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Salon du survivalisme: une mode excentrique ou visionnaire?
Le Figaro23/03/2019 à 07:45

Salon du survivalisme: une mode excentrique ou visionnaire? (Crédit Photo: Vladislav M - Unsplash)

REPORTAGE - Entre désir d'autonomie et doutes sur l'avenir des sociétés développées, les «survivalistes» génèrent un réel intérêt public et paradoxalement, un marché. Un nouveau salon leur est consacré ce week-end.

On les trouve excentriques. Ils se pensent précurseurs. Et au qualificatif «survivaliste» ces passionnés préfèrent souvent les mots «autonomie», «résilience», «assurance-vie» ou tout simplement «liberté» et «nature». Un salon, le «Survival Expo», leur est consacré jusqu'à dimanche au Paris Event Center. Ils constituent surtout une population encore difficile à appréhender: Clément Champault, l'un des trois jeunes organisateurs de l'événement, estime que les passionnés avoués de la thématique survivaliste sont «entre 100.000 et 150.000 en France». Le cercle est toutefois beaucoup plus grand si l'on inclut les simples curieux, ou tous ceux qui réfléchissent à «se préparer» en cas d'évènement grave.

Seule constante: le thème est à la mode. L'année dernière, le salon avait attiré 8300 visiteurs, et les organisateurs pensent faire mieux cette année. L'offre se développe d'ailleurs vite: le nombre d'exposants passe de 90 à 150, la surface a presque doublé avec 9000m², et plus de 200 marques sont désormais représentées.

Du sifflet anti-agression à l'abri anti-nucléaire

Pour vendre quoi? Clément Champault a identifié quatre thématiques principales: «la prévention des risques, l'écologie, la réduction des dépenses énergétiques et financières, et l'aspect tactique-défense». Certains visiteurs sont là car ils redoutent les conséquences d'attentats ou de mouvements sociaux de grande ampleur. D'autres ne croient plus à l'État-providence pour assurer leurs arrières. Et puis il y a tous ceux qui veulent vivre plus près de la nature, savoir en profiter quelques jours, ou toute l'année. Autant d'écoles du survivalisme, qui ont leurs références, leurs maîtres à penser... et leurs produits: dans les allées du salon, les stands ne se ressemblent pas. Beaucoup de petites enseignes font connaître un produit innovant ou un savoir-faire: les artisans couteliers ou les facteurs d'arc côtoient de nombreuses boutiques de vêtements ou équipements «tactiques», et même un déstockeur militaire. Le stand d'AntiAgression, une boutique parisienne spécialiste de l'auto défense, se trouve à un jet de Taser de Tripalium, un réseau qui propose des formations pour créer sa propre éolienne.

Mais le salon du survivalisme est loin d'être un simple bazar de l'apprenti baroudeur: certains exposants proposent des équipements de haute technologie, comme «Refuge dans mon jardin», une start-up qui conçoit actuellement un refuge antiatomique entièrement aménagé. Le prix visé, pour un abri permettant d'accueillir 4 à 5 personnes: 50.000 euros. La concurrence existe déjà, principalement en Suisse où le marché est relativement développé. Et la fondatrice n'a rien d'une dilettante: son ancien employeur n'est autre que Bouygues Construction, qui a pris des parts dans l'aventure.

Une industrie de l'antimatérialisme en devenir?

Les grands groupes commencent en effet à veiller activement aux promesses de ce marché de l'autonomie. Si «Au Vieux Campeur», pionnier de la distribution d'articles de plein air, est naturellement présent, le géant Décathlon l'est aussi à travers sa marque Solognac, consacrée au bivouac. Sur le stand, les jeunes représentants viennent «avoir des échanges, découvrir des tendances» pour affiner la conception des produits.

La survie semble être elle aussi un enjeu commercial. Honda présente fièrement ses pompes et groupes électrogènes. À raison: un concurrent, Hyundai Power, en a vendu plusieurs dizaines lors de la première édition du salon. C'est tout le paradoxe de cette industrie de l'antimatérialisme en devenir, qui assiste le consommateur jusque dans sa recherche de fuite, de retour à la nature et même de rejet de la modernité.

Tout n'est pas encore affaire de business, cependant: devant un petit stand encombré de branchages et muré d'aiguilles de pins, les membres de l'association «Loups de guerre Training», pour la plupart anciens militaires, proposent aux passants des stages à prix modique, sans recherche de bénéfice. L'enjeu: découvrir la nature et un certain esprit de responsabilité. Pascal Desseigne, le fondateur, estime que les stages doivent être à la fois conviviaux et utiles: «les participants passent toujours un moment sympathique. Nous les accueillons dans notre propre bois, entièrement aménagé avec un parcours du combattant, des équipements de bivouac dans les arbres. Et nous en profitons pour leur apprendre à gérer des situations difficiles». Un médecin forme au secourisme, un ancien commando explique les rudiments de la self-défense ou encore l'orientation... Tous veillent à développer l'esprit de cohésion. Et sans catastrophisme particulier: pour Gérard Kiss, vice-président de l'association, «ça, c'est surtout le côté américain...».

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