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USA/MIDTERMS-ENCADRE-Principaux enseignements des élections au Congrès américain
information fournie par Reuters 04/11/2026 à 06:04

(Actualisé tout du long)

par Tim Reid et Trevor Hunnicutt

Les électeurs américains ont voté mardi lors d'élections de mi-mandat ("midterms") qui détermineront le contrôle du Congrès pour les deux dernières années de présidence de Donald Trump.

Voici les principaux enseignements du scrutin.

COLÈRE ÉLECTORALE

Donald Trump avait demandé aux électeurs de prétendre que son nom figurait sur les bulletins de vote. Le président a été écouté, et ses pairs républicains en paient le prix.

Un sondage de sortie des urnes et les premiers résultats mettent en exergue le moral maussade et le mécontentement de nombreux électeurs américains, qui ont profité de ces "midterms" pour infliger une réprimande au chef de la Maison blanche, qu'ils blâment pour l'inflation élevée. Ils ont dit aussi s'inquiéter de la direction prise par le pays.

La plupart des électeurs sondés par SSRS pour un consortium de médias américains déclarent ressentir un mal-être plus important qu'il y a deux ans, juste avant le retour de Donald Trump à la Maison blanche, en janvier 2025. Près de neuf électeurs sur dix ont présenté le coût de la vie comme un facteur crucial, sinon principal, au moment de voter.

Alors que Donald Trump avait promis au début de son second mandat d'enrayer l'inflation, sa politique de droits de douane et la guerre déclenchée contre l'Iran ont aggravé la situation économique dans laquelle se trouvent de nombreux Américains.

Près de deux tiers des électeurs disent blâmer le président républicain pour le coût élevé de la vie, montre le sondage de sortie des urnes.

Les premières "bascules" annoncées mardi soir au profit des démocrates semblent signifier que les multiples rassemblements de campagne organisés ces dernières semaines par Donald Trump pour soutenir des candidats républicains dans 19 Etats n'ont pas modifié la donne.

REJET DES CANDIDATS TRUMPISTES

Plus qu'un revers pour les républicains, les résultats qui se dessinaient pointent les erreurs de jugement de Donald Trump pour les candidats qu'il a personnellement choisis en faisant fi des objections de représentants locaux du parti.

Cela a été illustré par les défaites de ses "protégés" en Caroline du Sud, en Caroline du Nord et au Texas, dont les sièges au Sénat ont basculé mardi soir du côté démocrate, montrent les projections, alors même que les républicains pensaient conserver ces bastions.

Il est possible que ces résultats alimentent les doutes sur l'instinct politique de Donald Trump, qui a tendance à privilégier la loyauté personnelle plus que tout.

D'après le sondage de sortie des urnes, des catégories d'électeurs ayant soutenu Donald Trump lors de l'élection présidentielle de 2024 semblent s'être détournés du camp trumpiste. Parmi les 18-29 ans, le soutien affiché aux républicains a chuté mardi à 25% contre plus de 40% en 2024.

VAGUE BLEUE

Des enquêtes d'opinion en amont du scrutin prédisaient des résultats favorables aux démocrates, considérés comme bien placés pour prendre la majorité à la Chambre des représentants et donnés au coude-à-coude avec les républicains pour le Sénat.

Les projections communiquées mardi soir laissent toutefois entrevoir bien davantage: une possible vague bleue à travers le pays, au-delà des bastions traditionnels.

En remportant la course sénatoriale au Kansas, le Parti démocrate a marqué l'histoire, alors que ce siège était acquis au Parti républicain depuis 1932. Les républicains devraient aussi céder des sièges en Caroline du Sud, près de trois décennies après en avoir pris le contrôle, et au Texas, où les démocrates n'avaient plus de sénateur depuis 38 ans.

Avant même 22h00 à Washington (mercredi 03h00 GMT), les projections des principales chaînes de télévision américaines donnaient les démocrates victorieux de la majorité à la Chambre des représentants, avec une marge confortable. Ils devraient également prendre le contrôle du Sénat.

Contrôler les deux chambres du Congrès pourrait toutefois s'avérer à double tranchant pour le Parti démocrate, alors que les électeurs devraient désormais se tourner vers lui pour répondre à leurs problèmes économiques et non pas simplement faire opposition à Donald Trump.

Une fois la nouvelle législature installée, le 3 janvier prochain, le président républicain, qui conserve un droit de veto pour un ensemble de textes législatifs, pourrait en profiter pour blâmer les démocrates pour l'état de l'économie.

(Trevor Hunnicutt et Tim Reid; version française Jean Terzian)

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