Savez-vous ce qu'est une liste blanche en matière bancaire ? ( Crédits photo: © NDABCREATIVITY - stock.adobe.com)
Vous ne voulez pas que des escrocs puissent utiliser votre numéro de compte courant pour effectuer des prélèvements ? Voici tout ce que vous devez savoir sur une solution méconnue : la liste blanche.
1,2 million : voici le nombre de numéros de comptes bancaires volés à la Direction générale des finances publiques (DGFiP) il y a quelques semaines. Une situation qui est loin d'être isolée, puisque 5 millions d'IBAN avaient déjà été volés à Free en octobre 2024, et 6,5 millions à Bouygues Telecom en août 2025. Pour éviter que leur numéro de compte ne soit utilisé par des escrocs, les particuliers peuvent néanmoins recourir à une solution simple, mais elle aussi risquée : la liste blanche.
Pourquoi vos coordonnées bancaires sont-elles probablement dans la nature ?
Après les opérateurs téléphoniques, c'est au tour du Trésor public d'être touché par un vol de coordonnées bancaires. Le 18 septembre dernier, l'administration fiscale a en effet annoncé qu'environ 1,2 million de numéros de comptes courants, ou IBAN, avaient fuité. Résultat : il y a de plus en plus de chances que votre numéro de compte soit à la disposition d'escrocs. Heureusement, cette donnée est moins sensible qu'un numéro de carte bancaire ou qu'un carnet de chèques.
En effet, un numéro de compte bancaire ne peut être exploité que par l'intermédiaire de la mise en place d'un prélèvement frauduleux. Or, ce système est complexe à mettre en place. Le taux de fraude au prélèvement reste ainsi très faible. En 2024, il représentait seulement 0,7 % des cas de fraude, alors que le prélèvement représentait 14,2 % des paiements hors argent liquide. Malgré tout, il est possible de se prémunir de ce type de fraude bancaire grâce à la mise en place d'une liste blanche.
A lire aussi: Fraude bancaire : qu'est-ce que le shimming, cette arnaque qui peut vous coûter cher ?
Qu'est-ce qu'une "liste blanche" de créanciers autorisés à effectuer des prélèvements ?
Vous ne voulez pas que votre RIB puisse être utilisé par des escrocs ? Vous pouvez mettre en place un système de liste blanche. Le principe ? Seuls les créanciers inscrits sur cette liste, à votre initiative, sont autorisés à réaliser des prélèvements sur votre compte courant. Les prélèvements de créanciers qui n'y figurent pas sont quant à eux automatiquement rejetés par votre banque. Un système que les banques sont obligées de proposer depuis l'entrée en vigueur du règlement européen SEPA en 2014.
La liste blanche apporte donc davantage de sécurité dans un contexte de recrudescence des cas de vol de coordonnées bancaires. Pour autant, cette solution reste encore aujourd'hui très peu utilisée et mise en avant par les établissements bancaires.
Quels sont les inconvénients du système de liste blanche de créanciers ?
Si le système de liste blanche est très peu connu du grand public, ce n'est pas sans raison. En effet, cette méthode a ses défauts. Bien que toutes les banques proposent ce service, il n'est pas toujours possible d'effectuer soi-même l'enregistrement des créanciers autorisés à réaliser des prélèvements sur son compte courant, même dans certaines banques en ligne. Il est donc parfois nécessaire de passer par son agence bancaire ou par le service client de sa banque, voire par le remplissage d'un formulaire papier.
Mais surtout, le système de liste blanche implique qu'en cas d'oubli de déclarer un créancier autorisé, les prélèvements seront rejetés, ce qui peut engendrer des contentieux, par exemple à l'occasion d'un changement de fournisseur d'énergie ou d'opérateur téléphonique. En outre, l'ajout d'un créancier n'est pas toujours gratuit. À La Banque Postale, il faut ainsi s'acquitter de 12,80 euros par ajout de créancier sur une liste blanche.

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer