Photo diffusée par le service de presse de la présidence du Venezuela montre la présidente par intérim, Delcy Rodriguez (à gauche), prêtant serment devant le président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodriguez (à droite), et le député Nicolas Maduro Guerra (au centre) lors d'une session de l'Assemblée nationale à Caracas, le 5 janvier 2026 ( Miraflores press office / Marcelo Garcia )
Delcy Rodriguez a été investie présidente par intérim du Venezuela lundi après avoir prêté serment devant l'Assemblée nationale, tandis que Nicolas Maduro, capturé samedi, a plaidé non coupable pendant sa présentation à la justice américaine.
"Je me présente avec douleur en raison de l'enlèvement de deux héros qui sont otages aux Etats-Unis. (...) J'ai aussi l'honneur de prêter serment au nom de tous les Vénézuéliens", a déclaré Mme Rodriguez qui était la vice‑présidente et la première dans l'ordre de succession.
Samedi, la Cour suprême lui avait ordonné d'assumer les fonctions de cheffe de l'Etat pendant 90 jours renouvelables et l'armée lui avait apporté son soutien le lendemain.
Delcy Rodriguez, investie présidente par intérim du Venezuela, le 5 janvier 2026 à Caracas ( AFP / Federico PARRA )
Mme Rodriguez a prêté serment devant son frère Jorge Rodriguez réélu président de l'Assemblée mais aussi, dans un symbole voulu par les autorités, devant le fils du chef de l'Etat déchu, Nicolas Maduro Guerra, dit "Nicolasito" ("Petit Nicolas"), député réélu, qui portait la Constitution.
Il a été le premier à féliciter Mme Rodriguez.
A la fin de la cérémonie, "Nicolasito" a fait un "V" avec les deux doigts, une allusion au signe fait par M. Maduro devant les caméras américaines et abondement relayé par la télévision d'Etat.
Peu auparavant, Nicolas Maduro avait plaidé non coupable devant un tribunal de New York, deux jours après avoir été emmené de force de Caracas à l'issue d’une opération militaire ouvrant la voie au projet de Washington de contrôler le Venezuela, un pays riche en pétrole.
- "Vamos Nico !" -
"A toi, Delcy Eloina (Rodriguez), tout mon soutien inconditionnel pour la tâche si difficile qui t'incombe. Compte sur moi, compte sur ma famille !", a clamé Nicolasito avant la prestation de serment, ajoutant avec des tremolos dans la voix : "La patrie est entre de bonnes mains, papa!".
"Ils seront bientôt avec nous, grâce à toute la lutte du peuple mobilisé à l'intérieur et à l'extérieur du pays, ils reviendront !", a-t-il encore dit.
Très applaudi, il a ajouté : "Le Venezuela ne demande ni privilèges ni concessions, il exige le respect. Notre aspiration à la paix n'est ni faiblesse, ni reddition, c'est une décision souveraine. Nous voulons des relations internationales avec tous, fondées sur l'égalité, le respect mutuel et la coopération, sans menace et sans ingérence".
De nombreux députés ont scandé "Allez Nico !", à l'intention de Nicolas Maduro. "Vamos Nico !" a été un des slogans de la campagne présidentielle de 2024.
Un slogan repris par des milliers de partisans du président déchu qui ont manifesté à lundi à Caracas à l'appel du pouvoir. Ils brandissaient notamment des jouets à l'effigie de Maduro et de Cilia Flores, la Première dame également emmenée de force aux Etats-Unis lors de l'opération samedi.
"Maduro, tiens bon, le Venezuela se soulève!", ont-il également scandé, tandis que sur une pancarte était écrit : Trump–Marco Rubio, maudits assassins et kidnappeurs. Où se trouve réellement la vraie justice aux Etats-Unis?".
A l'ouverture de la séance au Parlement, le doyen des députés, Fernando Soto Rojas a estimé que Maduro "a été enlevé (...) au cours d'une attaque barbare, perfide et lâche, de nature fasciste".
Le président du Parlement vénézuélien, Jorge Rodriguez (au centre) et les députés font le V de la victoire avec leurs doigts lors de la photo officielle de la nouvelle Assemblée nationale, à Caracas, le 5 janvier 2026 ( AFP / Federico PARRA )
"Le président des Etats-Unis, M. Trump, prétend être le procureur, le juge et le policier du monde. Depuis le Venezuela bolivarien, nous disons +Vous n'y parviendrez pas+. Et nous allons finalement déployer toute la solidarité pour que notre président légitime, Nicolas Maduro, retourne victorieux à Miraflores", le palais présidentiel, a-t-il ajouté.
Dans l'hémicycle, un siège vide avec le nom de Cilia Flores, l'épouse de M. Maduro également emmenée de force, et réélue en mai, était visible.
Une photographie du couple Maduro, prise à l'occasion de l'investiture de M. Maduro en janvier, a été dévoilée au pied du perchoir par Jorge Rodriguez et "Nicolasito", accompagnés d'un fils de Cilia Flores.
Stalin Gonzalez, l'un des rares députés de l'opposition, a réclamé une "amnistie" et la "libération de tous les prisonniers politiques".
Un partisan du président vénézuélien déchu Nicolas Maduro porte son portrait lors d'un rassemblement devant l'Assemblée nationale à Caracas, le 5 janvier 2026 ( AFP / Juan BARRETO )
"Nous ne serons pas complices et nous n'acceptons pas des institutions de façade, (...) nous exigeons l'arrêt immédiat de la persécution, de la criminalisation de la dissidence et la libération de tous les prisonniers politiques. Sur ce chemin de reconstruction, nous considérons que ce moment est propice pour promouvoir une amnistie", a-t-il martelé.

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