Le président américain Donald Trump s'adresse aux journalistes avant d'embarquer à bord d'Air Force One à l'aéroport international de Palm Beach, en Floride, le 19 janvier 2026 ( AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS )
Donald Trump s'attend à une faible résistance des dirigeants européens à sa volonté de s'emparer du Groenland et a annoncé une réunion à Davos en Suisse "des différentes parties", au moment où le conflit autour du territoire autonome danois menace de rallumer la guerre commerciale entre Etats-Unis et Europe.
"Je ne pense pas qu'ils vont résister beaucoup. Nous devons l'avoir", a déclaré le président américain à un journaliste en Floride qui l'interrogeait sur ce qu'il prévoyait de dire aux Européens qui s'opposent à ses projets. Les tensions entre Européens et Américains ont fait chuter les principales Bourses européennes lundi.
"Le Groenland est impératif pour la sécurité nationale et mondiale. Il ne peut y avoir de retour en arrière", a-t-il ensuite déclaré sur son réseau Truth Social.
"J’ai accepté une réunion des différentes parties à Davos, en Suisse" où s'ouvre le Forum économique mondial, dit-il, en précisant avoir eu un "très bon entretien téléphonique sur le Groenland avec Mark Rutte", le secrétaire général de l'Otan.
M. Trump avait exprimé auparavant sa déception de ne pas avoir obtenu le prix Nobel de la paix. "(...) je ne me sens plus obligé de penser uniquement à la paix", a-t-il écrit dans un message au Premier ministre norvégien Jonas Gahr Store, divulgué lundi et authentifié par le cabinet de M. Store.
Face à l'opposition des Européens, Donald Trump a menacé d'imposer à huit pays - dont la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne - de nouvelles surtaxes douanières.
L'Union européenne a promis une riposte.
"Je pense que cela serait très mal avisé", a averti le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent, avant l'ouverture du Forum économique mondial.
"Le président (Trump) voit le Groenland comme un actif stratégique pour les Etats-Unis. Nous n'allons pas sous-traiter à quelqu'un d'autre la sécurité dans notre hémisphère", a-t-il ajouté devant des journalistes.
- "Intérêts communs" -
L'UE a continué lundi de prôner le "dialogue" plutôt que "l'escalade", tout en se disant "prête à réagir" et disposer d'"outils" si le président américain venait à mettre à exécution ses menaces commerciales.
Des soldats danois débarquent au port de Nuuk, au Groenland, le 18 janvier 2026 ( Ritzau Scanpix / Mads Claus Rasmussen )
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a précisé avoir insisté sur "la nécessité de respecter sans équivoque" la souveraineté du Groenland et du Danemark lors d'une rencontre lundi avec une délégation bipartite du Congrès américain au Forum de Davos.
"Dans le même temps, l'Union européenne reste prête à continuer de travailler étroitement avec les Etats-Unis, l'Otan et d'autres alliés, en étroite coopération avec le Danemark, afin d'avancer sur nos intérêts communs en matière de sécurité", a-t-elle ajouté.
Les pressions américaines ne modifient pas la position du Groenland, soucieux de son droit à l'autodétermination et sa souveraineté, a réaffirmé son Premier ministre Jens-Frederik Nielsen.
Le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen, le 17 janvier 2026 à Nuuk ( AFP / Alessandro Rampazzo )
Il est en cela appuyé par nombre de ses concitoyens, tels Hans Zeeb, qui, interrogé par l'AFP à un arrêt de bus à Nuuk, la capitale groenlandaise, déclare que "le Groenland n'est pas à vendre".
Le président américain "devrait rester loin de nous car nous vivons ici en paix, sans soucis", renchérit Nina Carlsen, une employée de bureau de 52 ans.
Les dirigeants européens ont prévu de se réunir jeudi soir en sommet extraordinaire à Bruxelles pour évoquer les récents propos de Donald Trump sur le Groenland et la question des droits de douane.
Le chef de l'Etat français Emmanuel Macron compte demander l'activation de l'instrument anticoercition de l'UE, qui permet de limiter les importations provenant d'un pays ou son accès à certains marchés publics et de bloquer des investissements.
Le chancelier allemand Friedrich Merz avait quant à lui fait savoir qu'il allait "essayer de rencontrer le président Trump mercredi". Ce même jour, la question du Groenland sera abordée par les ministres des Finances du G7, dont font partie les Etats-Unis.
Face aux menaces, le Danemark et Groenland ont proposé la création d'une mission de surveillance de l'Otan de cette immense île, a déclaré lundi le ministre danois de la Défense Troels Lund Poulsen.
Des avions d'un commandement militaire américano-canadien doivent "bientôt arriver" au Groenland pour participer à des "activités prévues de longue date" sur ce territoire autonome danois, a annoncé lundi cette force binationale. Celle-ci précise que cette activité a été coordonnée avec le Danemark et que les autorités du Groenland ont également été informées.

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