites complémentaires : des chiffres plus alarmants que prévu

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L'heure est toujours grave pour les caisses de retraites complémentaires. La Cour des comptes a présenté jeudi un rapport au sujet de l'Agirc et de l'Arrco, soulignant la très mauvaise pente que suivent ces deux organismes.

Les organismes de retraites complémentaires subissent des pertes colossales depuis quelques années. On souligne régulièrement leur situation alarmante, mais les vrais problèmes pourraient survenir encore plus vite que prévu.

Plus de 4 milliards de déficit annuel

Pour rappel, c'est depuis 2009 que l'Agirc (caisse complémentaire des cadres) et l'Arrco (caisse complémentaire des salariés) ne parviennent plus à compenser leurs dépenses par les cotisations. Or, leur déficit n'est plus anodin : en 2013, il s'élevait à 4,4 milliards d'euros. Pire, il devrait encore s'aggraver au cours des années à venir. Selon la Cour des comptes, plus de 5 milliards d'euros manqueront à l'appel chaque année à partir de 2018.

La faillite plus proche que prévu

On savait que le poids des déficits chroniques ne pourrait plus être supporté encore bien longtemps, notamment pour l'Agirc. Le mois dernier, on estimait que ses caisses seraient vides à l'horizon 2018. Or, la Cour des comptes a calculé que dès 2016, l'Agirc ne disposerait plus que de trois mois de cotisations dans ses caisses pour faire face aux versements de retraites. Une catastrophe financière : l'organisme n'ayant pas le droit de s'endetter, la faillite approcherait à grands pas.

Pour cacher la poussière sous le tapis, il est envisagé depuis déjà un certain temps de fusionner l'Agirc et l'Arrco. L'opération n'améliorerait pas structurellement le problème : la fusion aurait pour but principal de permettre à l'Agirc d'utiliser la trésorerie de l'Arrco pour faire face à son déficit.

Or, cette solution, déjà court-termiste, semble encore moins viable que prévu. Le mois dernier, on estimait que les caisses de l'Arcco ne se videraient pas avant 2027. Pour la Cour des comptes, le calcul n'est pas aussi optimiste : en simulant une fusion des deux caisses, la faillite serait pour 2023, soit dans seulement 8 à 9 ans.

Solutions limitées

Solutionner le problème semble particulièrement complexe. Au mieux, il ne pourrait être que retardé. D'une part, on pense au recul de l'âge minimal nécessaire pour toucher le complément de retraite. D'autre part, on pense à une éventuelle baisse des niveaux de retraites versées ou une augmentation des cotisations. Dans les deux cas, de telles réformes seraient difficiles à faire accepter, notamment de la part les syndicats qui s'y opposent frontalement.

Comme pour aggraver le sort des caisses complémentaires, il est prévu que les cotisations au régime général augmentent d'environ 1 point d'ici 2017. Cela réduit donc la possibilité de relever en parallèle le niveau de cotisations aux caisses complémentaires si l'on veut préserver le pouvoir d'achat des salariés. Une chose est sûre : les problèmes ne font que commencer et des sacrifices devront être consentis, tôt ou tard.

X.B.

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  • M4358281 le dimanche 4 jan 2015 à 13:06

    Les complémentaires gérées comme le Prefon

  • jphr63 le lundi 22 déc 2014 à 10:13

    gestion des caisses dramatiques par des syndicats qui n'y connaissent rien et,qui plus est, on distribué notre argent aux caisses déficitaires dans les années antérieures.Que va-ton devenir?nous qui avons fait des semaines de 48 heures pour enrichir ces fainéants qui vivent aux crochets de la société....justice sociale!

  • faites_c le lundi 22 déc 2014 à 09:29

    La cour des comptes est le seul organisme au monde (avec Météo France) capable de faire des prévisions à plus de 6 mois (quand on voit le résultat des prévisions de météo à plus de 3 jours, on a le droit de penser que ses prévisions à 50 ans sont complètement pipeau). Personne n'étant capable de faire des prévisions économiques fiables à plus de 6 mois, on se demande comment les pseudos experts de la cour des comptes peuvent affirmer des choses qui n'existent pas encore!

  • khmane08 le lundi 22 déc 2014 à 09:14

    exact v.benace, des gestionnaires et politiques bien incompétents qui n'auraient pas fait long-feu en entreprise

  • olivie91 le dimanche 21 déc 2014 à 08:13

    Autre solution faites des emprunts à 2% voire moins et achetez des Scpi qui rapportent 5%

  • olivie91 le dimanche 21 déc 2014 à 08:11

    Curieux tout de même si il y a des réserves qu' elles ne soient pas gérées. 10% de gains par an pour des pros c est tout de même accessible. Les particuliers y arrivent bien.

  • l.badet- le samedi 20 déc 2014 à 19:22

    façon insuffisante.D'une manière générale, les décisions ont été prises en fonction de critères politiques et non économiques. Sous le patronage des syndicats , qui estimaient normal de plus que des gens qui n'ont jamais cotisé bénéficient de retraites. C'est le role de l'Etat d'assister les indigents, pas celui des retraités. Tout a été mélangé, maintenant qu'il faut payer on va se retourner sur les mémes.

  • l.badet- le samedi 20 déc 2014 à 19:17

    automatiquement viennent en moins. Quand on a 100 à distribuer, il n'y en a que 90 qui vont dans la poche des retraités.---au fur et à mesure que des régimes spéciaux étaient rattachés aux régimes AGIRC & ARRCO, c'était la croix et la bannière de leur faire verser une compensation financière équilibrant les prestations. Trop de gens qui ne voyaient que les prestations et non leur financement.---coùt de la retraite à 60 ans, au début compensé par l'Etat, puis par les salariés et de façon i

  • l.badet- le samedi 20 déc 2014 à 19:12

    La gestion des caisses a été calamiteuse :---pas de constitution de réserves au moment où les résultats étaient largement excédentaires : on distribuait tout sana penser au lendemain.---les retraites ont fait l'objet de "solidarité" non financée par les cotisations : pourquoi à partir de 3 enfants une majoration de 10% (sécurité sociales, retraites complémentaires...)non imposable de plus? Ces sommes venaient en moins de ce que les autres percevaient.---frais de gestion des régimes qui aut

  • V.BENACE le samedi 20 déc 2014 à 16:02

    Je pense que l'une des causes des difficultés de l'AGIRC (ce n'est pas la seule) vient du fait que le plafond des cotisations à la Sécurité sociale augmente depuis au moins 20 ans plus vite que la hausse des prix et des salaires. L'essentiel des ressources de l'AGIRC venant des cotisations sur les salaires excédant le plafond de la Sécu, il ne fallait pas être "grand clerc" pour pronostiquer les difficultés du régime!