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Taux d’emprunt à 4,95%: quelles conséquences pour les ménages et les entreprises?

information fournie par Le Particulier 02/10/2026 à 15:29

La hausse du taux français à 10 ans renchérit les crédits et peut freiner immobilier, investissements et consommation, dans une économie déjà fragilisée. ( crédit photo : Getty Images )

La hausse du taux français à 10 ans renchérit les crédits et peut freiner immobilier, investissements et consommation, dans une économie déjà fragilisée. ( crédit photo : Getty Images )

La remontée du taux français à 10 ans à plus de 4,95% renchérit progressivement le coût de l’argent. Crédit immobilier, financement des entreprises, investissements : cette situation risque d’obliger les ménages comme les professionnels à revoir leurs arbitrages. Avec à la clé un risque majeur : un ralentissement supplémentaire pour une économie française déjà fragilisée.

Sommaire:

  • Quand les taux pèsent sur la croissance
  • Des crédits immobiliers plus coûteux
  • Entreprises: le coût du capital s’élèv e
  • Un risque de ralentissement plus large

Quand les taux pèsent sur la croissance

Le taux d’emprunt de la France à 10 ans - l’OAT, qui sert de référence pour le financement de l‘État - a dépassé les 4,95 % ce jeudi 1er octobre, un niveau inédit depuis 2002. Au-delà du poids croissant de la charge de la dette publique - devenue l’un des principaux postes de dépenses de l’État -, la remontée des taux commence également à se faire sentir dans l’économie réelle. Financement des entreprises, investissements, crédit immobilier… les ménages comme les entreprises peuvent ainsi être amenés à revoir certains de leurs arbitrages.

Des crédits immobiliers plus coûteux

Pour les particuliers, le premier canal de transmission reste le logement. Si le taux de l’OAT à dix ans ne correspond pas directement au taux d’un prêt immobilier, il constitue l’un des principaux repères pour les banques lorsqu’elles fixent leurs conditions de financement. En septembre, les taux moyens des crédits immobiliers se situaient ainsi autour de 3,4% sur 15 ans, 3,5% sur 20 ans et 3,6% sur 25 ans, selon les courtiers. Ces niveaux renchérissent le coût des emprunts et réduisent, à mensualité constante, la capacité d’achat des ménages.

Pour un projet de 250.000 ou 300.000 euros, cela se traduit par plusieurs milliers d’euros de surcoût sur la durée du prêt, ou par l’obligation de viser un bien plus petit, moins bien situé, ou d’abandonner purement et simplement l’achat. Dans sa dernière enquête sur le parc de logements en France au 1er janvier 2026, publiée le 30 septembre, l’Insee note un fléchissement de la part des ménages propriétaires accédants. Celle-ci est en effet passée de 21,4% à 19,8% entre 2020 et 2026, dans un contexte où l’accession à la propriété s’est également trouvée freinée par la hausse des taux de crédit.

Entreprises: le coût du capital s’élèv e

Le phénomène concerne également les entreprises. Pour financer une usine, acheter des équipements, ouvrir un site ou simplement renforcer leur trésorerie, elles doivent recourir au crédit bancaire ou aux marchés financiers. Or le coût de ces financements augmente. La Banque de France constate déjà cette remontée: en juillet 2026, le coût moyen des nouveaux financements des sociétés non financières a atteint 3,76%(1), contre 3,56% en mai.

Toutes les entreprises ne sont toutefois pas logées à la même enseigne. Les grands groupes disposent de marges de manœuvre pour accéder directement aux marchés ou mobiliser leur trésorerie. À l’inverse, les PME, plus dépendantes du crédit bancaire, subissent des conditions plus strictes - le coût de leurs nouveaux financements atteignant 3,72% en juillet, contre 3,62% pour les grandes entreprises.

Si le coût du financement augmente, un investissement rentable au premier abord perd de son attrait. Une entreprise peut alors repousser l’achat d’une machine, réduire la voilure d’un projet immobilier ou différer l’ouverture d’un nouveau site. La priorité donnée à la préservation de la trésorerie plutôt qu’à l’expansion peut se traduire par une baisse des recrutements ou le gel de plans d’embauche.

Un risque de ralentissement plus large

Cette transmission progressive aux entreprises et aux ménages constitue le principal enjeu économique de taux d’emprunt élevés. Elle contraint l‘économie à entrer dans une forme de spirale de sobriété, où le crédit cher freine l’investissement, l’emploi et l’accès à la propriété. Au cœur de cette dynamique, la confiance joue aussi un rôle décisif, car elle insuffle l’audace nécessaire aux acteurs économiques pour entreprendre et faire progresser l’activité. Cette situation oblige enfin l‘État à renforcer sa chasse aux économies pour réduire la charge de la dette - c’est-à-dire les intérêts versés aux détenteurs des titres de dette publique -, laquelle devrait atteindre 91 milliards d’euros en 2027.

L’enjeu des prochains mois - et des prochaines années - sera de restaurer la confiance des marchés dans la solidité des finances publiques françaises, alors que le gouvernement a présenté jeudi 1er octobre ses projets de budget pour 2027, avec 43 milliards d’euros de mesures de redressement destinées à ramener le déficit public à 5% du PIB.

Sources:

(1) Banque de France - «Financement des entreprises - 2026-07» - Lien .

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