par Sabine Siebold
L'Allemagne pourrait être entraînée dans un conflit violent avec la Russie compte tenu de la "guerre de l'ombre" à laquelle se livre désormais Moscou contre les démocraties européennes, a averti lundi le chef du Renseignement extérieur allemand.
"La confrontation à laquelle nous faisons face avec la Russie a pris une nouvelle dimension, plus dangereuse", a affirmé Martin Jäger, patron du Bundesnachrichtendienst (BND), à l'occasion de l'audition publique annuelle des chefs du renseignement au Parlement.
"L'Allemagne risque d'être entraînée dans un conflit violent avec la Russie - la tentative d'attaque à Leipzig n'est qu'un exemple", a-t-il poursuivi, soulignant que la menace d'attaques contre des cibles spécifiques en Allemagne demeurait "réelle et imminente".
Les autorités allemandes ont mis en garde à plusieurs reprises sur la campagne hybride de frappes par drones et de cyberattaques menée par la Russie, l'accusant d’être à l’origine d’une tentative d'attaque par drone contre l’aéroport de Leipzig en août.
Moscou a nié toute intention de s'en prendre aux pays de l’Otan.
"Nous n’avons aucune intention d’attaquer qui que ce soit – que ce soit en 2029, 2030 ou 2050 –, mais si nous sommes victimes d’une agression, nous n’aurons d’autre choix que de riposter", a déclaré jeudi dernier le président russe Vladimir Poutine.
Les services de renseignement russes mènent des opérations contre et en Allemagne "avec une agressivité croissante", a précisé Martin Jäger.
"La Russie nous met à l'épreuve et observe attentivement la manière dont nous gérons la situation. Du point de vue du Kremlin, le moindre signe d'hésitation est une invitation à accentuer plus avant la pression sur l'Allemagne", a-t-il estimé.
Rien n'indique que la Russie prépare une attaque à grande échelle sur le territoire de l'Otan, mais "néanmoins, la Russie pourrait s'engager dans des activités militaires de basse intensité, particulièrement dans les pays baltes", a-t-il expliqué.
L'Allemagne, a-t-il exposé, doit se préparer à davantage d'ingérence et de tentatives d'intimidation, dont des menaces nucléaires. L'Allemagne est le premier pourvoyeur d'aide pour l'Ukraine dans la guerre qui l'oppose à la Russie.
"Moscou parie sur notre faiblesse. Nous devons leur tenir tête", a-t-il insisté.
(Reportage Sabine Siebold, avec la contribution de Vladimir Soldatkin, rédigé par Linda Pasquini ; Version française Rihab Latrache, édité par Sophie Louet)

2 commentaires
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer