Bourse : les 5 thématiques du mois d'août

le , mis à jour à 18:15
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Pour Aurel BGC, 5 thématiques seront à surveiller sur les marchés d'ici la rentrée.
Pour Aurel BGC, 5 thématiques seront à surveiller sur les marchés d'ici la rentrée.

Les marchés européens poursuivent la trêve estivale sans inquiétude notable depuis plusieurs séances. Mais on le sait : en été, il en faut peu pour que les marchés s’emballent. Quelles thématiques restent à surveiller d’ici la rentrée ? Les réponses du courtier Aurel BGC.

Il y a tout juste un an, les marchés actions étaient agités par la dévaluation du yuan décidée par la Banque centrale chinoise, interprétée comme une mesure de relance maladroite pour juguler le ralentissement économique chinois.

Cet été, les inquiétudes relatives à l'Empire du Milieu ne sont plus au programme et c’est avec davantage de sérénité que les investisseurs suivent l’évolution des marchés, souvent depuis leur lieu de vacances.

Pour autant, certains sujets sensibles vont rester surveillés par les investisseurs au cours des prochains jours et des prochaines semaines. Pour le courtier Aurel BGC, cinq thématiques se dégagent particulièrement.

Les banques européennes

Le secteur financier est resté l’un des plus volatils en bourse au cours du mois de juillet, les banques européennes ayant continué de susciter la défiance des investisseurs avec les incertitudes du Brexit, les stress tests bancaires et les résultats mitigés du deuxième trimestre pour certains établissements.

Le contexte reste très particulier pour les banques européennes, qui subissent toujours les taux très faibles imposés par la BCE, rognant leurs marges, alors que plusieurs établissements sont empêtrés dans des difficultés qui leur sont propres : prêts à risques menaçant la solvabilité de Banca MPS, restructuration difficile pour Deutsche Bank, ou pertes trimestrielles importantes pour RBS.

« Le risque bancaire européen est encore perçu comme élevé, mais pas sur l’ensemble de l’indice boursier [EuroStoxx] » commente Aurel BGC. Autrement dit : le secteur bancaire inquiète parfois, mais pas au point que ces inquiétudes se transmettent à l’ensemble du marché.

Pour le courtier, « La situation des banques italiennes reste le "maillon" faible. Le risque d’une "crise bancaire" en Europe ne peut être totalement évacué » pour le mois d’août, sans toutefois que ce scénario noir soit privilégié.

Le pétrole

Les prix du pétrole, ayant participé à l’agitation des marchés boursiers de la fin de l’année 2014 au début de l’année 2016, ne font plus parler d’eux depuis le printemps. Ou presque : les investisseurs ont de nouveau surveillé avec un brin d’anxiété la rechute de près de 20% des prix de l’or noir entre la mi-juin (prix du WTI au-dessus des 50 dollars/baril) et le début du mois d’août (baril revenu proche des 40 dollars).

« Il n’existe pas de "consensus" sur un prix d’équilibre du pétrole. L’offre de pétrole reste abondante et les risques de rechute brutale des cours perdurent » estiment Christian Parisot et Jean-Louis Mourier, économistes chez Aurel BGC.

Depuis le mercredi 3 août, les cours du pétrole enregistrent néanmoins un petit rebond ayant permis de modérer ces quelques inquiétudes. Un simple maintien des prix du baril au-dessus des 40 dollars permettrait d’éviter que le pétrole fasse reparler de lui d’ici la rentrée.

Le dollar

L’évolution du marché des changes restera également surveillée dans les prochaines semaines. Depuis l’impact du Brexit, le dollar s’est significativement renforcé face aux autres monnaies, et notamment face à la livre et à l’euro. Ce mouvement n’est pas problématique, puisqu’il fait le jeu de la BCE qui souhaite affaiblir l’euro face au dollar dans l’espoir d’un impact inflationniste.

Néanmoins, une poursuite du renforcement du dollar pourrait commencer à avoir des conséquences négatives : impact baissier sur le prix des matières premières exprimées en dollars ou pénalisation des exportations américaines par exemple.

« Le dollar est toujours une variable clef dans le comportement des marchés. Il influence directement les cours des matières premières, dont le pétrole, et la perception du risque émergent » commente Aurel BGC.

Les anticipations d’inflation

Dans une moindre mesure, les investisseurs restent également attentifs aux anticipations d’inflation ayant une forte influence sur le marché des taux.

Actuellement, ces anticipations restent extrêmement faibles en Europe et modérées aux Etats-Unis, ce qui participe au fait que les taux du marché obligataire soient remarquablement bas. « Mais ne faut-il pas anticiper un risque inflationniste plus important du côté des Etats-Unis ? La productivité du travail reste faible alors que les salaires s’accélèrent » soulève Aurel BGC. Le spectre d’une brusque remontée des taux d’intérêts reste néanmoins faible à l’heure actuelle.

La conjoncture économique mondiale

Enfin, les investisseurs resteront comme toujours attentifs aux perspectives de l’économie mondiale, et notamment de l’économie américaine.

« L’économie américaine devrait connaître un rebond » estiment Christian Parisot et Jean-Louis Mourier.  En effet, « Les enquêtes PMI dans le monde ont observé une amélioration de l’activité industrielle sur le mois de juillet ». Les deux économistes évoquent l’espoir que les bonnes statistiques américaines, comme les chiffres de l’emploi du mois de juillet publiés début août, puissent « permettre d’offrir aux investisseurs une vision plus positive de la croissance mondiale », entraînant les marchés actions à la hausse.

Le mois d’août 2016 s’annonce en tout cas plus calme que le mois d’août 2015. Cette année, rien ne laisse envisager un nouveau « krach du 24 août », la volatilité des marchés restant faible depuis plusieurs séances.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • jmlhomme il y a 4 mois

    Il n'y aura pas de krack du 24 tout simplement parce que la bourse a perdu 20 au moins depuis le debut de l'année.... la correction va donc etre dans l'autre sens. L'interpretation est toute differente