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Trump annonce un blocus du détroit d'Ormuz après l'échec des négociations avec l'Iran
information fournie par AFP 12/04/2026 à 21:10

Un passante devant une fresque anti-américaine sur le mur de l'ancienne ambassade américaine à Téhéran, le 11 avril 2026 ( AFP / ATTA KENARE )

Un passante devant une fresque anti-américaine sur le mur de l'ancienne ambassade américaine à Téhéran, le 11 avril 2026 ( AFP / ATTA KENARE )

Donald Trump a annoncé dimanche un blocus américain du détroit d'Ormuz, accusant l'Iran de refuser de renoncer à ses ambitions nucléaires après l'échec de pourparlers directs qui visaient à mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient.

S'il a assuré que les discussions à Islamabad, de plus de 20 heures, s'étaient "bien" déroulées et que "la plupart des points avaient fait l'objet d'un accord", le président des Etats-Unis a réaffirmé être prêt à frapper les infrastructures énergétiques iraniennes, indiquant que Téhéran avait refusé de céder sur la question nucléaire.

"Nous sommes envahis par le désespoir et le sentiment d'impuissance. Nous en avons assez de cette incertitude", réagit, depuis Téhéran, Nahid, une femme au foyer de 60 ans, éreintée par six semaines de bombardements israélo-américains.

"Il ne semblait y avoir personne réellement disposé à négocier", commente à Tel-Aviv Laura Kaufman, une enseignante de 38 ans.

C'est notamment en accusant l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique - ce que dément Téhéran - que les Etats-Unis ont justifié l'offensive lancée avec Israël le 28 février, qui a déclenché une guerre ayant fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et qui perturbe l'économie mondiale.

- "Acte de guerre" -

Les Etats-Unis vont entamer un "processus de BLOCUS de tous les navires tentant d'entrer ou de sortir du détroit d'Ormuz", stratégique pour le commerce mondial et l'approvisionnement en pétrole, a écrit le président américain dans sa première réaction à l'annonce, dans la nuit, de l'échec des négociations.

Une famille iranienne dans le centre de Téhéran, le 10 avril 2026 ( AFP / - )

Une famille iranienne dans le centre de Téhéran, le 10 avril 2026 ( AFP / - )

Sans détailler les modalités d'une telle opération, alors que le passage est verrouillé par l'Iran depuis le début de la guerre, il a affirmé sur Fox News que le Royaume-Uni "et quelques autres pays" enverraient des dragueurs de mines.

L'Iran "ne cèdera à aucune menace", a répondu le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui était le chef de la délégation iranienne à Islamabad.

Les Gardiens de la Révolution ont eux menacé de piéger leurs ennemis dans un "tourbillon mortel", affirmant avoir "entièrement sous contrôle" le trafic du détroit, où Téhéran a instauré des droits de passage.

Selon l'agence de presse iranienne Fars, deux pétroliers battant pavillon pakistanais s'y dirigeant ont fait demi-tour dimanche, tandis que des centaines de navires de commerce restent bloqués.

De la fumée s'élève après une frappe israélienne sur Nabatiyé, dans le sud du Liban, le 12 avril 2026 ( AFP / Abbas Fakih )

De la fumée s'élève après une frappe israélienne sur Nabatiyé, dans le sud du Liban, le 12 avril 2026 ( AFP / Abbas Fakih )

Un blocus américain "est un acte de guerre, et cela suggère que Washington est de plus en plus désillusionné par la diplomatie", décrypte Nicole Grajewski, professeure au Centre de recherches internationales à Paris.

- "Méfiance" -

Dès l'annonce de l'impasse des pourparlers, le Pakistan a appelé au respect de la trêve convenue entre Téhéran et Washington mercredi.

Aucune des deux parties ne s'est exprimée sur le devenir du cessez-le-feu devant expirer le 22 avril.

Oman, médiateur entre les deux pays avant la guerre, les a appelés à faire des "concessions douloureuses" pour un règlement négocié.

Alors que les délégations ont quitté le Pakistan, elles n'ont pas fermé la porte à une poursuite des tractations.

"Nous repartons d'ici avec une proposition très simple, une approche qui constitue notre offre finale et la meilleure que nous puissions faire", a lancé le vice-président américain JD Vance avant de quitter Islamabad. "Nous verrons si les Iraniens l'acceptent".

Téhéran a de son côté imputé l'échec des négociations aux tentatives américaines de "dicter leurs conditions", le porte-parole de la diplomatie, Esmaeil Baqaei, évoquant "une atmosphère de suspicion et de méfiance".

Pour lui, "il était évident" qu'un accord ne pouvait être obtenu "en une seule session".

- Front libanais -

Sur le deuxième front principal de la guerre, le Liban, des pourparlers sont prévus mardi entre des représentants libanais et américains à Washington, après le feu vert donné par Israël sous pression américaine.

Des roquettes tirées vers Israël depuis le sud du Liban, le 11 avril 2026 ( AFP / Jalaa MAREY )

Des roquettes tirées vers Israël depuis le sud du Liban, le 11 avril 2026 ( AFP / Jalaa MAREY )

Les autorités libanaises ont recensé plus de 2.000 morts depuis que le pays a été entraîné dans la guerre le 2 mars par le Hezbollah pro-iranien, qui a rejeté toute négociation directe.

Après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, Israël a soutenu que le Liban, où il combat le mouvement chiite, n'était pas inclus dans l'accord.

Au cours de sa première visite dans le sud du Liban depuis le début des hostilités, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré que l'armée, après avoir avancé en territoire libanais pour instaurer une zone dite de "sécurité", avait "contrecarré la menace d'une invasion".

Son homologue libanais Nawaf Salam a assuré que Beyrouth oeuvrait à obtenir un retrait total d'Israël.

19 commentaires

  • 20:00

    Un blocus, ça va. Deux blocus, bonjour les dégâts. Le prix du plein n'est pas prêt de baisser.... Quant à savoir qui a raison et qui a tort...Même pas en rêve...


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