Prévue pour un décollage le 20 octobre, la mission martienne japonaise MMX embarquera notamment le robot développé de concert entre France et Allemagne, chargé d'explorer l'un des satellites de la planète rouge.
Le rover Idefix, dans les locaux du Cnes à Toulouse, en 2023 (illustration) ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )
Percer les mystères des petites lunes de Mars. Tel est l'objet de la sonde martienne MMX, qui sera lancée le 20 octobre prochain pour collecter et rapporter des échantillons de l'une des lunes de Mars.
La sonde de la "Martian Moons eXploration", non habitée et développée avec les agences spatiales américaines et européennes, ainsi que des universités et entreprises technologiques, devrait contribuer à lever le voile sur les origines du système solaire et de la vie sur Terre.
L'Agence d'exploration aérospatiale japonaise (JAXA) a déclaré que la fusée phare H3 transportant la sonde MMX décollera du centre spatial de Tanegashima à 04h41 le 20 octobre.
L'engin spatial restera en orbite autour de Mars pendant environ trois ans et tentera d'atterrir sur Phobos, l'une des lunes de la planète.
La sonde recueillera au moins 10 grammes de matériau à la surface de Phobos. La mission sera par ailleurs équipée d'un rover franco-allemand : Idefix. Le petit robot au nom du célèbre chien de la bande-dessinée de Goscinny et Uderzo, baptisé en clin d'oeil au premier satellite français Astérix lancé en 1965, effectuera des observations de surface. Il a été développé conjointement par le DLR (agence spatiale allemande) et le CNES dans le but d'étudier les propriétés du sol de Phobos et préparer les opérations de prélèvement.
Exploration et bouteille à la mer spatiale
Pesant 27 kilos et long de 40 centimètres, le petit rover de la taille d'une boite à chaussures devrait atterrir à la surface de Phobos en décembre 2028.
Il partira pour l'univers martien avec des témoignages de Terriens enregistrés à son bord sur une carte SD. Selon le Cnes, 70 MB de données seront stockés sur cette petite carte et resteront sur Phobos avec Idefix, afin d'y laisser un "message pour les futurs explorateurs".
Phobos, possible "station spatiale naturelle" ?
La mission vise aussi à explorer Déimos, autre lune de Mars, mais sans y atterrir. Une capsule de retour est censée revenir sur Terre et se poser en Australie en 2031.
L'agence spatiale espère que la mission révélera comment Mars et ses lunes se sont formées, une connaissance clé pour comprendre la naissance du système solaire. La JAXA a précisé qu'il s'agirait en outre d'étudier la possibilité d'utiliser Phobos comme "station spatiale naturelle", en développant les technologies nécessaires pour un aller-retour vers Mars, une étape "essentielle pour l'exploration habitée" de cette planète.
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