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Beaucoup de retraités privilégient la sécurité du compte courant. Mais pour une partie de leur pension, d’autres solutions peuvent être plus adaptées.
Au moment de la retraite, la prudence devient souvent une priorité. Après des années de travail, beaucoup de Français préfèrent garder leur pension bien visible sur leur compte courant, prête à être utilisée en cas de facture imprévue, de dépense de santé ou d’aide à apporter à un proche. Ce réflexe paraît rassurant. L’argent est disponible, la carte bancaire fonctionne, les prélèvements passent et le solde reste facile à consulter. Pourtant, cette organisation apparemment raisonnable peut coûter cher avec le temps. Un compte courant n’est pas un placement. Il sert à recevoir de l’argent et à payer les dépenses du quotidien, mais il ne le fait pas fructifier.
L’erreur fréquente qui grignote le pouvoir d’achat des retraités
Le piège est discret, car il ne se voit pas immédiatement sur le relevé bancaire. Une somme de 10 000 euros laissée pendant un an sur un compte courant affichera toujours 10 000 euros quelques mois plus tard, si elle n’a pas été utilisée. En apparence, rien n’a été perdu. Mais dans les faits, lorsque les prix augmentent, cet argent permet d’acheter moins de choses qu’auparavant. C’est ce que l’on appelle l’érosion du pouvoir d’achat. Le compte courant donne donc une impression de stabilité, alors qu’il laisse l’épargne immobile. Pour une pension de retraite, souvent pensée au centime près, cette différence peut devenir importante au fil des années.
Il ne s’agit pas de prendre des risques inutiles avec l’argent de sa retraite. Au contraire, l’enjeu est de distinguer les sommes utiles au quotidien de celles qui peuvent être mises de côté sans être bloquées. Le compte courant doit rester un compte de passage : la pension y arrive, les charges fixes en partent, les dépenses du mois y sont réglées. Mais l’argent qui n’a pas vocation à être utilisé immédiatement peut être orienté vers des supports simples, sécurisés et disponibles. Cette nuance change beaucoup de choses. Elle permet de conserver de la souplesse tout en évitant de laisser dormir une partie de sa pension à 0 %.
Les livrets réglementés, une solution pour sécuriser son épargne
Les livrets réglementés répondent précisément à ce besoin de sécurité. Pour les retraités éligibles, le Livret d’Épargne Populaire peut être une première piste intéressante, car il est réservé aux revenus modestes et bénéficie d’une rémunération nette d’impôt et de prélèvements sociaux. Son plafond de versement est fixé à 10 000 euros, ce qui en fait un outil adapté pour une épargne de précaution. L’argent reste disponible à tout moment, sans risque de perte en capital. Pour ouvrir ce livret, la banque s’appuie sur le revenu fiscal de référence indiqué sur l’avis d’imposition. Autrement dit, il ne s’adresse pas à tous les retraités, mais ceux qui y ont droit ont intérêt à s’y intéresser.
Une fois ce premier livret rempli, ou lorsque l’on n’est pas éligible au LEP, le Livret A et le LDDS peuvent prendre le relais. Eux aussi sont sécurisés, accessibles et exonérés d’impôt. Le Livret A, ouvert à tous, permet de placer une partie de son épargne sans l’immobiliser, dans la limite de son plafond. Le LDDS fonctionne sur une logique proche et peut compléter l’organisation. Ces produits n’ont pas vocation à enrichir rapidement. Leur intérêt est ailleurs : ils évitent que l’argent disponible reste totalement improductif sur un compte courant. Pour un retraité, cela permet de garder une réserve mobilisable, tout en préservant un peu mieux son pouvoir d’achat.
Ce petit automatisme qui peut changer la gestion de votre pension
Encore faut-il adopter le bon rythme. Les intérêts des livrets réglementés sont calculés par quinzaine, généralement le 1ᵉʳ et le 16 de chaque mois. Ce détail, souvent négligé, peut aider à mieux organiser ses virements. Lorsqu’une pension arrive sur le compte courant, il peut être judicieux de programmer automatiquement un transfert vers un livret, après avoir laissé sur le compte la somme nécessaire aux dépenses courantes. Cette méthode évite les oublis et réduit la tentation de laisser une réserve trop importante dormir inutilement. Elle permet aussi de mettre en place une routine simple, sans avoir à surveiller ses comptes tous les jours.
Le bon réflexe n’est donc pas de vider son compte courant, mais de lui redonner son vrai rôle. Il doit servir à gérer le mois, pas à accueillir durablement l’épargne de retraite. Conserver une marge pour les prélèvements, les courses et les imprévus immédiats reste indispensable. Mais au-delà de ce montant, les livrets réglementés offrent une solution plus adaptée pour une épargne prudente, disponible et rémunérée. À la retraite, chaque euro compte davantage. Le laisser immobile sur un compte à 0 % revient souvent à perdre sans s’en rendre compte. Mieux répartir sa pension, même avec de petits virements réguliers, peut donc faire une vraie différence sur la durée.
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