Les taux des crédits immobiliers pourraient dépasser 4 % d’ici le premier trimestre 2027. Illustration. (Loufre / Pixabay)
La dette française coûte plus cher. Le taux auquel l’État emprunte sur dix ans, c’est-à-dire ce que les investisseurs réclament pour lui prêter, s'est établi à 4,93 % ce mardi 20 octobre 2026, rapporte Capital . Le lendemain, celui-ci a même atteint un niveau inédit depuis 2002, franchissant le seuil des 5 %, précise BFM Business .
Des taux immobiliers au-dessus de 4 %
Cette hausse « est dans la vie quotidienne de tous les Français » , alertait mi-octobre le ministre des Comptes publics, David Amiel. Certains craignent même qu'elle ne se répercute sur le financement des entreprises et des ménages. Maxime Darmet, économiste chez Allianz Trade, prévoit que les taux des crédits du secteur privé réagissent d’ici trois à six mois.
Les taux des crédits immobiliers suivent ceux de l’État. Ils oscillent actuellement entre 3,2 % et 3,5 %, mais pourraient dépasser 4 % d’ici le premier trimestre 2027, selon Maxime Darmet. La reprise du marché attendue depuis 2023-2024 est « tuée dans l’œuf » , juge-t-il ainsi. Quand les taux grimpent, les ménages modestes sont les premiers à ne peut plus pouvoir acheter, puis une partie de la classe moyenne suit. Loïc Cantin, président de la fédération Fnaim, rappelle que, dans le même temps, les salaires progressent peu et que les dépenses alimentaires et d’énergie augmentent. Le marché du neuf, qui traverse une crise depuis quatre ans, en souffrirait aussi.
Banques, consommation et entreprises touchées
Les banques françaises détiennent beaucoup de dettes de l’État. Quand les taux montent, la valeur de ces titres baisse, ce qui leur inflige des pertes, explique Éric Dor, de l’école de commerce Ieseg. Le cours de leurs actions en bourse recule depuis août. Elles peuvent « absorber le choc » , selon le spécialiste, mais pourraient relever leurs taux de crédit pour préserver leur rentabilité.
Le crédit à la consommation, autour de 6 %, pourrait ainsi atteindre 7 % à 7,5 % d’ici la fin du premier trimestre 2027, d'après Maxime Darmet. Les entreprises paieront aussi leurs emprunts plus chers. Éric Dor craint que l’investissement en souffre, tandis que Maxime Darmet s'attend à ce que les faillites restent très nombreuses.
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement