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Retraite des prêtres et religieux : un régime méconnu, comment fonctionne-t-il ?

information fournie par Boursorama avec LabSense 07/06/2026 à 08:30
Contrairement aux salariés classiques, les prêtres ne relèvent pas du régime général du travail. Leur retraite repose sur un système spécifique, largement financé par l’Église et les dons des fidèles. Entre pension modeste, solidarité diocésaine et maintien d’une mission après 65 ans, le fonctionnement de ce régime reste peu connu du grand public. Explications.

Retraite des prêtres et religieux : un régime méconnu, comment fonctionne-t-il ? / iStock.com - SeventyFour

Retraite des prêtres et religieux : un régime méconnu, comment fonctionne-t-il ? / iStock.com - SeventyFour

Un statut particulier, hors du salariat classique

En France, les prêtres diocésains ne disposent pas de contrat de travail. Leur situation est encadrée par le droit canonique et non par le Code du travail. Lors de leur ordination, ils s’engagent à vie au service d’un diocèse et de leur évêque. En retour, celui-ci s’engage à assurer leur prise en charge matérielle tout au long de leur existence. Les prêtres ne perçoivent donc pas un salaire au sens classique du terme, mais une indemnité mensuelle destinée à couvrir leurs besoins courants. En 2025, cette indemnité varie généralement entre 950 et 1 150 euros nets par mois selon les diocèses. Une partie de cette somme provient des honoraires de messe, fixés nationalement à 18 euros par célébration. Les prêtres bénéficient aussi d’avantages en nature, notamment le logement dans des presbytères appartenant aux paroisses ou aux diocèses.

La CAVIMAC au cœur du système de retraite

Comme les religieux et les membres des cultes, les prêtres cotisent à la CAVIMAC, la Caisse d’assurance vieillesse, invalidité et maladie des cultes. C’est cet organisme qui verse leur pension de retraite à partir de 65 ans. Le montant des pensions reste toutefois très faible. En 2025, la retraite versée par la CAVIMAC oscillait généralement entre 400 et 650 euros mensuels. À titre d'exemple, la pension maximale atteint environ 448 euros par mois dans le diocèse d'Angers. Ce niveau est bien inférieur à la retraite moyenne des Français. Pour éviter que les anciens prêtres ne vivent avec des revenus trop faibles, les diocèses complètent souvent cette pension grâce aux dons des fidèles. Dans plusieurs diocèses, l’objectif est de garantir un revenu proche de celui touché pendant la période d’activité, soit environ 1 035 euros mensuels.

Une retraite qui ne signifie pas forcément l’arrêt des missions

À partir de 65 ans, le prêtre devient officiellement « pensionné ». Mais cela ne signifie pas nécessairement qu’il cesse son activité. Jusqu’à 75 ans, il conserve généralement une mission pastorale dans son diocèse, sauf problème de santé ou impossibilité particulière. Après 75 ans, il entre dans la catégorie des « prêtres aînés ». Certains continuent d’exercer des fonctions avec l’accord de l’évêque. D’autres choisissent de se retirer progressivement. Dans plusieurs diocèses français, une part importante des prêtres âgés poursuit encore une activité pastorale, faute de relève suffisante. Aujourd’hui, la moitié des quelque 15 000 prêtres français a plus de 75 ans. L’Église reste responsable de leurs conditions de vie. Le droit canonique prévoit d’ailleurs que l’évêque doit assurer « un logement et une subsistance convenable » aux prêtres retraités.

Un système financé presque exclusivement par les dons

Depuis la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, les prêtres diocésains ne sont plus rémunérés par l’État en France métropolitaine, à l’exception du régime particulier d’Alsace-Moselle. Le financement repose essentiellement sur les dons des fidèles. Le Denier de l’Église constitue la principale ressource des diocèses. À l’échelle nationale, cette collecte représente environ 200 millions d’euros par an.

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