Renforcer la preuve de la crédibilité de la finance durable, tel est l'objectif affiché dans un récent rapport de l'AMF ( Crédits photo:123RF)
Promettre une trajectoire verte ne suffit plus : encore faut-il démontrer qu'elle est crédible. Dans un rapport publié en septembre 2026, l'Autorité des marchés financiers propose de renforcer les garde-fous entourant les futurs produits financiers « Transition » et « Durables ».
Un enjeu technique, mais décisif pour la lisibilité des placements responsables.
De la promesse à la preuve
Derrière l'acronyme SFDR se cache un texte de référence dans l'univers de l'investissement responsable. Ce règlement européen organise les informations que les professionnels de la finance doivent publier sur la manière dont leurs produits prennent en compte les enjeux de durabilité. Alors que sa révision, baptisée « SFDR 2.0 », est en discussion, un groupe de travail de la Commission consultative finance durable de l'AMF s'est penché sur deux sujets sensibles : la crédibilité des plans de transition et les principales incidences négatives, les fameuses « PAI ».
Pour l'épargnant comme pour le conseiller patrimonial, la question est loin d'être abstraite : comment distinguer un fonds qui accompagne réellement la transition, d'un produit se contentant d'afficher de bonnes intentions ?
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Un plan de transition doit pouvoir se démontrer
Premier constat du groupe de travail : le mot « crédible » est, en lui-même, trop vague. Il ne suffit pas de rebaptiser un plan « robuste » ou « cohérent ». La crédibilité doit pouvoir s'appuyer sur des critères communs et sur des référentiels reconnus.
L'AMF retient cinq piliers. Le plan devrait d'abord suivre un cadre reconnu compatible avec l'Accord de Paris. Il devrait ensuite comporter des objectifs transparents de réduction des émissions de gaz à effet de serre, cohérents avec le secteur d'activité de l'entreprise. Les trajectoires passées et futures devraient également être examinées : les progrès déjà réalisés constitueraient ainsi une pièce du dossier, et pas seulement les promesses à venir.
À cela s'ajoutent deux exigences très concrètes : des moyens financiers effectivement consacrés aux objectifs annoncés et plus de transparence sur l'exposition aux activités les plus carbonées, notamment les énergies fossiles. Autrement dit, la transition devrait pouvoir se lire autant dans les budgets que dans les déclarations.
Le rapport insiste également sur les émissions dites de « Scope 3 », celles liées à la chaîne de valeur de l'entreprise. Elles devraient, par défaut, être intégrées aux objectifs de décarbonation. Mais l'AMF souligne la difficulté de l'exercice : qualité variable des données, responsabilités différentes selon qu'il s'agit des fournisseurs ou des usages en aval, leviers d'action parfois limités.
Moins d'indicateurs, mais plus parlants
Deuxième chantier : les PAI, indicateurs destinés à mesurer les effets négatifs des investissements sur l'environnement, le climat ou encore les enjeux sociaux. Le groupe de travail recommande de conserver un socle obligatoire pour les produits « Durables » et « Transition », mais de le resserrer et de le rendre plus cohérent.
La proposition retient notamment cinq PAI obligatoires et huit indicateurs sectoriels déclenchés en cas d'exposition significative à des secteurs fortement émetteurs. Émissions de gaz à effet de serre, empreinte carbone, biodiversité, écarts de rémunération entre femmes et hommes, stress hydrique ou déforestation figurent parmi les sujets suivis.
En conclusion, le message de l'AMF est simple : pour rendre la finance durable plus intelligible, mieux vaut quelques indicateurs solides et comparables qu'une accumulation de données difficiles à interpréter. Une évolution qui pourrait aider les investisseurs à mieux apprécier la réalité des trajectoires de transition.
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