L'entrée de l'Hélicoïde, un bâtiment de bureaux et prison utilisé par les services de renseignement du Venezuela, à Caracas, le 9 janvier 2026 ( AFP / Juan BARRETO )
Donald Trump a déclaré vendredi avoir "annulé" une nouvelle attaque américaine sur le Venezuela, du fait de la "coopération" de Caracas, qui a commencé à libérer plusieurs opposants politiques mais affirme n'être ni "subordonné, ni soumis" à Washington.
L'annonce de ces libérations a été saluée par le président américain sur son réseau Truth Social comme "un geste très important et intelligent" par Caracas.
Après la capture de Nicolas Maduro par les forces américaines le 3 janvier, Donald Trump a dit dans son message avoir annulé une nouvelle attaque ciblant le pays, du fait de la "coopération" avec le pouvoir à Caracas.
"Les Etats-Unis et le Venezuela travaillent bien ensemble", a-t-il déclaré, notamment pour la "reconstruction" de l'industrie pétrolière, a-t-il dit.
Le président américain doit recevoir vendredi à la Maison Blanche plusieurs dirigeants de grandes compagnies pétrolières pour évoquer des investissements au Venezuela.
En parallèle, des diplomates américains se sont rendus à Caracas pour envisager la réouverture de l'ambassade des Etats-Unis, fermée depuis 2019.
Le gouvernement américain continue cependant de mener d'une main ferme son blocus sur l'exportation du pétrole vénézuélien. Il a annoncé vendredi matin avoir saisi dans les eaux internationales un nouveau pétrolier qui partait du Venezuela, le cinquième saisi par Washington ces dernières semaines.
- Rencontre Trump-Machado -
L'annonce de la libération des opposants est intervenue quelques jours après le début lundi du mandat de la présidente par intérim vénézuélienne, Delcy Rodriguez, qui a assuré que son pays n'était ni "subordonné ni soumis" aux Etats-Unis et a évoqué sa "loyauté envers le président Nicolas Maduro".
L’ancien candidat à la présidentielle vénézuélienne Enrique Márquez, qui a été libéré de prison le 8 janvier 2025, s’exprime lors d’une conférence de presse à Caracas, le 14 octobre 2024 ( AFP / Federico PARRA )
L'un des principaux détenus relâchés jeudi, Enrique Marquez, avait mené une croisade judiciaire contre la réélection en 2024 de Nicolas Maduro, acquise selon l'opposition et une grande partie de la communauté internationale dans des conditions entachées de fraude.
Edmundo González Urrutia, opposant en exil en Espagne, s'est dit vendredi "profondément heureux" de ces libérations.
L'opposante Maria Corina Machado, prix Nobel de la paix 2025 et réfugiée dans la clandestinité, a elle aussi salué ces libérations, jugeant qu'"aujourd'hui, la vérité, pourchassée et réduite au silence pendant des années, parvient à se frayer un chemin".
Donald Trump a annoncé jeudi qu'il la recevrait à Washington "la semaine prochaine", en ajoutant à la chaîne Fox News que ce serait "un grand honneur" si elle lui remettait son prix Nobel, comme elle le lui a proposé.
A Oslo toutefois, l'Institut Nobel a indiqué qu'il était impossible de transférer un prix Nobel.
Ces libérations sont "un geste unilatéral du gouvernement" afin "de favoriser la coexistence pacifique", a fait valoir Jorge Rodriguez, président du Parlement du Venezuela, sans préciser le nombre ni la nationalité des détenus relâchés.
Cinq ressortissants espagnols, dont l'avocate de premier plan Rocio San Miguel, libérés jeudi sont arrivés en début d'après-midi à Madrid. Et le gouvernement espagnol a déclaré espérer la libération d'un autre de ses ressortissants emprisonné au Venezuela pour des raisons politiques.
- "Beaucoup d'espoir" -
Des proches de détenus attendent d'éventuelles libérations devant la prison d’El Rodeo, à Caracas, le 8 janvier 2026 ( AFP / Pedro MATTEY )
Le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares, a par ailleurs annoncé s'être entretenu vendredi avec son homologue américain Marco Rubio "sur la situation au Venezuela", une première depuis la capture de Nicolas Maduro par les forces américaines.
Après l'opération, l'Espagne, où vivent plusieurs centaines de milliers de Vénézuéliens, avait proposé de jouer les intermédiaires dans la crise entre Caracas et Washington, une offre jusque-là ignorée par Donald Trump.
Le pape Léon XIV a pour sa part exprimé sa "vive inquiétude" quant à "l'aggravation des tensions" dans la région et a appelé lors d'un discours devant le corps diplomatique "à respecter la volonté du peuple vénézuélien et à s'engager en faveur de la protection des droits humains et civils de chacun".
Devant la prison d'El Rodeo I à Guatire, en périphérie de Caracas, des familles ont passé toute la nuit devant le bâtiment dans l'espoir de voir leur proche libéré, en vain pour le moment.
"Nous sommes ici avec beaucoup d'espoir, avec beaucoup de foi", a déclaré à l'AFP Hiowanka Avila, 39 ans, dont le frère est détenu depuis 2018, accusé d'avoir participé à une tentative d'attentat au drone contre Nicolas Maduro.
L'ONG Foro penal estimait avant jeudi à 806 le nombre de prisonniers politiques au Venezuela, dont 175 militaires.

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