par Alexander Cornwell et Rami Ayyub
Les Etats-Unis songent à demander à Israël d'utiliser l'argent collecté auprès des contribuables palestiniens pour financer le Conseil de la paix de Donald Trump, chargé de reconstruire la bande de Gaza, a-t-on appris de sources proches du dossier.
L'administration Trump n'a pas encore pris la décision de formuler une requête officielle auprès d'Israël, selon trois de ces sources, des responsables au fait des délibérations américaines avec Israël.
Les deux autres sources, palestiniennes, avancent que dans le cadre de cette proposition, une partie de l'argent récolté irait vers le gouvernement de transition palestinien chargé de diriger Gaza avec le soutien de Washington (Comité national pour l'administration de Gaza, CNAG), tandis qu'une autre portion du montant serait transférée à l'Autorité palestinienne (AP), à la condition qu'elle engage des réformes.
L'Autorité palestinienne dirige une partie de la Cisjordanie occupée mais a été exclue de la bande de Gaza après la prise de contrôle de l'enclave palestinienne par le Hamas en 2007.
Dans le cadre d'un accord noué de longue date, Israël collecte des impôts sur les biens palestiniens avant de transférer les revenus à l'Autorité palestinienne qui utilise ces fonds pour couvrir les salaires de ses fonctionnaires et le fonctionnement de son service public.
Mais le département d'Etat américain et le gouvernement israélien n'ont cessé d'appeler l'Autorité palestinienne à suspendre ses versements à des familles palestiniennes victimes des forces israéliennes, arguant que cela nourrissait la violence.
Malgré une réforme engagée par l'AP, Israël a suspendu le transfert des fonds vers l'organisation dirigée par Mahmoud Abbas, qui avance un manque à gagner de 5 milliards de dollars, bien plus que son budget annuel.
La suspension de ces transferts a alimenté une crise économique en Cisjordanie occupée, forçant l'AP à baisser les salaires de ses fonctionnaires.
La perspective de voir les recettes fiscales des Palestiniens réaffectées au plan de reconstruction de Gaza, sur lequel leur gouvernement n'a pas eu son mot à dire, pourrait marginaliser davantage l'Autorité palestinienne.
Le Conseil de la paix créé par Donald Trump pour mettre en oeuvre son plan pour l'avenir de la bande de Gaza sans le Hamas n'a reçu qu'une petite fraction des 17 milliards de dollars promis et fait face à la réticence de la milice chiite.
Le Conseil de la paix n'a pas répondu à une demande de commentaire sur la possibilité d'avoir recours à l'argent des contribuables palestiniens.
Un membre du conseil avance que l'entité a demandé à toutes les parties de lever des fonds à hauteur de 70 milliards de dollars pour le plan de reconstruction de Donald Trump.
"Cela inclut l'Autorité palestinienne et Israël. Il n'y a aucun doute sur le fait que l'argent qui dort dans les banques n'aide pas le plan en 20 points du président."
Israël a été invité à rejoindre le Conseil de la paix pour Gaza, au contraire de l'AP.
(Reportage d'Alexander Cornwell et Rami Ayyub à Jérusalem, avec la contribution de Steve Holland à Washington et Ali Sawafta à Ramallah ; version française Zhifan Liu)

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