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Dans plusieurs grandes villes, les prix de l’immobilier reculent enfin. Une bonne nouvelle pour les acheteurs, à condition de bien choisir son moment.
Après plusieurs années de tensions et de flambée des prix, le marché immobilier français change de visage. En 2026, les acheteurs retrouvent un peu d’air dans plusieurs grandes villes où les prix commencent à reculer de manière plus visible. Si la baisse reste mesurée à l’échelle nationale, certains marchés locaux offrent désormais davantage de marge de négociation et redonnent du pouvoir aux ménages qui avaient mis leur projet immobilier en pause. Pour autant, cette nouvelle fenêtre ne signifie pas qu’il faut acheter n’importe où ni à n’importe quel prix.
Des baisses encore mesurées, mais un vrai pouvoir de négociation
Les derniers chiffres publiés par le réseau Laforêt montrent que six grandes villes enregistrent des reculs plus marqués depuis la fin de l’année 2025. Brest, Strasbourg, Marseille, Dijon, Rennes et Nice voient leurs prix légèrement décrocher au premier trimestre 2026, alors même que le marché français reste globalement stable. À Brest, le prix moyen tourne désormais autour de 2 342 euros le mètre carré après une baisse de 1,4 % en trois mois. Strasbourg suit avec un recul de 1,2 %, tandis que Marseille perd 0,7 %. Dijon, Rennes et Nice enregistrent aussi un tassement, plus modéré, mais suffisant pour changer le rapport de force entre vendeurs et acheteurs.
Cette évolution s’explique surtout par un marché qui se rééquilibre progressivement. L’offre de biens repart à la hausse alors que la demande progresse beaucoup moins vite. Résultat, les logements restent plus longtemps sur le marché et les vendeurs acceptent davantage de négocier. En moyenne, un bien met aujourd’hui plus de cent jours à trouver preneur au niveau national. Dans ce contexte, les discussions sur les prix deviennent presque systématiques. Selon les données relayées par Laforêt, huit ventes sur dix donnent désormais lieu à une négociation. Pour un appartement affiché à 300 000 euros, cela peut représenter plusieurs milliers d’euros économisés à l’achat.
Primo-accédants : une fenêtre plus favorable s’ouvre
Ce retour de la négociation attire particulièrement les primo-accédants, pénalisés ces dernières années par la hausse des taux et des prix. Les acheteurs qui revendent un premier bien pour acheter plus grand y trouvent aussi un terrain plus favorable. Marseille, par exemple, continue d’attirer grâce à des prix encore inférieurs à ceux d’autres grandes métropoles françaises, malgré son attractivité croissante. Rennes ou Strasbourg, longtemps très dynamiques, montrent désormais des signes d’essoufflement qui permettent aux acheteurs de revenir dans le jeu avec davantage de marge.
À l’échelle nationale pourtant, le scénario d’un effondrement du marché ne se confirme pas. Les données de l’INSEE montrent plutôt une phase de stabilisation après la correction observée entre 2022 et 2024. Les prix des appartements anciens ont légèrement progressé en 2025, tandis que ceux des maisons restent quasiment stables. Les chiffres de la plateforme Bien’ici vont dans le même sens : les appartements conservent globalement leur valeur, mais certains marchés locaux connaissent des ajustements beaucoup plus marqués, notamment sur les grandes surfaces familiales comme les T3.
Marché en recul : comment distinguer l’opportunité du piège
Dans certaines villes moyennes, les corrections deviennent même spectaculaires. Bien’ici observe des baisses de près de 30 % sur certains segments dans des communes comme Malakoff ou Creil. D’autres plateformes, comme Fonciris, relèvent des reculs encore plus impressionnants dans certaines petites communes françaises. Mais derrière ces chiffres parfois vertigineux se cachent souvent des marchés très peu dynamiques, avec peu de transactions, des logements anciens difficiles à revendre ou nécessitant d’importants travaux. Une forte baisse ne constitue donc pas automatiquement une bonne affaire.
Acheter dans une ville où les prix baissent peut malgré tout représenter une opportunité intéressante, à condition de rester prudent. Les grandes villes comme Brest, Strasbourg, Marseille, Rennes, Dijon ou Nice présentent un avantage important : même si les prix reculent, elles conservent une activité économique solide, des transports développés et une demande locative réelle. Avant de se lancer, mieux vaut comparer les prix affichés aux prix réellement signés, vérifier l’état du logement et anticiper les éventuels travaux, notamment sur les biens mal classés au diagnostic énergétique. Dans un marché plus favorable aux acheteurs, prendre son temps devient sans doute le meilleur moyen de réaliser une bonne opération.
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