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Jean-Paul Belmondo: l’As des as a joué sa dernière carte
information fournie par Le Particulier pour BoursoraMag07/09/2021 à 17:14
Temps de lecture: 5 min

L’acteur Jean-Paul Belmondo vient de décéder crédit photo : Shutterstock

L’acteur Jean-Paul Belmondo vient de décéder crédit photo : Shutterstock

Jean-Paul Belmondo vient de s'éteindre à l'âge de 88 ans. L'acteur, surnommé Bébel par les Français, a marqué l'histoire de son art. Interprète fétiche de la Nouvelle Vague, il était présent aussi bien dans le cinéma grand public que le cinéma d'auteur.

L'hyperactif du cinéma français

Une légende du cinéma français s'est éteint ce lundi 6 septembre 2021. Jean-Paul Belmondo est mort à l'âge de 88 ans, chez lui, annonce son avocat. L'homme aux 80 films a marqué le cinéma des années 1960 aux années 1980, véritable géant parmi les géants. Tour à tour acteur, producteur puis directeur de théâtre, il a attiré en salle près de 130 millions de spectateurs avec des succès gravés dans le cœur des Français qu'il s'agisse de À bout de souffle du Magnifique ou de L‘As des as. Un cascadeur à la gouaille criarde, qui s'illustre aussi bien dans le cinéma d'auteur que le cinéma populaire.

Ce personnage turbulent est pourtant issu d'une famille bourgeoise. Né le 9 avril 1933 à Neuilly, Jean-Paul Belmondo est le fils de l'artiste Paul Belmondo, sculpteur émérite et membre de l'Institut. Mais dès son plus jeune âge, le futur acteur a la bougeotte. Ses résultats scolaires sont médiocres et le jeune «Bébel» préfère aux cours de mathématiques le sport. Cyclisme. Boxe. Football. Tennis. Il a besoin de se dépenser. Toutefois, c'est en 1946 qu'il aura LA révélation, lors d'une représentation des Femmes savantes de Molière à la Comédie-Française. C'est décidé. Belmondo fils sera acteur au grand dam de son père.

Belmondo et la Nouvelle vague

Il entre péniblement au Conservatoire en 1951 et apprend le métier sous la tutelle de Raymond Girard puis de Pierre Dux. Les professeurs ne sont pas emballés par ce jeune homme bondissant au nez cassé. Qu'importe, Bébel y fait la rencontre de futurs acteurs et réalisateurs de génie qui le suivront tout au long de sa carrière comme Jean-Pierre Marielle, Claude Rich, Jean Rochefort, Bruno Cremer, Françoise Fabian ou encore Pierre Vernie. Les démarrages sont durs et avant de crever l'écran, Jean-Paul Belmondo enchaîne les seconds rôles dans des productions plus ou moins médiocres. Il est toutefois remarqué par un jeune critique à la fin des années 1950, amené à marquer lui aussi le cinéma français. Un certain Jean-Luc Godard qui, dans les Cahiers du cinéma, compare l'acteur à Michel Simon. Il le veut pour son premier court-métrage, Charlotte et son jules, puis pour son premier long-métrage, A bout de souffle. À l'époque, l'agent de Belmondo lui déconseille fortement d'accepter: «tu feras la plus grande erreur de ta vie». Ce film va pourtant contribuer à créer sa légende.

L'homme qui valait des millions

A bout de souffle est un succès critique et commercial. Sorti en 1960, il est l'un des films emblématiques de la Nouvelle Vague qui propulse le cinéma français dans la modernité. Interdit aux moins de 18 ans, il dépasse le million de spectateurs. Belmondo est alors incontournable dans le cinéma français et donne la réplique à Jean Gabin, 2 ans plus tard, dans Un singe en hiver d'Henri Verneuil. Il décroche la même année le rôle-titre de Cartouche de Philippe de Broca, un compagnon qui le restera longtemps avec lequel il tournera 6 films.

Le long-métrage de cape et d'épée est un succès en salle avec plus de 3,5 millions d'entrées. Belmondo y confirme ses talents d'acteur mais également de cascadeur. Deux ans plus tard, toujours avec de Broca, c'est l'Homme de Rio qui remporte tout (4,8 millions d'entrées). Belmondo devient synonyme de succès au box-office durant toute la décennie 1960 et 1970. Dans Borsalino, Jacques Deray le met en scène en compagnie d'Alain Delon. Un casting de rêve opposant deux acteurs rivaux, dans un style différent, et qui ravit près de 5 millions de spectateurs.

Belmondo incontournable

Les années 1970 marque un tournant dans la carrière de l'acteur. En 1971, Jean-Paul Belmondo crée sa propre maison de production, Certico Films et tourne à un rythme de plus en plus soutenu (jusqu'à 4 films par an). Philippe de Broca, Henri Verneuil, Claude Chabrol, Claude Zidi, ou encore Philippe Labro sont les quelques metteurs en scène ayant eu l'occasion de tourner avec l'acteur. Le public suit et l'on va voir le nouveau «Bébel» comme l'on va retrouver l'agent 007. Peu importe les films, le personnage incarné par Belmondo présente souvent les mêmes caractéristiques: un casse-cou séducteur, drôle et bagarreur. Le Magnifique, Peur sur la ville, L‘Incorrigible, l'Animal… tout dans l'intrigue tourne autour de l'acteur principal. Toutefois, ce dernier prend de l'âge et, petit à petit, il doit limiter les cascades. Les rôles sont plus intimes comme en 1988 dans Itinéraire d'un enfant gâté de Claude Lelouch. Bebel décroche alors le César du meilleur acteur pour ce rôle.

Bébel au théâtre

La fin des années 1980 signe le rapprochement de l'acteur avec le monde du théâtre. Déjà, en 1987, Jean-Paul Belmondo apparaît dans Kean au théâtre Marigny à Paris. En 1989, on vient le voir jouer Cyrano de Bergerac mis en scène par Robert Hossein puis il s'illustre dans deux Feydeau mis en scène par Bernard Murat en 1993 et 1996, Tailleur pour dames et La Puce à l'oreille. C'est d'ailleurs cette même année qu'il décide d'acheter le Théâtre des variétés dans lequel il se produit. Puis vient la première alerte en 2001. Un accident vasculaire cérébral qui le laisse fortement diminué. Le truculent héros au corps d'athlète n'est plus que l'ombre de lui-même. Toutefois, il remonte la pente et parvient, à force de courage, sur le devant de la scène pour un film, en 2008, un homme et son chien puis en 2011 dans, d'Un film à l'autre, de Claude Lelouche.

Un triomphe total

Viendra alors le temps des récompenses. En avril 2007, Jean-Paul Belmondo est promu commandeur de la Légion d'honneur. En 2011, Cannes s'incline devant lui en lui remettant une Palme d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. Puis en 2016, Sophie Marceau lui remet le Lion d'or, pour l'ensemble de sa carrière. Viendra, l'année suivante, une récompense au même titre remise par l'Académie des Césars et la promotion, en 2019, au grade de grand officier de la Légion d'honneur. Avec sa disparition, une page du cinéma français se tourne.

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