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Un budget 2026 "plus équilibré" mais entouré de risques, dit la Cour des comptes
information fournie par Reuters 19/02/2026 à 09:52

La Cour des comptes française La Cour des comptes à Paris

La Cour des comptes française La Cour des comptes à Paris

La loi de finances pour 2026, adoptée dans la ‌douleur en début d'année, apparaît "plus équilibrée" que le budget de 2025 en termes de dépenses et de recettes, mais l'objectif de réduction ​du déficit public prévu cette année est entouré de "risques importants", prévient jeudi la Cour des comptes.

Le budget 2026, sur lequel le gouvernement a dû engager sa responsabilité faute de compromis au Parlement, prévoit une hausse de 12 milliards d'euros des prélèvements obligatoires et des économies ​de 11 milliards sur les dépenses publiques. Il a pour objectif de réduire le déficit public à 5% du produit intérieur brut (PIB) contre 5,4% en 2025.

Le gouvernement prévoyait initialement ​de ramener le déficit public à 4,7% du PIB en 2026, ⁠mais il est revenu sur une partie des économies inscrites dans le projet de loi de financement de la Sécurité ‌sociale (PLFSS) instaurant notamment la suspension de la réforme des retraites de 2023.

"Bien que l’ambition de maîtrise de la dépense publique ait été revue à la baisse par rapport au projet initial, le texte pour 2026 ​sur le vote duquel le gouvernement a engagé ‌sa responsabilité apparaît plus équilibré dans la répartition entre hausses d’impôts et économies en dépenses" par ⁠rapport au texte de 2025, note la Cour des comptes dans son rapport sur la situation des finances publiques début 2026.

"Des risques importants entourent encore toutefois la réalisation" de l'objectif de réduction du déficit public, prévient l'instance.

Parmi ces risques, la Cour des comptes pointe ⁠les "stratégies d'adaptation des comportements fiscaux ‌pour la surtaxe" concernant les grandes entreprises et une inflation potentiellement plus faible que prévu. Elle met aussi ⁠en avant les "risques de dépassements sur les dépenses de santé en l'absence de réformes structurelles" et une "matérialisation incertaine des économies prévues ‌sur les dépenses de l’État et de ses opérateurs".

"De surcroît, la réduction du déficit à 5,0 points de PIB – ⁠un niveau encore supérieur à celui atteint en 2022 – se traduirait par une nouvelle hausse, ⁠de plus de deux points, du ‌ratio de dette publique, qui atteindrait 118,6 points de PIB fin 2026", note la Cour, avertissant que les efforts d'assainissement des finances ​publiques "ne peuvent désormais plus être relâchés".

Le gouvernement s'est engagé à ramener d'ici ‌2029 le déficit public sous le seuil de 3% du PIB afin de respecter ses engagements européens en la matière, contre un horizon initialement fixé à ​2027.

Le report des efforts nécessaires pour parvenir à ce seuil est de "plus en plus coûteux", pointe la Cour des comptes. En 2025, la charge de la dette publique s'est élevée à près de 65 milliards d'euros, soit plus que le budget de l’enseignement ⁠scolaire ou celui de la défense, souligne l'instance.

L'effort budgétaire à venir ne pourra plus porter sur une hausse des prélèvements obligatoires, déjà parmi les plus élevés de la zone euro, sous peine de "dégrader la compétitivité française, de peser sur l'emploi ou de soulever des enjeux d'acceptabilité sociale et de consentement à l’impôt", estime la Cour des comptes.

"L'ampleur de l'effort à réaliser ne pourra en conséquence faire l'impasse sur de réelles mesures d'économie."

VOIR AUSSI:

ENCADRE-Les grandes lignes du budget de la France pour 2026

(Rédigé par Blandine Hénault, avec la contribution ​de Leigh Thomas, édité par Kate Entringer)

2 commentaires

  • 10:34

    Un budget à des années lumière de ce qu'il faudrait faire. Montrer de la compréhension pour l'incompréhensible est une faute!


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