Des Iraniennes passent devant un portrait du nouveau guide suprême iranien, le 6 mai 2026 à Téhéran ( AFP / - )
Washington a exprimé jeudi son espoir que les efforts diplomatiques permettent de progresser vers un accord pour mettre fin à la guerre contre l'Iran, avec la visite attendue à Téhéran d'un nouveau haut responsable du Pakistan, médiateur des discussions.
"Je crois que les Pakistanais se rendront à Téhéran aujourd'hui. Espérons donc que cela fera avancer les choses", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, lui sur le départ vers une réunion de l'Otan en Suède.
Le secrétaire d'Etat américain a également affirmé que des progrès avaient été réalisés dans les tractations.
Donald Trump avait décrit la veille la situation comme "sur le fil", entre un accord ou une reprise des hostilités.
Selon l'agence de presse Isna et d'autres médias, c'est le puissant chef de l'armée pakistanaise, Asim Munir, qui est attendu en Iran afin de "poursuivre les discussions avec les responsables iraniens".
Le Pakistan multiplie ses efforts de médiation : ces derniers jours, le ministre de l'Intérieur, Mohsin Naqvi, s'est rendu deux fois à Téhéran, apportant avec lui la dernière proposition américaine, que le pouvoir iranien a dit examiner.
Mais la République islamique a réitéré ses exigences: "dégel des avoirs iraniens bloqués" à l'étranger et fin du blocus américain des ports iraniens. Et a répété qu'elle ne cèderait "jamais à l'intimidation".
Les Gardiens de la Révolution ont eux menacé d'étendre la guerre "bien au-delà de la région".
- "Zone rouge" -
Depuis l'entrée en vigueur d'une fragile trêve le 8 avril après plus d'un mois de guerre, les discussions piétinent, les deux pays campant sur leurs positions.
Une seule séance de négociations, infructueuse, s'est tenue le 11 avril au Pakistan.
Le président américain Donald Trump parle aux journalistes, le 20 mai 2026 à Joint Base Andrews, près de Wahsington ( AFP / Kent NISHIMURA )
Le conflit, déclenché par une attaque israélo-américaine contre Téhéran le 28 février, a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, où le Hezbollah pro-iranien a attaqué Israël, qui a ensuite envahi le sud du pays et poursuit les frappes malgré un cessez-le-feu.
Neuf personnes ont ainsi été blessées jeudi dans une frappe qui a endommagé un hôpital à Tebnine, dans le sud du pays, selon les autorités libanaises.
Un accord avec l'Iran permettrait d'économiser "beaucoup de temps, d'énergie et de vies" et il pourrait être conclu " très rapidement, ou d'ici quelques jours", a affirmé Donald Trump.
Le président américain cherche une issue à cette guerre impopulaire dans son pays, qui a gravement perturbé l'économie mondiale, en raison du quasi blocage du stratégique détroit d'Ormuz par Téhéran, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.
Le marché de l'or noir risque d'entrer dans une "zone rouge", avec une pénurie d'offre en "juillet ou en août", en l'absence d'issue durable au conflit, redoute l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
A l'issue d'une séance en dents de scie, les cours du pétrole ont toutefois chuté jeudi, tentés de croire aux espoirs renouvelés d'un règlement, le baril de Brent de la mer du Nord reculant de 2,32% à 102,58 dollars.
- Droits de passage -
Les médias américains ont fait état de stratégies divergentes entre Donald Trump et son fidèle allié israélien Benjamin Netanyahu en racontant un entretien téléphonique tendu mardi.
Israël vise à terme un renversement de la République islamique, son ennemi juré, alors que "pour les Etats-Unis, la priorité a toujours été d'empêcher la nucléarisation, même si cela implique de trouver un compromis avec le régime en place", analyse sur X Danny Citrinowicz, chercheur à l'Institut d'études de sécurité nationale de l'université de Tel-Aviv.
Marco Rubio a également critiqué jeudi les alliés de l'Otan pour leur refus "de faire quoi que ce soit" pour soutenir les Etats-Unis dans la guerre en Iran, ce qui a "beaucoup contrarié" Washington.
Des navires au mouillage dans le détroit d'Ormuz, au large de la ville portuaire de Khasab, sur la péninsule de Musandam, au nord d'Oman, le 17 mai 2026 ( AFP / - )
Concernant Ormuz, l'Iran a officialisé en début de semaine la création d'un organisme chargé de superviser cette voie maritime et a priori de faire payer des droits de passage.
Cette "Autorité du détroit du Golfe Persique" (#PGSA) a en outre revendiqué jeudi une zone de contrôle allant jusqu'aux eaux situées au sud du port émirati de Fujaïrah, au cœur de la stratégie d'Abou Dhabi pour contourner le blocage du détroit.
"Le régime (iranien) tente d'imposer une nouvelle réalité", a réagi sur X le conseiller du président émirati, Anwar Gargash, qualifiant de "chimère" ces "tentatives de contrôle du détroit".
En parallèle, les Emirats ont annoncé un nouveau paquet d'aides chiffré à plus de 350 millions d'euros pour leurs entreprises.
Les secousses du conflit affectent aussi la zone euro: la Commission européenne a fortement abaissé les prévisions de croissance des 21 pays partageant la monnaie unique.

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