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L'ancien président du Kosovo condamné à 25 ans de prison pour crimes de guerre
information fournie par Reuters 16/09/2026 à 15:13
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(Actualisé paragraphes 4 et 5 avec citations du président du tribunal, et paragraphes 9 et 10 avec détails sur l'intimidation des témoins et les tensions entre les partisans et la police)

par Stephanie van den Berg et Fatos Bytyci

L'ancien président du Kosovo, Hashim Thaçi, a été condamné mercredi à 25 ans de prison pour meurtre, torture et détention illégale par le tribunal spécial de la Haye, chargé de juger les crimes de guerre commis lors de l'insurrection de 1998-1999 qui a abouti à l'indépendance du pays.

Les juges ont établi la responsabilité d'Hashim Thaçi, 58 ans, dans le meurtre de 96 opposants politiques accusés de collaboration avec les forces de sécurité serbes, ainsi que dans la détention arbitraire et illégale de 385 personnes, la torture de 303 autres, et dans le traitement cruel infligé à 49.

La cour a déclaré qu'Hashim Thaçi avait "activement participé à ces crimes et les avait encouragés" lorsqu'il était commandant en chef de l'Armée de libération du Kosovo (KLA), bien qu'il continue de nier les accusations portées contre lui.

"Le plan était aussi simple que néfaste. Il consistait à : mettre en place des centres de détention dans toutes les zones contrôlées par la KLA; identifier les personnes perçues comme opposées à la KLA; et les arrêter, les détenir et, si nécessaire, les tuer", a indiqué le président du tribunal, Charles Smith.

"Les victimes étaient détenues dans des conditions inhumaines, battues, enfermées dans des cellules exiguës et privées de nourriture et de soins médicaux suffisants", a-t-il ajouté.

Toutefois, le collège de trois juges a rejeté six chefs d’accusation de crimes contre l’humanité, et a estimé que les procureurs n’avaient pas démontré que ces attaques étaient généralisées ou systématiques.

Ils ont déclaré qu'Hashim Thaçi et ses coaccusés avaient constitué une entreprise criminelle, avec pour objectif de contrôler la vie politique au Kosovo et de s'en prendre aux opposants.

Ses avocats ont affirmé qu'il n'existait aucune preuve permettant de lier directement l'ancien président à l'un des crimes présumés, ni de conclure qu'il contrôlait d'autres commandants de la KLA.

Durant le procès, des témoins ont été victimes d'intimidation, ont rapporté les juges, et certains d'entre eux étaient revenus sur leurs déclarations, avaient menti à la cour ou avaient modifié leurs témoignages.

À La Haye, de brèves échauffourées ont éclaté entre plusieurs centaines de partisans d'Hashim Thaçi, qui ont tenté de se rendre au tribunal depuis un lieu où ils avaient écouté la retransmission audio en direct du verdict, et les forces de l'ordre.

Le Premier ministre albanais, Edi Rama, a critiqué la décision du tribunal en publiant sur les réseaux sociaux une image représentant un cercle de fil barbelé tracé sur une carte de l'Europe, accompagné d'un seul mot : "Incroyable".

(Reportage Stephanie van den Berg à La Haye et Fatos Bytyci à Pristina ; avec la contribution de Marta Fiorin ; rédigé par Anthony Deutsch ; version française Camille Raynaud et Rihab Latrache, édité par Augustin Turpin)

1 commentaire

  • 16 septembre 14:54

    Tous ces états et ces peuples formant alors la Yougoslavie se détestent maintenant profondément ! Ce territoire est une véritable poudrière, il est désolant de lire ou d'entendre une telle haine de part et d'autre...


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