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Une alliance majorité-LR après les Européennes ? Gérard Larcher ne se ferme pas la porte de Matignon
information fournie par Boursorama avec Media Services 29/05/2024 à 09:30

"On peut se réveiller le 10 juin au matin avec une forme de gueule de bois démocratique", s'inquiète le président du Sénat.

Gabriel Attal, Gérard Larcher et Emmanuel Macron à Paris, le 14 février 2024. ( POOL / LUDOVIC MARIN )

Gabriel Attal, Gérard Larcher et Emmanuel Macron à Paris, le 14 février 2024. ( POOL / LUDOVIC MARIN )

C'est une rumeur qui ne date pas d'hier : Gérard Larcher à Matignon pour sceller une alliance officielle entre la majorité présidentielle et Les Républicains. Si le président du Sénat rappelle mardi 28 mai que la décision n'appartient qu'au président "et à lui seul", il souligne que l'enjeu majeur sera "d'apporter une réponse" à la victoire écrasante de l'extrême-droite, qui apparaît plus que probable.

Constitution oblige -le président du Sénat assure l'intérim en cas de vacance de la présidence de la République- Gérard Larcher et Emmanuel Macron ne prennent jamais le même avion. Mais depuis 2017, ils sont dans le même bateau. Un dialogue serré entre le leader du "nouveau monde" et le tenant de l'ancien, patron de la Chambre haute et première figure institutionnelle d'opposition.

La rumeur d'un Gérard Larcher à Matignon n'est pas nouvelle. Mais elle est repartie de plus belle ces dernières semaines. "Tout le monde bruisse de rendez-vous secrets. Depuis le 7 mars (date de leur dernier entretien, ndlr), il n'y en a pas eu. Je ne suis demandeur de rien", affirme Gérard Larcher auprès de l' AFP . Mais "on peut se réveiller le 10 juin au matin avec une forme de gueule de bois démocratique", avertit le président du Sénat. "Au delà de ma seule personne il faut d'abord qu'on fasse le point. Peut-on continuer le cabotage actuel ? Quel est l'intérêt du pays ? ". Quant à Matignon, "le gaulliste que je suis sait que (la décision, ndlr) appartient au président de la République et à lui seul".

Pas exactement une fin de non-recevoir. Comme le patron des Républicains (LR) Éric Ciotti qui, la semaine dernière, tout en n'ayant pas de mots assez durs contre la politique menée par le gouvernement, n'a pas formellement écarté l'hypothèse d'une coalition.

"Comment on finit le quinquennat ?"

Depuis 2022, l'équation semble insoluble. Avant sa réélection, Emmanuel Macron se dit conscient de devoir rassembler au-delà de son camp. Deux mois plus tard, le président réélu perd sa majorité absolue. Les tractations avec LR pour une coalition échouent rapidement. "LR n'en voulait pas. Leur ciment, c'est l'anti-macronisme" , explique un acteur des discussions.

Quant au camp présidentiel, "déjà ça les emmerde d'avoir une coalition avec moi. Alors, vous imaginez...", expliquait Édouard Philippe à un proche, fin 2022. Après les dernières législatives, "j'ai dit que (...) dans n'importe quelle démocratie dans le monde, la majorité relative se serait tournée vers le parti le plus proche d'elle (...) pour créer une coalition". "Je n'ai pas changé d'avis. Mais en 2024, ça me semble beaucoup plus difficile" à faire, a jugé dimanche le maire du Havre.

Dans le camp Macron, l'idée a ses adeptes. "Plus le score de la majorité présidentielle sera faible (aux européennes) et moins la dissolution sera crédible". Or "moi, mon obsession, c'est comment on finit le quinquennat" , explique un ministre.

Le scénario chemine notamment dans l'aile gauche de la macronie. "J'avoue qu'en 2022, je n'étais pas du tout pour ça". "Mais d'un point de vue démocratique et parlementaire, c'est le résultat des élections de 2022 qu'on n'a jamais voulu admettre, ni nous, ni eux", relève un de ses membres.

L'idée ne fait cependant pas l'unanimité chez des macronistes échaudés par la réforme des retraites et la loi immigration, et alors que les LR votent déjà, bon gré mal gré, des textes avec la majorité.

"Il ne faut jamais dire jamais"

"Avant de penser à l'élargir, il faut garder sa majorité", souligne une ministre, qui évoque les réticences du MoDem de François Bayrou. Quant à Gérard Larcher, "il n'embarque pas un député LR".

La discussion budgétaire pourrait rebattre les cartes à l'automne, offrant une fenêtre à la droite pour censurer le gouvernement. Un important acteur LR se dit favorable à une telle censure. "Mais Macron va tout faire pour (l')éviter. Pour y parvenir, il peut demander à Attal d'élargir plus avec un débauchage généralisé. Ou alors il confie les clés à quelqu'un comme Gérard Larcher, car un gouvernement avec LR ne serait pas censuré".

Une hypothèse qu'un proche d'Emmanuel Macron décrit comme une "espèce de martingale qui ne se concrétise jamais".

"C'est toujours pareil : ce qu'on gagne d'un côté, est-ce qu'on le perd de l'autre ? Mettre à Matignon quelqu'un d'un parti qui aura fait 7% ou dans ces eaux-là est-ce que ça a du sens ? Beaucoup dépendra des scores du 9 juin. Après il ne faut jamais dire jamais", commente cette source.

10 commentaires

  • 29 mai 11:39

    La France est en train de perdre toutes ses valeurs ! L'UE ainsi que l'Euro qui au début étaient un espoir, nous imposent au fur et à mesure, des contraintes que les Français ont de plus en plus de mal à accepter, et en particulier concernant l'immigration !
    De plus l'incompétence de nos gouvernants à gérer ce pays depuis des années, favorise aujourd'hui les votes extrêmes !
    Alors ne pas s'étonner du score du RN le 9 juin !


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