( AFP / WILLIAM WEST )
Le marché immobilier français n'a pas été à la hauteur des espoirs de reprise du secteur au premier semestre, frappé par la guerre au Moyen-Orient et son impact sur les taux d'intérêt, et certains réseaux d'agences immobilières s'attendent à pire pour le reste de l'année.
Au cours du premier semestre 2026, le réseau Orpi a enregistré une baisse du nombre de transactions de logements existants, de 0,7%, par rapport à la même période de 2025. Le repli est de 2,3% pour Laforêt, de 7% pour Foncia, tandis que les ventes sont restées stables chez Century 21.
Quant aux prix, Laforêt observe une baisse de 1,8% du prix au m², Foncia et Century relèvent des valeurs restées stables sur un an.
En début d'année, "on voyait les planètes s'aligner avec des taux d'intérêt qui se stabilisaient", a indiqué Charles Marinakis, président de Century 21.
Mais ensuite, la guerre au Moyen-Orient a contribué à relancer l'inflation via la flambée des prix de l'énergie et a fait craindre une nouvelle hausse des taux d'intérêt, semant le doute auprès des Français, qui ont été "nombreux à différer leur projet immobilier, parfois de quelques semaines, parfois davantage", selon Laforêt.
La situation s'est dégradée au fur et à mesure du semestre, jusqu'à tomber à un niveau "jamais vu" pour Foncia en mai-juin, avec des transactions en baisse de 15% sur un an, a rapporté Jordan Frarier, président de Foncia transaction, développement et location.
Il constate aussi une hausse de 11% des annulations de compromis de vente, "certains reviennent sur leur décision", d'autres n'obtiennent pas d'emprunt immobilier.
"Le maintien des prix et le financement restent des conditions sine qua non de la reprise réelle du marché", estime Guillaume Martinaud, président du réseau Orpi, qui en appelle aux banques "pour permettre aux Français de réaliser leur projet d'achat".
Pour Charles Marinakis, ce sont désormais les ménages qui achètent leur premier bien immobilier via un prêt, les "primo-accédants", qui "font le marché", tandis que les secundo-accédants, qui revendent un logement pour en acheter un autre, sont "empêchés" en raison des taux d'intérêt plus élevés qu'auparavant.
Il prévoit que le nombre de ventes "va plonger au second semestre" et restera baissier "si les prix ne diminuent pas et que les taux ne reculent pas".
Quant au marché locatif, il reste en pénurie d'offre. Le taux de rotation des logements gérés par Foncia a reculé de 2,5% et le nombre de départs de locataires s'est réduit de 7% en un an.
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