par Fatos Bytyci
Un navire italien transportant un premier groupe de migrants renvoyés par l'Italie en Albanie pendant l'examen de leurs demandes d'asile a accosté mercredi matin dans le port de Shëngjin, marquant le début officiel de cette politique controversée.
Premier pays de l'Union européenne à recourir au renvoi de migrants vers un pays tiers dans le but affiché de décourager les arrivées illégales sur son territoire, l'Italie a financé la construction de deux centres d'accueil en Albanie.
Le premier groupe de migrants concernés par cette mesure est arrivé mercredi matin à Shëngjin à bord du Libra, un navire de la marine italienne, selon les images de Reuters.
Il se compose de dix ressortissants du Bangladesh et de six Égyptiens recueillis en mer dimanche alors qu'ils tentaient de gagner les côtes italiennes à bord de bateaux partis de Libye.
Les demandeurs d'asile vont séjourner dans un centre d'accueil construit dans le petit village albanais de Gjader, à une quinzaine de minutes de route de Shëngjin, jusqu'à la fin de l'étude de leur dossier par les autorités italiennes. Ils seront ensuite soit admis sur le sol italien, soit renvoyés dans leur pays d'origine.
L'accord conclu entre Rome et Tirana prévoit qu'au maximum 3.000 migrants pourront être hébergés simultanément dans les centres d'accueil albanais gérés par l'Italie, et 36.000 sur une année complète.
Le gouvernement italien a assuré que seuls des hommes "non vulnérables" provenant de pays considérés comme sûrs seraient concernés par cette mesure.
À l'heure actuelle, 21 pays figurent sur la liste italienne des pays "sûrs". L'année dernière, 56.588 migrants sont arrivés en Italie en provenance de quatre de ces pays : le Bangladesh, l'Égypte, la Côte d'Ivoire et la Tunisie. La plupart d'entre eux s'échappent rapidement des centres d'accueil et se dirigent vers l'Europe du Nord.
L'accord conclu par l'Italie avec l'Albanie ne résout ni le problème du délai de traitement des demandes d'asile, ce qui inquiète les organisations des droits de l'Homme, ni celui du renvoi des migrants vers leurs pays d'origine, ces derniers se montrant souvent très réticents à délivrer le laisser-passer consulaire nécessaire à la réacceptation de leurs ressortissants sur leur territoire.
Le gouvernement de Giorgia Meloni espère néanmoins que cette politique aura un effet dissuasif sur les migrants et qu'elle pourra servir de modèle aux autres pays de l'UE.
(Reportage de Fatos Bytyci et Florion Goga, version française Tangi Salaün, édité par Blandine Hénault)

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