PER, assurance-vie, livrets : où placer un capital reçu en héritage ? / iStock.com - Nutthaseth Vanchaichana
Attention à ne pas investir dans la précipitation
Un héritage intervient souvent dans un contexte émotionnel marqué par un deuil et de nombreuses démarches administratives. Dans ces circonstances, la tentation est parfois grande de placer rapidement le capital ou de suivre le premier conseil reçu. Pourtant, agir dans l'urgence peut conduire à un placement mal adapté à ses besoins, à son horizon d'investissement ou à sa situation fiscale. La première étape consiste donc à mettre temporairement l'argent en sécurité. Les livrets réglementés, comme le Livret A ou le LDDS, permettent de conserver un capital disponible sans risque de perte, dans la limite de leurs plafonds. Pour des sommes plus importantes, les fonds en euros d'un contrat d'assurance-vie peuvent également servir de solution d'attente le temps de définir une véritable stratégie patrimoniale.
L'assurance-vie, un placement flexible pour de nombreux projets
Lorsque l'horizon d'investissement dépasse quelques années, l'assurance-vie est l'un des placements les plus polyvalents. En effet, elle permet de répartir son épargne entre des fonds en euros, qui privilégient la sécurité du capital, et des unités de compte investies sur les marchés financiers ou immobiliers, dont le potentiel de rendement est plus élevé mais qui présentent un risque de perte. Ce contrat offre aussi une grande souplesse, puisque les versements et les retraits restent possibles à tout moment. Autre avantage, sa fiscalité devient plus favorable après huit ans de détention. Ouvrir un contrat rapidement permet ainsi de faire courir ce délai, même si le capital est investi progressivement par la suite.
PER, immobilier et SCPI : des solutions pour le long terme
Pour un capital dont on n'a pas besoin avant plusieurs années, d'autres placements peuvent compléter une stratégie de diversification. Le plan d'épargne retraite (PER) s'adresse avant tout aux épargnants qui souhaitent préparer leur retraite. Les versements peuvent ouvrir droit à un avantage fiscal, en contrepartie d'une épargne généralement bloquée jusqu'au départ à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi. L'immobilier peut également être intéressant. En effet, certains héritiers utilisent leur capital comme apport pour financer un investissement locatif. D'autres privilégient les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI), qui permettent d'investir dans l'immobilier sans gérer directement un bien. Les SCPI offrent une exposition à différents actifs immobiliers, mais elles doivent s'inscrire dans une stratégie diversifiée et être envisagées sur un horizon de long terme.
Diversifier plutôt que tout miser sur un seul placement
Quelle que soit la somme héritée, concentrer l'ensemble du capital sur un seul support est généralement une mauvaise idée. En effet, répartir son épargne entre plusieurs placements permet de mieux équilibrer sécurité, disponibilité et potentiel de rendement. Les investisseurs disposant déjà d'un patrimoine diversifié peuvent également envisager des placements plus spécialisés, comme le private equity, qui consiste à investir dans des entreprises non cotées. Ce type d'investissement s'adresse toutefois à des profils expérimentés, capables d'immobiliser leur capital pendant plusieurs années et d'accepter un risque de perte plus élevé.
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