par Bo Erickson et Susan Heavey
Donald Trump a semblé mercredi se réjouir de données montrant que l'inflation aux Etats-Unis avait augmenté en mai à un rythme sans précédent en trois ans, déclarant aux journalistes qu'il "adorait" l'inflation tout en se disant convaincu que les prix baisseraient dès la fin de la guerre avec l'Iran.
Un rapport du département américain du Travail publié plus tôt dans la journée montre que les prix à la consommation ont augmenté en mai de 4,2%, soit un troisième mois consécutif de hausse et un pic inédit depuis avril 2023.
Interrogé sur ces données et sur l'hypothèse que l'inflation nuise à son Parti républicain alors que se profilent en novembre prochain les élections de mi-mandat au Congrès ("midterms"), Donald Trump a répondu: "J'adore l'inflation".
"Quand ce sera fini", a-t-il dit devant les journalistes à la Maison blanche à propos de la guerre avec l'Iran, "vous verrez le pétrole revenir aux prix d'avant". "Ça diminue", a poursuivi le président américain, "ça va chuter d'un coup".
Donald Trump a indiqué avoir donné le mois dernier son aval à une "mission secrète" de l'armée américaine destinée à permettre à des pétroliers et d'autres navires commerciaux de franchir le détroit d'Ormuz.
La fermeture de facto par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie cruciale pour les livraisons énergétiques mondiales, en réponse à la campagne de bombardements lancée par les Etats-Unis et Israël en Iran le 28 février dernier, a fait grimper les prix du carburant, de l'engrais et d'autres produits, alimentant plus largement l'inflation.
Cette hausse des prix a jeté une ombre sur un potentiel assouplissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), régulièrement critiquée par Donald Trump pour n'avoir pas réduit les taux d'intérêt.
Les pairs républicains du président américain, qui espèrent conserver lors des "midterms" la majorité dont ils disposent dans les deux chambres du Congrès, craignent que l'inflation profite lors du scrutin aux démocrates, alors que le coût de la vie demeure la préoccupation principale des électeurs.
Donald Trump a remporté l'élection présidentielle de novembre 2024 en profitant notamment du mécontentement des Américains à l'égard de l'inflation, que le républicain a imputée à la mauvaise gestion de l'économie par l'administration démocrate de Joe Biden.
Mais la hausse du coût de la vie pèse désormais sur la popularité du locataire républicain de la Maison blanche, que les sondages situent à un creux inédit depuis le début de sa carrière politique.
Selon des experts, même en cas d'accord imminent entre les Etats-Unis et l'Iran, plusieurs mois seront nécessaires pour rétablir les flux autour d'Ormuz.
Des dirigeants du secteur et des analystes ont également prévenu qu'un nouveau choc pétrolier pourrait intervenir dans les prochaines semaines, avec cette fois de possibles répercussions majeures sur les marchés financiers.
Donald Trump avait déclaré il y a un mois que les difficultés financières des Américains n'étaient pas un facteur qu'il prenait en compte dans le cadre des négociations avec Téhéran, disant ne penser qu'à une seule chose - ne pas laisser l'Iran avoir l'arme nucléaire.
(Bo Erickson et Susan Heavey; version française Jean Terzian)

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