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Quand les Français donnent pour la survie de leurs restaurants
information fournie par Le Figaro05/02/2021 à 10:50

(Crédits photo : Unsplash - Andrew Seaman )

(Crédits photo : Unsplash - Andrew Seaman )

La situation sanitaire ne permet toujours pas d'envisager une date de réouverture des salles.

Alors que la situation sanitaire actuelle ne permet pas d'envisager une date de réouverture des salles, certains restaurateurs et bistrotiers peuvent compter sur la générosité de leurs clients. C'est le cas des gérants du Café de la place, à Alignan-du-Vent (Hérault), village de 1800 âmes. Pour soutenir, le jeune couple qui a repris ce bistrot en mai 2019, un groupe d'habitué a spontanément créé une cagnotte en ligne qui a déjà permis de récolter l'équivalent de deux mois de loyers. De quoi permettre à Charline Boy et Bastien Bournhol de repartir d'un bon pied le moment venu. « Ce bar est un lien social important dans un village en milieu rural », explique Hughues Marie, l'un des habitants à l'initiative de cette cagnotte. Un geste qui remonte le moral des gérants. « On ne s'y attendait pas. Ça nous fait chaud au cœur, ça fait du bien au moral, confie Charline. Pour nous c'est un soutien de plus, un encouragement à redémarrer quand ce sera possible ».

« On observe un véritable élan de solidarité qui s'inscrit dans le temps », souligne Michael Ballay, directeur associé chez Food Service Vision, cabinet d'études et de conseil centré sur le marché de la consommation hors domicile. « Cela montre que les Français sont très attachés à leur restaurant. Si d'un point de vue strictement financier le PGE (prêt garanti par l'État) permet aux restaurants de tenir, c'est aussi très important pour les restaurateurs de se sentir soutenus par leurs clients», ajoute-t-il, alors que le secteur de la restauration hors domicile a accusé une perte de 35% de son chiffre d'affaires annuel en 2020, selon Food Service Vision.

Signe d'attachement des Français à leurs bars et restaurants, ce genre d'élan de solidarité s'est particulièrement manifesté au début de la crise sanitaire. Sur la plateforme de financement participatif, KissKissBankBank, la plupart des appels aux dons ont d'ailleurs été lancés « durant le premier confinement et entre les deux confinements », indique-t-on. Au total, sur ce site, depuis le début de la crise sanitaire, 71 restaurants et bars ont bénéficié de dons, récoltant en moyenne 3000 euros par établissement.

Fin janvier, un restaurant à Nice, l'Escalinada a lancé un appel à aux dons sur cette plateforme pour racheter le fonds de commerce et a déjà récolté plus de 18.000 euros. « Une avance sur trésorerie » qui sera rendue aux participants de la cagnotte en bons repas à la réouverture du restaurant, expliquent les gérants de l'établissement qui se disent « touchés et surpris des messages de soutien» qu'ils reçoivent. «Des gens m'appellent et me disent qu'ils sont désolés, qu'ils n'ont que 20 euros à donner », témoigne Anthony Bastiand, cogérant du restaurant.

Entreprises et collectivités solidaires

L'élan de générosité envers des bars et restaurants ne vient pas seulement des particuliers. Les entreprises mettent aussi la main au portefeuille. En témoigne l'opération « J'aime mon bistrot », lancée au printemps dernier, à l'initiative d'un collectif d'une centaine de fabricants de boissons, de café ou brasseurs. Ou encore #PlaceAuxRestos, à l'initiative du grossiste Metro, qui a appelé au moment des fêtes de fin d'année, les maires à mettre à disposition des établissements des stands sur les marchés locaux, ou à organiser des marchés éphémères réservés à la restauration indépendante.

Les collectivités locales ne laissent pas non plus tomber leurs restaurants. À Lyon par exemple, dans la même veine que #PlaceAuxRestos, la ville met à disposition des restaurateurs et traiteurs, depuis le 31 janvier, des emplacements sur des marchés pour leur permettre de « développer leurs activités de vente à emporter et de commandes-retraits ». Et ce, jusqu'à la réouverture des restaurants. L'État reste bien sûr au chevet des restaurants et maintient ses dispositifs d'aides (activité partielle, fonds de solidarité, PGE). Mais aussi des actions plus spécifiques comme les tickets-restaurants de 2020 prolongés jusqu'à septembre 2021.

Les Français ont envie de retourner au restaurant

Dès que la situation sanitaire permettra la réouverture des restaurants, Michael Ballay de Food Service Vision se dit plutôt optimiste pour la reprise. « Les Français ont envie de retourner au restaurant. On l'a vu l'été dernier, les consommateurs ont globalement été au rendez-vous ». D'après la revue stratégique Food Service Vision, 73% des Français en novembre se disaient prêts à revenir au restaurant. « Évidemment il y aura des fermetures. Les établissements qui étaient déjà en mauvaise santé économique risquent de fermer. Mais il y a de vraies raisons d'y croire», anticipe-t-il.

Les cagnottes et autres dons des consommateurs à leur restaurant de quartier ne sauveront évidemment pas tous les établissements. D'après le GNI, (groupement national des indépendants hôtellerie, restauration et traiteurs), ces dons sont même « anecdotiques ». « L'élan a été plus fort lors du premier confinement », indique Pascal Mousset, président du GNI Paris Île-de-France, premier syndicat dans la région avec 6000 adhérents. « À Paris, où les loyers sont très élevés, on risque d'avoir un nombre extrêmement important d'établissements qui ne vont pas rouvrir ou finiront par baisser les bras. Notamment dans les quartiers très touristiques, qui vivent beaucoup de la clientèle étrangère, comme Montmartre ou les Champs-Élysées», note-t-il.

D'après lui, dans ces quartiers, 25 à 30% des établissements ne pourront pas tenir l'année 2021. Des restaurants du quartier d'affaires de la Défense, avec le déploiement du télétravail, risquent aussi de ne pas rouvrir, anticipe le représentant du GNI. En revanche, il se dit «plus «optimiste» pour les établissements situés en zones touristiques, ou même en banlieues, petits villages et villes moyennes. Des zones moins dépendantes de la clientèle étrangère ou d'affaires et qui pourront compter davantage sur une clientèle d'habitués.

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