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Trump fait face à un calendrier serré pour marquer le système judiciaire de son empreinte
information fournie par Reuters 16/09/2026 à 13:35
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par Nate Raymond

Alors que les républicains risquent de perdre la majorité au Sénat américain lors des élections de mi-mandat, Donald Trump fait pression pour que la chambre haute du Congrès confirme une vague de nominations de juges fédéraux avant la fin de l'année et tente ainsi de marquer le système judiciaire de son empreinte malgré un possible revers électoral.

Le président a annoncé la nomination de 13 nouveaux juges en neuf jours au mois d'août, alors que le Sénat était en vacances parlementaires. Six de ces candidats devaient se présenter mercredi devant la commission judiciaire de la chambre haute du Congrès américain, rejoignant ainsi cinq autres déjà en attente d'un vote en séance plénière, où les juges sont confirmés à la majorité simple.

Mais si les démocrates parviennent lors des élections du 3 novembre à ravir le Sénat aux républicains, qui y détiennent actuellement une majorité de 53 sièges contre 47, la capacité de Donald Trump à faire confirmer d'autres candidats pourrait disparaître dès l'entrée en fonction des nouveaux législateurs, début janvier 2027.

"On aborde toujours cette situation avec la crainte de perdre le Sénat", a déclaré Robert Luther, professeur de droit à l'université George Mason, qui a travaillé sur les nominations judiciaires au sein du bureau du conseiller juridique de la Maison blanche pendant le premier mandat de Donald Trump.

Que les républicains conservent ou non le contrôle du Sénat, Robert Luther et d'autres experts estiment que la vague de nominations judiciaires à venir pourrait être l'une des dernières grandes occasions pour Donald Trump de laisser son empreinte sur la justice américaine, car le nombre de postes vacants et de juges susceptibles de prendre leur retraite ne cesse de diminuer.

"Mis à part le poste vacant à la Cour suprême, je m'attends à ce que ces deux années soient les plus calmes en matière de nominations judiciaires sous Trump", a-t-il déclaré.

COURSE EFFRÉNÉE

Cette course effrénée pour confirmer des juges avant un éventuel changement de majorité au Sénat n'est pas propre au locataire actuel de la Maison blanche. Le président démocrate Joe Biden et les élus de son parti à la chambre haute ont été confrontés à une pression similaire à l'approche des élections de mi-mandat de 2022.

Les républicains n'ont cependant pas réussi à reprendre le Sénat cette année-là, ce qui a permis à Joe Biden de terminer son mandat avec 235 juges confirmés, soit un de plus que Donald Trump au cours de son premier mandat.

Le retour de Donald Trump à la Maison blanche en 2025 lui a permis de poursuivre la refonte du système judiciaire fédéral en obtenant la confirmation de 54 juges supplémentaires. Le nombre total de ses nominations, sur l'ensemble de ses deux mandats, représente près d'un tiers des magistrats fédéraux.

Ces juges ont contribué à faire pencher le système judiciaire à droite, en particulier ceux que Donald Trump a nommés au sein de la majorité conservatrice (6 contre 3) de la Cour suprême.

Depuis 2021, celle-ci a restreint l'accès à l'avortement et la discrimination positive, élargi les droits en matière d'armes à feu et soutenu les efforts de redécoupages électoraux menés par les républicains au Congrès.

Les juges nommés par Donald Trump ne se sont toutefois pas toujours prononcés en sa faveur, comme l'illustre la récente décision de la Cour suprême de bloquer sa tentative de restreindre le vote par correspondance.

OBJECTIF CENTRAL

Parmi les candidats qui seront auditionnés mercredi par la commission judiciaire figure Zach West, salué par les conservateurs pour son travail au sein du bureau du procureur général de l'Oklahoma, où il a défendu les restrictions en matière d'avortement et fait valoir que cet Etat ne pouvait exclure les établissements religieux de son programme d'écoles à charte.

Autre nomination examinée ce mois-ci : celle du juge fédéral Lee Rudofsky, basé dans l'Arkansas, que la Maison blanche souhaite promouvoir à la huitième cour d'appel fédérale, basée à Saint-Louis, après qu'il a rendu il y a quatre ans une décision ayant réduit la portée d'une importante loi sur les droits électoraux.

Sa confirmation donnerait aux candidats nommés par Donald Trump la majorité au sein de cette instance, qui deviendrait la première des 13 cours d'appel fédérales du pays à être dominée par des juges choisis par le président.

Zach West, Lee Rudofsky et les autres candidats n'ont pas répondu à des demandes de commentaires.

Depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, Donald Trump et ses alliés critiquent fréquemment les juges, qui ont bloqué les décisions de son administration dans le cadre de centaines de procédures.

La Maison blanche a dans le même temps relancé un objectif central du premier mandat de Donald Trump : nommer des juristes conservateurs et des alliés du président au sein des tribunaux fédéraux de première instance et des cours d'appel à travers tout le pays.

"PARTOUT OÙ IL Y A DES POSTES VACANTS..."

Bon nombre de ses candidats sont proches de la quarantaine et pourraient rester en fonction pendant des dizaines d'années, pesant ainsi sur les litiges bien après la fin de sa présidence.

Les juges nommés par Donald Trump au cours de son premier mandat, notamment au Texas et dans le Dakota du Nord, ont bloqué à plusieurs reprises les initiatives de Joe Biden visant à réformer la politique d'immigration, à effacer la dette étudiante et à étendre la protection des droits des personnes LGBTQ+.

Les sénateurs démocrates avancent que les candidats proposés pour son second mandat bénéficient d'une prime à la loyauté et soulignent leurs réponses lors des auditions de la commission judiciaire du Sénat, au cours desquelles ils ont systématiquement évité de déclarer directement que Donald Trump avait perdu l'élection présidentielle de 2020 et généralement dit à la place que Joe Biden avait été "certifié" vainqueur.

La Maison blanche assure cependant que ses candidats ont été choisis sur la base de leurs qualifications.

"Le président Trump sélectionne des candidats à des fonctions judiciaires hautement qualifiés et possédant des références solides, qui ont passé avec succès le processus de vérification rigoureux de la Maison blanche", a déclaré Lauren Bis, porte-parole de la présidence, dans un communiqué.

"Partout où il y a des postes vacants dans le système judiciaire, le président Trump choisira des candidats hautement qualifiés, animés d'un grand respect pour notre Constitution et l'État de droit, afin qu'ils soient confirmés dans les meilleurs délais."

Trois des 13 candidats à des cours d'appel nommés par Donald Trump lors de son mandat actuel avaient été ses avocats personnels, notamment Emil Bove, aujourd'hui juge à la Cour d'appel du troisième circuit, basée à Philadelphie. Les deux autres ont également été confirmés.

(Reportage de Nate Raymond à Boston, version française Benjamin Mallet, édité par Sophie Louet)

1 commentaire

  • 16 septembre 14:18

    Il faut arrêter d’être « méchant » avec TACO en lui infligeant des camouflets « horribles ».


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