(Ajoute commentaires de Merz sur l'Ukraine)
par Andrea Shalal, Andreas Rinke et Nandita Bose
Le président américain Donald Trump a reçu mardi à la Maison blanche le chancelier allemand Friedrich Merz, qu'il a remercié pour l'aide apportée par l'Allemagne à la campagne militaire des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, une question au coeur d'une rencontre qui devait initialement porter principalement sur le commerce.
S'exprimant dans le Bureau ovale devant les journalistes au côté du dirigeant allemand, Donald Trump a déclaré que Berlin apportait une aide à Washington en autorisant l'armée américaine à accéder à certaines bases.
Le président américain a mis en exergue un net contraste avec deux autres pays européens, la Grande-Bretagne et l'Espagne, leur reprochant leur attitude et exprimant sa volonté de rompre tous les échanges commerciaux avec l'Espagne en raison de son absence d'aide dans la guerre contre l'Iran.
Friedrich Merz a déclaré qu'Allemagne et Etats-Unis partageaient le désir commun de voir disparaître le régime actuel à Téhéran, ajoutant vouloir discuter avec Donald Trump de l'après-guerre en Iran.
"Nous sommes sur la même longueur d'onde s'agissant de repousser ce régime épouvantable en Iran", a déclaré le chancelier allemand. "Nous allons parler du jour d'après", a-t-il ajouté à propos de sa réunion avec le président américain, disant également vouloir discuter de l'Ukraine et des relations commerciales entre l'Union européenne et les Etats-Unis.
S'exprimant par la suite devant les journalistes à l'issue de ses discussions avec Donald Trump, il a dit avoir exhorté ce dernier à accentuer la pression sur le président russe Vladimir Poutine. "Nous ne sommes pas prêts à accepter un accord qui serait négocié au-dessus de nos têtes", a-t-il ajouté.
Si Friedrich Merz entend préserver la relation positive qu'il a bâtie avec Donald Trump au fil de l'année écoulée, la mission est délicate, alors que la guerre en Iran est une question sensible sur le plan politique pour le dirigeant allemand, susceptible de subir des reproches dans son pays pour l'aide apportée à l'offensive israélo-américaine.
Il est le premier dirigeant européen à se rendre à Washington depuis le début de la campagne militaire israélo-américaine en Iran et depuis la décision de la Cour suprême américaine d'invalider le 20 février les vastes droits de douane dits "réciproques" de Donald Trump.
PAS DE CONTRIBUTION MILITAIRE DIRECTE DEMANDÉE À L'ALLEMAGNE
Au lendemain des premiers bombardements israélo-américains, Friedrich Merz n'avait effectué dimanche aucune critique dans ses commentaires devant les journalistes, tout en s'abstenant d'approuver une opération militaire que certains jugent injustifiée et contraire au droit international.
Donald Trump a dit mardi dans le Bureau ovale que l'Allemagne laissait les troupes américaines atterrir "dans certaines zones". Washington ne demande pas à Berlin de fournir des soldats, a-t-il ajouté.
Le président américain a également mis en avant sa bonne relation avec Friedrich Merz, le décrivant comme un "excellent dirigeant", au contraire, selon lui, de l'ancienne chancelière Angela Merkel.
Cette visite de Friedrich Merz intervient alors que Berlin et Paris ont annoncé lundi leur souhait de "renforcer leur coopération en matière de dissuasion en réponse à l'évolution des menaces", le président français Emmanuel Macron ayant dit accroître l'arsenal nucléaire français.
La démarche illustre la volonté des deux payseuropéens de s'adapter aux remous des relations transatlantiques dans un contexte de menace continue représentée par la Russie, quatre ans après le lancement de l'invasion de l'Ukraine, et de crainte d'instabilité accrue avec le conflit en Iran.
Initialement prévue pour discuter du commerce, la réunion entre Donald Trump et Friedrich Merz devrait être en grande partie consacrée aux attaques contre Téhéran dans lesquelles le guide suprême de la Révolution iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei, a été tué, ainsi que d'autres hauts responsables.
Donald Trump est vraisemblablement désireux de discuter avec Friedrich Merz de la visite que celui-ci a effectuée en Chine la semaine passée, avec le désir d'obtenir des informations en amont de son propre déplacement prévu à Pékin dans moins d'un mois, a commenté Charles Lichfield, directeur de l'analyse économique au Atlantic Council's GeoEconomics Center.
Le chancelier allemand pourrait rapporter au président américain "ce qu'il a entendu et vu en Chine", a-t-il dit, ajoutant que Donald Trump soulignerait probablement auprès de Friedrich Merz que Washington et Berlin sont "plus forts ensemble" face à Pékin.
(Nandita Bose, Andrea Shalal et Andreas Rinke à Washington, James Mackenzie à Berlin; version française Jean Terzian)

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