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USA-Biden dénonce l'attitude de Trump à l'égard de la démocratie dans son discours sur l'état de l'Union
information fournie par Reuters 08/03/2024 à 04:22

par Jeff Mason, Gabriella Borter et Idrees Ali

Le président américain Joe Biden a déclaré jeudi que la démocratie était menacée dans son pays et à l'étranger et a qualifié d'inacceptable la position de son prédécesseur, Donald Trump, sur l'Otan lors de son quatrième discours sur l'état de l'Union.

Joe Biden, qui s'exprimait devant les deux chambres du Congrès, a commencé par critiquer directement Donald Trump pour ses déclarations invitant le président russe Vladimir Poutine à envahir des pays de l'Otan s'ils ne dépensaient pas davantage pour leur défense.

"Aujourd'hui, mon prédécesseur, un ancien président républicain, dit à Poutine, je cite: 'Faites ce que vous voulez'", a dit Joe Biden. "Je pense que c'est scandaleux, dangereux et inacceptable."

Le président démocrate, qui fait pression sur le Congrès pour qu'il vote l'aide à l'Ukraine, a également adressé un message à Vladimir Poutine: "Nous ne nous déroberons pas", a-t-il dit.

Joe Biden a souligné combien il se distinguait de Donald Trump, notamment sur les questions de la démocratie, du droit à l'avortement et de l'économie.

Les démocrates espèrent que le discours de Joe Biden convaincra les électeurs qu'il demeure la meilleure alternative à un retour au pouvoir de Donald Trump, promis à l'investiture républicaine après le retrait de Nikki Haley des primaires au lendemain du "Super Tuesday".

Joe Biden, dont la cote de popularité est faible, est confronté au mécontentement de certains démocrates progressistes, opposés à sa politique pro-israélienne, et à celui des républicains, qui critiquent sa politique en matière d'immigration.

Certains membres du Congrès portaient des badges appelant à un cessez-le-feu en signe de protestation, mais beaucoup ont scandé "Quatre ans de plus!" lorsque le président est entré dans l'hémicycle.

Joe Biden s'est une nouvelle fois présenté devant le Congrès en protecteur de la démocratie face à un Donald Trump qui continue d'affirmer contre toute évidence que l'élection de 2020 a été truquée et qui menace de jeter en prison quiconque s'opposera à lui.

"La vie m'a appris à embrasser la liberté et la démocratie. Un avenir fondé sur les valeurs fondamentales qui ont défini l'Amérique: l'honnêteté, la décence, la dignité, l'égalité", dira Joe Biden, selon des extraits du discours publiés à l'avance. "Aujourd'hui, d'autres personnes de mon âge s'en font une autre histoire: une histoire faite de ressentiment, de vengeance et de châtiment. Ce n'est pas qui je suis."

L'ÂGE ET L'ÉCONOMIE EN QUESTION Les sondages donnent Joe Biden, 81 ans, et Donald Trump, 77 ans, au coude-à-coude aussi bien au niveau national que dans les "swing states", ces Etats qui votent tantôt démocrate, tantôt républicain, où l'issue du scrutin du 5 novembre se jouera encore une fois cette année.

En faisant référence à "d'autres personnes de mon âge" Joe Biden tentera de souligner que Donald Trump est, lui aussi, âgé. Le président américain, qui doit rassurer sur ses aptitudes physiques et cognitives après une série de lapsus et faux-pas, ne devrait pas mentionner le nom de Donald Trump lors de son discours.

Le locataire de la Maison blanche a cherché à redorer son blason auprès des Américains en mettant en avant la solidité de l'économie américaine et en réitérant sa volonté de faire payer plus d'impôts aux personnes fortunées et aux entreprises, en soumettant notamment au Congrès une nouvelle proposition visant à relever le niveau d'imposition minimum des entreprises et des Américains dont la fortune dépasse 100 millions de dollars.

Une telle réforme fiscale a peu de chances d'aboutir, à moins que les démocrates n'obtiennent la majorité au Sénat et à la Chambre des représentants, en plus de remporter la Maison blanche en novembre prochain.

L'économie américaine affiche une forte croissance de l'emploi, des salaires et des dépenses de consommation malgré la persistance des taux d'intérêts élevés imposés par la Réserve fédérale pour juguler l'inflation.

Malgré ce bon bilan, une majorité d'Américains dit faire davantage confiance à Donald Trump pour gérer l'économie.

"Joe Biden fuit son bilan (...) pour échapper à la responsabilité de l'horrible dévastation que lui et son parti ont créée", a écrit Donald Trump dans un message publié sur son réseau social avant le début du discours sur l'état de l'Union.

(Reportage Jeff Mason, Gabriella Borter, Idrees Ali et Steve Holland, avec la contribution de David Lawder, David Morgan, Jonathan Landay, Susan Heavey, Makini Brice, Katharine Jackson et Paul Grant; version française Camille Raynaud)

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