Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (g.) rencontre le président américain Donald Trump en marge du sommet de l'Otan au complexe présidentiel de Bestepe, à Ankara, le 8 juillet 2026 ( AFP / SAUL LOEB )
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est attendu mardi à la Maison Blanche pour tenter d'obtenir de Donald Trump son accord à l'achat d'intercepteurs Patriot au moment où la Russie intensifie ses frappes contre Kiev.
Cette rencontre prévue à 09H30 locales (13H30 GMT) intervient au moment où l'Ukraine et la Russie font monter en puissance leurs frappes de longue portée. Les efforts diplomatiques déployés par les Etats-Unis sont, eux, au point mort, plus de quatre ans après le début de l'invasion russe.
"Notre priorité absolue est la défense contre les missiles balistiques", a déclaré M. Zelensky sur X en annonçant son arrivée aux États-Unis.
Selon l'Onu, juin a été le mois plus meurtrier pour les civils ukrainiens depuis avril 2022, la Russie ayant multiplié les frappes de missiles balistiques, particulièrement difficiles à intercepter, contre les villes et localités ukrainiennes.
Seuls les systèmes américains Patriot sont capables de les abattre, mais l'Ukraine manque cruellement des missiles intercepteurs PAC-3, une pénurie aggravée depuis la guerre lancée par les Etats-Unis avec Israël contre l'Iran en février.
Moscou entend accroître encore ses attaques en déployant des lanceurs balistiques supplémentaires près de la frontière ukrainienne et attend en août de nouvelles livraisons de ce type en provenance de Corée du Nord, a affirmé à l'AFP un haut responsable ukrainien.
"Il est crucial que Washington autorise l'achat d'un lot de missiles Patriot", a-t-il ajouté. Cette source a refusé de préciser combien de missiles Kiev demande, indiquant simplement: "suffisamment pour pouvoir intercepter ce que Poutine utilise en un mois".
Humeur de Trump
"Beaucoup dépendra de l'humeur du président Trump", a concédé le responsable.
Rien qu'en juillet, Moscou a lancé 120 missiles balistiques et antinavires à haute vitesse contre l'Ukraine, dont seulement 35 ont été interceptés, selon l'armée de l'air ukrainienne.
À titre de comparaison, la Russie avait tiré entre 250 et 320 missiles balistiques sur l'ensemble de l'année 2024, selon les estimations d'experts.
Les relations entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump ont longtemps été tendues, parfois houleuses, mais le président américain a fait montre ces dernières semaines de davantage de complaisance envers M. Zelensky.
Les deux hommes se verront le jour même de l'hommage prévu pour le sénateur Lindsey Graham, un fervent défenseur de l'Ukraine, mort le 11 juillet à 71 ans.
Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a en grande partie interrompu les livraisons directes d'armes américaines à Kiev, leur préférant le programme PURL qui permet aux Européens d'en acheter pour ensuite les transférer à l'Ukraine.
Pendant une précédente entrevue à Washington, en octobre 2025, Volodymyr Zelensky n'était pas parvenu à convaincre Donald Trump de livrer à l'Ukraine des missiles de croisière Tomahawk.
Le président américain Donald Trump (au centre) et le vice-président JD Vance (d.) rencontrent le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 28 février 2025 à Washington ( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Andrew Harnik )
Et au cours d'une réunion restée dans les mémoires, en février 2025, les deux présidents avaient eu une dispute devant les caméras dans le bureau ovale, M. Trump accusant alors M. Zelensky d'ingratitude et de "jouer avec la Troisième Guerre mondiale".
Le président américain a ultérieurement changé d'attitude et, à l'occasion de leur dernier entretien début juillet en Turquie, estimé que son homologue ukrainien faisait "un travail formidable".
Il a aussi fait part de sa volonté d'autoriser l'Ukraine à produire des missiles Patriot.
Autre signe de détente, des influenceurs américains proches de la galaxie MAGA tels que Laura Loomer et Tim Pool ont récemment apporté leur soutien à l'Ukraine, après avoir été longtemps opposés à l'aide à ce pays.
Volodymyr Zelensky s'était entretenu la semaine dernière par téléphone avec les émissaires de Donald Trump - Steve Witkoff et Jared Kushner - afin de "redynamiser la diplomatie".
En froid avec Moscou
Les relations entre Moscou et Washington se sont, quant à elles, refroidies ces derniers temps, après des initiatives des Etats-Unis qui s'étaient traduites par une invitation en Alaska de Vladimir Poutine par Donald Trump pour un sommet en août 2025.
Le président russe Vladimir Poutine à Moscou le 13 juin 2026, photo diffusée par l'agence d'Etat russe Sputnik ( POOL / VYACHESLAV PROKOFYEV )
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a démenti lundi que des discussions sur un cessez-le-feu dans les airs soient en cours.
Début juillet, il avait averti que l'intensification des frappes ukrainiennes en Russie ne ferait que "prolonger" la guerre.
Au cours d'une rencontre à Manille la semaine dernière, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a mis en garde son homologue américain Marco Rubio contre la poursuite des livraisons d'armes à l'Ukraine.
La dernière conversation téléphonique entre Vladimir Poutine et Donald Trump remonte au 5 juillet.

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