Un portrait du défunt prisonnier politique vénézuélien Victor Quero Navas lors d'un rassemblement devant la prison El Rodeo I à Guatire, dans l'État de Miranda, au Venezuela, le 10 mai 2026 ( AFP / Juan BARRETO )
Gabriel Quero Navas, frère de Victor Quero Navas, prisonnier politique dont la mort en détention n'a été révélée que neuf mois après, a dénoncé mercredi un manque de respect "clair et notoire" des autorités.
M. Quero Navas, qui était âgé de 50 ans, avait été arrêté en janvier 2025. Sa famille n'avait jamais obtenu d'informations à son sujet de la part des autorités jusqu'à l'annonce officielle le 7 mai du décès qui s'était produit en juillet.
Sa mère, Carmen Navas qui l'avait recherché inlassablement pendant plus d'un an, est décédée à 81 ans quelques jours après avoir appris le décès de son fils et avoir assisté à son exhumation pour autopsie.
Il y a un manque de respect "clair et notoire" des autorités. "Nous vivons une tragédie" , a affirmé M. Quero s'en prenant au communiqué du parquet diffusé la veille.
"Nous exigeons, du Ministère public, la cessation immédiate de toute action ou omission visant à exonérer de leurs responsabilités les agents de l’État impliqués", ajoute-t-il.
Il a ensuite confié à l'AFP qu'il voulait aller "jusqu'au bout" de la procédure en mémoire de sa mère que les gardiens de prison et les autorités traitaient de "vieille folle" quand elle demandait des nouvelles de son fils, selon lui.
M. Quero Navas est le vingtième détenu décédé en prison depuis 2014, selon les estimations de l'ONG Foro Penal. Mais son cas est d'autant plus médiatisé que les autorités semblent avoir tenté de cacher le décès.
"Ce qu’a été la souffrance de ma mère, je n’ai pas les mots du dictionnaire nécessaires pour l’exprimer", ajoute Gabriel Navas.
Carmen Navas (3e g), la mère du défunt prisonnier politique Victor Quero Navas, assiste à une messe en son honneur à Caracas, le 15 mai 2026 au Venezuela ( AFP / Juan BARRETO )
L'annonce de la mort de Mme Navas est intervenue alors que la présidente par intérim Delcy Rodriguez, qui a pris les rênes du pouvoir en janvier après la capture de Nicolas Maduro, a fait adopter, sous pression américaine, une loi d'amnistie permettant la libération de centaines de prisonniers.
Mardi, le parquet avait émis un communiqué sur "l’enquête pénale" dans cette affaire, assurant "que le décès est survenu à la suite d’une thromboembolie pulmonaire. Aucune lésion traumatique n’a été constatée sur le corps".
L'enquête a été "menée conformément aux dispositions" légales. "Le ministère public réaffirme qu'il continuera de veiller au respect et à la garantie des droits humains dans les prisons et les autres établissements de détention du pays", conclut le texte.
Selon un nouveau bilan mercredi de l'ONG Foro Penal, il reste 404 prisonniers politiques enfermés au Venezuela. Parmi lesquels, 35 femmes et 179 militaires.

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