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Un animateur parisien relaxé pour agressions sexuelles sur neuf enfants de maternelle
information fournie par AFP 07/07/2026 à 17:26

David G., animateur périscolaire, se cache le visage avec un dossier à son arrivée au tribunal où il doit être jugé pour agressions sexuelles sur neuf enfants, le 26 mai 2026 à Paris ( AFP / SIMON WOHLFAHRT )

David G., animateur périscolaire, se cache le visage avec un dossier à son arrivée au tribunal où il doit être jugé pour agressions sexuelles sur neuf enfants, le 26 mai 2026 à Paris ( AFP / SIMON WOHLFAHRT )

Un animateur périscolaire a été relaxé mardi à Paris, au bénéfice du doute, pour agressions sexuelles sur neuf enfants de 3 à 5 ans d'une école du 11e arrondissement, mais condamné à huit mois de prison avec sursis pour harcèlement sexuel sur deux collègues.

David G., 36 ans, poursuivi pour agressions sexuelles sur des enfants de l'école maternelle Alphonse Baudin entre septembre 2024 et avril 2025, a été relaxé "faute d'éléments matériels suffisamment constitués", "au bénéfice d'un doute très sérieux".

Ce journaliste freelance a en revanche été reconnu coupable de harcèlement sexuel sur deux collègues et condamné à 8 mois de prison assortis d’un sursis de 24 mois, avec obligation de soins et d'indemniser les victimes.

Il a également été inscrit au fichier des auteurs d'infractions sexuelles (Fijais), ce qui lui interdit d'exercer à nouveau comme animateur.

David G. était accusé d'avoir touché le sexe et les fesses des jeunes enfants, de les avoir fait asseoir sur ses genoux et de leur avoir imposé des caresses sur les parties intimes.

Lors du procès, le premier ouvert au public depuis l'éclatement du scandale à Paris, une peine de trois ans de prison avait été requise, dont un an ferme sous bracelet électronique avec exécution provisoire. Le parquet a dix jours pour faire appel.

A la barre, le prévenu avait démenti avec aplomb tout geste sexuel, estimant qu'il "faut être psychopathe pour faire ça".

"Pas du tout concerné" par les dénonciations, il n'avait concédé que d'éventuelles "maladresses" par "manque de formation", comme le fait d'avoir porté des enfants dans ses bras ou sur ses genoux ou avoir recouru à des surnoms affectueux - "mon amoureuse", "ma chérie", "mon bébé"...

Dans un communiqué, le tribunal a expliqué avoir "constaté des variations dans les déclarations des enfants entre les éléments rapportés par les parents et les auditions faites par les enquêteurs".

"L'examen psychologique des enfants indiquait que les déclarations initiales avaient pu être orientées par les questions de leurs parents", est-il précisé.

"Simulacre"

S'appuyant sur le visionnage des dépositions des enfants, le tribunal indique que "soit les enfants dénonçaient des attouchements, le plus souvent par une phrase toute faite, formulée en des termes en décalage avec celui communément utilisé à leur âge, soit ne faisaient état d'aucune agression sexuelle".

David G., animateur périscolaire, se cache le visage avec un dossier à son arrivée au tribunal où il doit être jugé pour agressions sexuelles sur neuf enfants, le 26 mai 2026 à Paris ( AFP / SIMON WOHLFAHRT )

David G., animateur périscolaire, se cache le visage avec un dossier à son arrivée au tribunal où il doit être jugé pour agressions sexuelles sur neuf enfants, le 26 mai 2026 à Paris ( AFP / SIMON WOHLFAHRT )

"Bravo pour les enfants, joli spectacle, simulacre", ont crié des parents, certains éclatant en sanglots.

"C'est un délibéré très dur, incompréhensible (...). C'est très dur de se dire que nos enfants ont réussi à parler (...) et n'ont pas été entendus par des adultes qui ne sont pas capables d'écouter", a réagi la maman d'un garçon de trois ans.

"On est tous sous le choc... J'ai eu l'impression d'être à mon procès à moi, en tant que maman, parce que ma fille m'a parlé d'avoir été agressée sexuellement et je me suis sentie presque coupable d'avoir porté plainte", a témoigné la mère d'une petite Emma, estimant que "la France ne protège pas les enfants des pédocriminels".

"Comment voulez-vous influencer des symptômes ? Des pipis au lit, des infections urinaires, des irritations, des énurésies, des cauchemars...", a-t-elle ajouté, rappelant que sa fille savait "à peine parler quand elle a été agressée".

"Le système n'est pas fait pour enquêter avec des enfants de trois ans et demi", a également jugé Caroline, une autre maman.

Avocate de six familles, Me Rébecca Royer a évoqué un "immense sentiment d’injustice".

"Neuf enfants ont dénoncé des agressions sexuelles et tous présentaient des stigmates psychotraumatiques majeurs. Pourtant, leur parole a été écartée au motif qu’ils auraient été influencés par leurs parents. Cette décision envoie un signal profondément inquiétant à la société : les enfants ne sont ni crus ni protégés", a-t-elle déclaré.

L'affaire de l'école Alphonse Baudin avait déclenché une cascade de signalements dans la capitale.

C'est la deuxième fois que le procès d'un animateur soupçonné d'agression sexuelle se solde par une relaxe du prévenu.

Mi-juin, un autre animateur avait également été relaxé. Le parquet a fait appel.

"C'est un nouvel affront fait à toutes les petites victimes présumées qui n'ont que leurs paroles pour se défendre", a réagi le collectif SOS périscolaire, estimant que la justice envoyait "systématiquement un signal allant dans le sens d'une impunité répétée".

"Les violences sexuelles et sexistes commises sur des femmes adultes sont aujourd’hui mieux reconnues (...). Cette avancée doit désormais se poursuivre pour les violences sexuelles commises sur les enfants", a souligné le collectif #MeTooEcole, qui réclame une "spécialisation" des magistrats.

2 commentaires

  • 18:05

    S’il y a doute c’est normal que cela lui bénéficie ! Une justice sans preuve qui trancherais suivant les bas instincts des réseaux sociaux … On y arrive à grand pas mais il faut encore être un peu patient !


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