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Un méga-budget renforcé pour l'UE? Le Parlement européen donne son feu vert
information fournie par Boursorama avec Media Services 28/04/2026 à 18:59

Le projet de budget pluriannuel renforcé a été validé par une majorité solide d'eurodéputés lors d'un vote mardi 28 avril. La main est désormais aux Etats membres.

Le Parlement européen de Strasbourg, le 16 décembre 2025 ( AFP / FREDERICK FLORIN )

Le Parlement européen de Strasbourg, le 16 décembre 2025 ( AFP / FREDERICK FLORIN )

Par 370 voix contre 201 (et 84 abstentions, les eurodéputés ont donné leur feu vert à une version plus "ambitieuse" du projet de budget européen pour la période 2028-2034, prônant l'endettement et de nouvelles taxes pour financer une hausse des dépenses par rapport aux propositions de Bruxelles.

L'été dernier, la Commission européenne avait proposé de doter l'UE d'un méga-budget de 2.000 milliards d'euros sur sept ans. Mais ce montant énorme inclut 168 milliards d'euros dédiés au remboursement d'emprunts européens contractés pour financer la relance post-Covid-19. Le Parlement européen, pour sa part, veut reconduire ces emprunts et lever de nouveaux fonds, notamment grâce à une taxe sur les géants du numérique et sur les jeux d'argent en ligne.

"On ne peut pas faire plus avec moins", défend le co-rapport du budget

Cela permettrait de financer une hausse de 10% des dépenses, notamment en faveur de l'agriculture, de la recherche ou de la cohésion sociale et territoriale, par rapport à ce que propose Bruxelles. Ces positions ont recueilli un large soutien au sein de l'hémicycle à Strasbourg, où elles ont été adoptées par 370 voix contre 201 (et 84 abstentions).

"Nous pensons que l'on ne peut pas faire plus avec moins. L'Europe ne peut être forte qu'avec un budget solide", a plaidé le co-rapporteur du budget, Siegfried Muresan (PPE, droite). "Le vote d'aujourd'hui est un vote de confiance dans le projet européen et dans notre capacité à agir", a renchéri la co-rapporteuse Carla Tavares (S&D, gauche).

"Il n'y a pas un seul domaine qui demande moins de financement européen", a abondé l'élue française Fabienne Keller (Renew, centre), prônant plus d'investissements "pour notre autonomie stratégique".

Parmi les opposants, Jordan Bardella, patron du Rassemblement national et des eurodéputés Patriotes (extrême droite), a dénoncé au contraire une "fuite en avant" qui coûterait "20 milliards d'euros" aux contribuables français. Il a en outre critiqué l'empressement des dirigeants européens, qui veulent absolument boucler les négociations sur ce futur budget d'ici fin 2026, pour éviter toute paralysie politique liée aux élections prévues en 2027 dans plusieurs pays dont la France. "Comment ne pas s'alarmer de ces manœuvres consistant à doter l'Union européenne d'un budget avant l'élection présidentielle française prévue au printemps 2027, contrairement au calendrier habituel, et cela afin de forcer la main du prochain président de la République", s'est-il insurgé.

Ces propositions désormais adoptées vont servir de base au Parlement pour négocier le budget final avec les États membres, qui ont généralement le dernier mot dans ces discussions. Les négociations s'annoncent compliquées, alors que la France et l'Allemagne s'opposent frontalement sur la question du recours à l'endettement.

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