UN "CONVOI DE LA LIBERTÉ" DÉFILE DANS PARIS
PARIS (Reuters) - Un "convoi de la liberté" autoproclamé s'est formé samedi autour de l'Arc de triomphe à Paris, en dépit de l'interdiction de manifestation de la préfecture de police, qui a déployé 7.200 policiers et gendarmes et multiplié interceptions et verbalisations.
Plusieurs dizaines de voitures, camping-car et motos perturbaient en début d'après-midi la circulation sur la place de l'Etoile, lieu emblématique de la capitale, au son des klaxons et aux cris de "Liberté", salués par des applaudissements de passants.
Les forces de l'ordre sont intervenues pour tenter de disperser le convoi et de faire reculer les manifestants en recourant à des tirs de gaz lacrymogène sur l'avenue des Champs-Elysées.
La Brigade de répression de l'action violente motorisée (BRAV-M) avait auparavant verbalisé plusieurs véhicules dans le secteur.
En début de matinée, les forces de l'ordre avaient intercepté sur le boulevard périphérique et à plusieurs portes de Paris des Champs-Elysées, plusieurs convois partis ces derniers jours de différentes régions de France.
Le principal convoi, qui rassemblait environ 450 véhicules, a été contrôlé au niveau de la porte de Saint-Cloud, dans le sud-ouest de la ville.
La préfecture a fait état de 283 verbalisations au total à 11h20.
La participation à une manifestation interdite sur la voie publique est punie depuis 2019 d'une amende de 135 euros. Or la préfecture a interdit la manifestation de convois de véhicules dans Paris de vendredi à lundi, une décision confirmée vendredi soir par le tribunal administratif.
MACRON A APPELÉ AU CALME, LE PEN DÉNONCE LE "CHAOS"
Les "convois de la liberté", inspirés du mouvement de en cours au Canada, agrègent différentes revendications, dont la levée des restrictions sanitaires, à commencer par le pass vaccinal, mais aussi des mesures de soutien au pouvoir d'achat face à l'envolée des prix de l'énergie.
Le préfet Didier Lallement a précisé que les 7.200 policiers et gendarmes déployés jusqu'à lundi dans la capitale avaient reçu des consignes de "fermeté". Des véhicules blindés ont été déployés sur certains axe de la capitale, une première depuis le pic du mouvement des "gilets jaunes" fin 2018 et début 2019.
Le président Emmanuel Macron a déclaré dans un entretien à Ouest-France vendredi qu'il appelait "au plus grand calme" concernant les "Convois de la liberté".
Le gouvernement avait annoncé quelques heures plus tôt un allègement du protocole sanitaire dans tout le pays à partir du 28 février.
Dans l'opposition, Marine Le Pen, candidate à l'élection présidentielle d'avril soutenue par le Rassemblement national (RN), a dénoncé lors d'un déplacement dans les Alpes-Maritimes l'absence de réponse du gouvernement à "l'agacement" et "l'indignation" des Français, dressant un parallèle entre la situation du jour à Paris et le "mandat de chaos" d'Emmanuel Macron.
(Reportage Anthony Paone, rédigé par Marc Angrand)

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