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La victime probablement un citoyen américain - chef de la police
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Cas de légitime défense - département de la Sécurité intérieure
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Le maire et le gouverneur exigent la fin des opérations de l'ICE
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Les autorités locales "incitent à l'insurrection" - Donald Trump
(Actualisé avec déclaration du département de la Sécurité intérieure, du chef de la police, du maire et de la Maison blanche)
Un homme a été abattu samedi à Minneapolis par des agents fédéraux américains, deuxième fusillade mortelle ce mois-ci impliquant la police de l'immigration (Immigration and Customs Enforcement ou ICE) dans le cadre d'une répression de migrants dans cette ville du nord des Etats-Unis, ont déclaré des responsables locaux et fédéraux.
Le département américain de la Sécurité intérieure a indiqué que des agents de l'ICE avaient ouvert le feu en état de légitime défense sur un homme qui s'était approché d'eux armé d'un pistolet et de deux chargeurs.
"Il semblerait qu'un individu ait voulu faire le plus de dégâts possible et massacrer les forces de l'ordre", a déclaré Gregory Bovino, responsable des opérations locales de la police des frontières, lors d'une conférence de presse. Il a précisé que ses agents recherchaient un migrant avant la fusillade. Gregory Bovino n'a pas donné de détails sur les circonstances de la fusillade, qui fait l'objet d'une enquête.
Le chef de la police de Minneapolis, Brian O'Hara, a déclaré que l'homme était un résident de la ville, âgé de 37 ans et vraisemblablement de nationalité américaine. Il n'a pas divulgué son nom, précisant qu'il détenait une autorisation de port d'arme à feu et n'avait pas de casier judiciaire.
Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et sur les chaînes d'information en continu montre des personnes masquées et vêtues de gilets aux prises avec un homme dans une rue enneigée, avant que des coups de feu ne retentissent. Sur la vidéo, l'homme s'effondre au sol, et plusieurs autres coups de feu retentissent.
D'autres images vidéo montrent par la suite des agents de l'immigration utilisant des gaz lacrymogènes contre une foule qui ne cesse de grossir.
Le gouverneur démocrate du Minnesota, Tim Walz, et le maire de Minneapolis, Jacob Frey, ont tous deux appelé à la fin immédiate des opérations de contrôle de l'immigration menées par l'administration de Donald Trump dans cet Etat.
"Combien de résidents, combien d'Américains doivent encore mourir ou être grièvement blessés pour que cette opération prenne fin ?", a déclaré Jacob Frey lors d'une conférence de presse.
"C'est révoltant. Le président doit mettre fin à cette opération. Retirez les milliers d'agents violents et non formés du Minnesota. Tout de suite", écrit Tim Walz sur le réseau social X.
Tina Smith, sénatrice démocrate américaine du Minnesota, a quant à elle, évoqué une fusillade "catastrophique".
TRUMP S'EN PREND AUX AUTORITÉS LOCALES
Donald Trump, qui a été informé de la fusillade selon un responsable de la Maison blanche, a critiqué les élus locaux.
"Le maire et le gouverneur incitent à l'insurrection par leur rhétorique pompeuse, dangereuse et arrogante", a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.
Les autorités de Minneapolis ont appelé au calme pendant l'enquête.
"Nous demandons au public de garder son calme et d'éviter le secteur immédiat", peut-on lire dans un communiqué de la ville de Minneapolis.
La fusillade a Minneapolis eu lieu au lendemain d'une manifestation où plus de 10.000 personnes ont bravé le froid pour protester contre la présence des 3.000 agents fédéraux envoyés dans l'Etat par Donald Trump.
Plusieurs incidents liés à l'ICE ont suscité récemment la colère des Américains, notamment le meurtre le 7 janvier de Renee Good, une citoyenne américaine qui se trouvait au volant de sa voiture, ou encore la détention d'un citoyen américain sorti de chez lui en sous-vêtements, ainsi que l'arrestation d'écoliers, dont un garçon de 5 ans.
Le vice-président américain JD Vance, qui s'est rendu jeudi à Minneapolis, a indiqué samedi sur les réseaux sociaux que les agents de l'ICE souhaitaient collaborer avec les forces de l'ordre locales "afin que la situation sur le terrain ne dégénère pas".
"Les autorités locales du Minnesota ont jusqu'à présent refusé de répondre à ces demandes", a-t-il ajouté.
(Reportage Katharine Jackson, Karl Plume et Andy Sullivan; version française Claude Chendjou)

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