Le trio vainqueur du prix Nobel de médecine, à Stockholm, le 5 octobre 2026 ( AFP / Jonathan Nackstrand )
Le prix Nobel de médecine, édition 2026, a été décerné lundi à l'Américain Karl Deisseroth et aux Allemands Peter Hegemann et Georg Nagel pour leurs travaux visant à percer les mystères du cerveau.
Le comité, réuni à Stockholm a notamment récompensé le trio pour leurs recherches sur l'optogénétique, une méthode qui permet de montrer comment les cellules nerveuses façonnent les souvenirs, les émotions et les comportements dans le cerveau.
"Tous les trois ont été très surpris", a assuré Thomas Perlmann, secrétaire du comité Nobel lors d'une conférence de presse.
A commencer par l'Américain Karl Deisseroth, 54 ans, de la prestigieuse université de Stanford, qui, "venait d'aller se coucher" quand il a reçu l'appel lui annonçant la bonne nouvelle.
"Je crois que je ne vais pas pouvoir dormir avant un bon moment", a-t-il lancé dans un rire lors d'une interview accordée à la fondation Nobel.
Parkinson ou l'épilepsie
L'optogénétique est aujourd'hui "utilisée dans des laboratoires du monde entier pour percer les mystères du cerveau", note le prix Nobel.
Tout a commencé quand les Allemands Peter Hegemann, 71 ans, et Georg Nagel, 73 ans, ont découvert une protéine, la channelrhodopsine, dans une algue unicellulaire, capable de nager en direction d'une source de lumière.
Le scientifique américain Karl Deisseroth, à Tokyo, le 13 avril 2023 ( AFP / Kazuhiro NOGI )
Karl Deisseroth, neuroscientifique américain, a ensuite réussi grâce à la génétique à utiliser ces protéines photosensibles dans le cerveau d'animaux vivants. En activant ou en inhibant certains neurones grâce à la lumière, il a pu mettre en évidence différents circuits neuronaux ainsi que leur rôle.
"En tant que psychiatre, pour moi, c'est vraiment très important, car de nombreux mystères semblent enfin sur le point d'être élucidés", décrit le lauréat américain.
D'autant plus que les états de certains de ses patients sont parfois "difficiles à exprimer pour ceux qui les vivent et qu'ils sont souvent très difficiles à étudier."
L'approche développée par le trio permet désormais aux chercheurs de mieux comprendre comment certains types de cellules contribuent à des comportements tels que l'apprentissage, la peur, l'addiction ou encore le mouvement, et pourrait un jour déboucher sur des traitements contre des troubles neurologiques et sensoriels comme la maladie de Parkinson et l'épilepsie.
"C'est l'un de ces prix Nobel que l'on voyait venir depuis un bon moment", a dit à l'AFP Simon Schultz, professeur de neurotechnologie au Imperial College. "Restait simplement à savoir à qui il serait décerné."
"Cette distinction montre que la recherche allemande est d'un niveau exceptionnel", s'est félicité le chancelier Friedrich Merz. "La collaboration internationale dans le domaine scientifique reste essentielle", a-t-il ajouté.
En plus d'être une des récompenses les plus prestigieuses au monde, le Nobel consiste en un diplôme, une médaille d'or et un chèque de 12 millions de couronnes suédoises, soit un peu plus d'un million d'euros.
Un an après la saga Trump
Le prix Nobel de médecine donne le coup d'envoi de la saison des récompenses.
Avec comme point d'orgue l'attribution du prix Nobel de la paix vendredi.
La campagne de Donald Trump en faveur de sa candidature avait placé son comité sous une pression inédite l'an dernier.
La séquence avait été d'autant plus délicate que la lauréate de 2025, la Vénézuélienne Maria Corina Machado, a par la suite donné sa médaille d'or au milliardaire républicain, jugeant qu'il la méritait, après la capture du président Nicolas Maduro.
Combinaison d'images créée le 14 janvier 2026 montre le président américain Donald Trump à la Maison Blanche à Washington, DC, le 26 mars 2025, et la lauréate du prix Nobel de la paix Maria Corina Machado à Oslo, en Norvège, le 11 décembre 2025 ( AFP / Mandel NGAN )
Mais cette année, le président américain s'est jusqu'ici fait beaucoup plus discret.
Parmi les candidats potentiels figure un prix conjoint à l'organisation Save the Children et à Mykola Kouleba, un défenseur ukrainien des droits de l'enfant qui milite pour le retour en Ukraine de milliers d'enfants illégalement emmenés en Russie depuis les territoires occupés.
Le prix d'économie clôturera la saison Nobel le 12 octobre.

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