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À l’approche de la fin d’année, les plateformes d’optimisation fiscale dopées à l’intelligence artificielle se multiplient. Fiscaly.ai ou TaxCut assurent identifier en quelques clics les dispositifs auxquels les contribuables ont droit. Entre promesses d’économies et craintes autour des données, ces outils séduisent… mais méritent d’être analysés de près.
Alors que 82 % des contribuables passent à côté de dispositifs fiscaux auxquels ils sont éligibles (sondage OpinionWay pour Quintésens Groupe, 2022), de nouveaux acteurs misent sur l’IA pour combler ce manque. Fiscaly.ai et TaxCut promettent d’optimiser la fiscalité de n’importe quel foyer imposable, du célibataire sans patrimoine au couple d’entrepreneurs. Les économies annoncées vont de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros par an. Et la promesse est simple : faire gagner du temps et éviter les oublis.
Selon TaxCut, optimiser ses impôts ne nécessite pas forcément de placer son argent. Les crédits d’impôt pour l’emploi à domicile, les frais de garde, les dons ou encore les frais réels seraient déjà largement sous-utilisés. Et pour les foyers ayant une capacité d’épargne, les recommandations s’étendent vers le PER, les FCPI, le Girardin industriel ou les Groupements forestiers d’investissement. Les ménages payant au moins 2 500 à 3 000 euros d’impôts sont particulièrement ciblés.
Un fonctionnement simplifié
Le principe est accessible : l’utilisateur télécharge son avis d’imposition ou répond à quelques questions. L’IA analyse alors sa situation fiscale pour proposer des pistes d’optimisation. Fiscaly.ai, développée par Colbr, combine algorithme et IA conversationnelle pour « vulgariser la fiscalité et suggérer des optimisations à l’euro près », comme l’explique Le Parisien . TaxCut détecte plus de 450 dispositifs, génère un bilan personnalisé et peut même préremplir des formulaires CERFA.
Confier ses informations fiscales à une IA suscite des réticences. Fiscaly.ai assure que les données sont traitées en Europe, cryptées et non stockées après analyse. « On utilise l’IA pour rendre le langage fiscal accessible, mais les calculs sont faits par notre algorithme propriétaire, pas par une IA généraliste », explique Gustav Sondén, cofondateur. De son côté, TaxCut garantit une anonymisation complète, un stockage en France et l’usage d’une IA française (Mistral).
Des recommandations utiles, mais rarement révolutionnaires
Les dispositifs proposés restent généralement connus : PER, Denormandie, GFI ou JEI. Mais leur méconnaissance demeure forte. « L’outil automatise ce travail d’analyse, c’est un vrai gain de temps et d’argent » , souligne Gustav Sondén. Fiscaly annonce en moyenne 3 000 euros d’économies potentielles, quand TaxCut évoque 2 500 euros. « Nous voulons redonner du pouvoir d’achat à tous les Français », défend Mathis Hauville, dirigeant de TaxCut.
Fiscaly.ai est gratuit pour le moment, tandis que TaxCut propose un abonnement allant de 59 à 189 euros par an, avec une formule gratuite pour un simple état des lieux. Si ces outils peuvent offrir de premières pistes, les experts appellent à la prudence. Pour Alfred Lortat-Jacob, avocat fiscaliste, ils « donnent des premières orientations très intéressantes », mais ne doivent pas être pris « pour argent comptant ». Notamment dans les situations complexes ou pour des décisions d’investissement. Une aide, donc, mais pas un substitut au conseil personnalisé.
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